KPMG Pulse Fintech H1 2026 : 103 Mds$ investis, marché en reprise concentrée

103,1 milliards de dollars investis dans la fintech mondiale au premier semestre 2026 — contre 72,2 milliards au S2 2025. C’est le plus fort rythme semestriel depuis quatre ans. Mais derrière ce chiffre encourageant se cache une réalité que le rapport KPMG Pulse of Fintech H1 2026 documente avec précision : les dix plus grands deals ont capté 62% du total. L’investissement fintech est en reprise — mais c’est une reprise oligopolistique, pas de large base.

 

Le chiffre de couverture et ce qu’il cache

103,1 milliards de dollars. C’est le montant total des investissements en fintech (VC, PE et M&A confondus) enregistrés au cours du premier semestre 2026, selon les données PitchBook compilées par KPMG dans l’édition H1 2026 du Pulse of Fintech, publiée ce 25 août. Par rapport au S2 2025 (72,2 milliards), c’est une progression de 43%. Si ce rythme se maintient, l’année 2026 dépasserait les niveaux de 2023 (140,6 milliards), 2024 (110,6 milliards) et 2025 (122,8 milliards) — ce qui en ferait le meilleur exercice depuis le pic de 2021-2022. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026, données PitchBook.)

Mais le volume de deals, lui, raconte une histoire différente. Seulement 2 100 transactions ont été enregistrées au S1 2026, contre 2 500 au S2 2025 et une moyenne annuelle supérieure à 5 000 entre 2023 et 2025. C’est le niveau le plus bas depuis plusieurs années. La combinaison — montants en hausse, nombre de deals en baisse — est la signature d’un marché qui concentre ses capitaux sur un nombre restreint de cibles de grande taille. Les dix plus grands deals du S1 ont totalisé 64 milliards de dollars, soit 62% du total. En tête : l’acquisition de Worldpay par Global Payments pour 24,3 milliards, suivie de la cession de Total System Services (connu sous le nom TSYS) par Global Payments à FIS pour 13,5 milliards. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

«Bien que la majeure partie des investissements actuels soit concentrée sur les deals les plus importants et de la plus haute qualité, le marché fintech dans son ensemble gagne en dynamisme. L’IA crée de nouvelles opportunités, les corporates deviennent plus actifs et le private equity regarde des opportunités de consolidation. Même les petites startups attirent l’attention quand elles apportent quelque chose de vraiment différencié.» — Karim Haji, Global Head of Financial Services, KPMG International. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

La géographie : les États-Unis dominent, l’EMEA recule

La géographie de l’investissement fintech au S1 2026 est frappante dans sa concentration. Les Amériques ont attiré 86,9 milliards de dollars — soit 84% du total mondial — dont 80,8 milliards pour les seuls États-Unis. L’EMEA, en revanche, a vu ses investissements chuter de 18,0 milliards au S2 2025 à 11,3 milliards au S1 2026 — une baisse de 37% que KPMG attribue à la combinaison des tensions géopolitiques, des incertitudes macroéconomiques liées à l’escalade au Moyen-Orient, et aux incertitudes politiques et fiscales au Royaume-Uni. La région ASPAC a également reculé, de 7,1 à 4,6 milliards. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

Le découpage sectoriel est tout aussi révélateur. Les paiements ont dominé avec 44,2 milliards — soit 43% du total, largement gonflés par l’acquisition Worldpay. Les actifs numériques arrivent en deuxième position avec 11,1 milliards. L’insurtech (3,7 milliards), la regtech (2,9 milliards) et la wealthtech (220 millions seulement) complètent le tableau. L’intelligence artificielle, elle, traverse tous les segments : 21,4 milliards investis en deals liés à l’IA au S1 2026, soit presque autant que sur l’ensemble de l’année 2025 (23,6 milliards). (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

M&A, VC, PE : ce que les structures de financement disent du marché

Le M&A a représenté la plus grande part des investissements du S1 2026, avec 67,9 milliards répartis sur 394 deals — en hausse par rapport au S2 2025. Les opérations transfrontalières ont été particulièrement actives, représentant 20,2 milliards, à mesure que les corporates et les fintechs cherchent à étendre leur scale et leurs capacités au-delà des frontières. Le VC arrive en deuxième position avec 31,5 milliards investis sur 1 641 deals — légèrement en baisse par rapport au S2 2025, mais sur une trajectoire qui pourrait atteindre un plus haut sur quatre ans d’ici fin 2026. Le PE, après une longue période de silence, a connu un vrai réveil : 3,6 milliards investis (contre 2,7 milliards au S2 2025), avec un record sur onze trimestres à 2,6 milliards en Q2 2026 seul. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

La valorisation des deals dit quelque chose d’important sur l’appétit du marché. La taille médiane des opérations M&A en fintech a atteint 80,9 millions de dollars au S1 2026 — contre 44 millions en 2025 et 24 millions en 2023. C’est une explosion des tailles médianes qui reflète à la fois la concentration des deals sur des cibles de grande taille et la compétition entre acheteurs sur les actifs les plus attractifs. L’environnement de sorties, en revanche, reste difficile : après 64,9 milliards d’exits VC via des IPO en 2025, ce chiffre tombe à 5,3 milliards au S1 2026. Plusieurs fintechs crypto qui avaient déposé auprès de la SEC fin 2025 ont reporté leurs projets d’introduction en bourse face à des conditions de marché moins favorables. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

Les 5 tendances clés à surveiller pour le S2 2026

KPMG identifie cinq axes de surveillance pour le second semestre. Le commerce agentique — l’utilisation d’agents IA pour faire des achats et des transactions au nom d’individus ou d’entreprises — va stimuler l’investissement dans des domaines connexes comme la cybersécurité et la gestion des identités numériques. L’infrastructure va devenir une priorité d’investissement majeure, notamment autour des stablecoins et des actifs numériques. L’IA va continuer d’attirer d’importants capitaux, mais avec une exigence croissante de création de valeur mesurable plutôt que de projets pilotes. La consolidation va s’intensifier, en particulier dans les paiements. Enfin, les capacités souveraines — identité numérique, cybersécurité, infrastructure financière régionale — vont devenir un axe d’investissement stratégique pour les gouvernements. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)

Lien vers l’étude : https://kpmg.com/content/dam/kpmgsites/xx/pdf/2026/08/pulse-of-fintech-h1-2026.pdf

 

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