Institut Choiseul et BDO France : la durabilité ne peut devenir un levier de performance qu’intégrée au pilotage économique

L’Institut Choiseul et BDO France, cabinet d’audit et de conseil, société à mission, publient l’étude « De la stratégie à l’exécution : intégrer la durabilité au cœur des modèles économiques », réalisée fin 2025 à partir d’une vingtaine d’entretiens semi-directifs avec des dirigeants et responsables de la transformation durable, complétés par un questionnaire adressé à une quarantaine de cadres dirigeants.

 

 

Le diagnostic central : un décalage persistant entre intention et exécution

78 % des entreprises interrogées déclarent disposer d’une équipe dédiée à la RSE, 86 % ont renforcé leur gouvernance via la création d’un comité RSE, et 78 % proposent des formations à la durabilité à l’ensemble de leurs collaborateurs. Ces chiffres témoignent d’une dynamique d’engagement réelle, mais l’étude souligne un point de fragilité persistant : l’appropriation interne et la capacité à traduire ces engagements en décisions concrètes demeurent insuffisantes.

67 % des répondants déclarent avoir modifié leur modèle économique au cours des trois dernières années, signe que la transformation dépasse désormais les seules déclarations d’intention. Mais l’étude identifie un écueil récurrent : sans intégration dans les mécanismes de pilotage, la durabilité se fragilise au premier choc conjoncturel ou changement de priorités.

Trois conditions à réunir pour que la transition devienne transformation

L’étude structure son analyse autour de trois niveaux. La gouvernance et le leadership d’abord : la RSE change de statut lorsqu’elle quitte le registre de l’adhésion pour entrer dans celui de l’arbitrage, au niveau du conseil d’administration, du Comex, et des processus décisionnels quotidiens. Kering illustre cette logique avec un comité développement durable au niveau du Board depuis 2013 et un prix interne du carbone intégré aux décisions d’investissement depuis 2024.

Les leviers opérationnels ensuite : la transformation devient tangible quand elle modifie les procédés, les modes d’approvisionnement et l’organisation du travail — et non quand elle reste portée par une minorité de spécialistes. 94 % des répondants déclarent avoir initié des démarches d’innovation pour transformer leur modèle d’affaires, mais la généralisation des standards reste le principal défi.

Le pilotage, la mesure et le financement enfin : la durabilité ne se défend pas sans indicateurs robustes ni sans logique de partage de l’effort dans la chaîne de valeur. L’étude souligne que la complexité et la multiplicité des dispositifs de financement publics existants découragent les entreprises qui n’ont pas les ressources pour instruire plusieurs dossiers simultanément. Elle pointe également une limite structurelle : aucune entreprise ne supporte réellement le coût de ses émissions de carbone ni de ses externalités négatives sur la biodiversité, créant un décalage durable entre création de valeur économique et impact réel.

Le contexte macro-financier qui rend l’enjeu urgent

L’étude rappelle quelques données de cadrage : les pertes économiques liées aux catastrophes naturelles ont atteint 310 milliards de dollars en 2024 (+6 % par rapport à 2023). Plus de 44 000 milliards de dollars de PIB mondial dépendent directement du bon fonctionnement des écosystèmes selon le Forum économique mondial. En France, plus de 5 millions de TPE et PME seront exposées à plus de 50 jours anormalement chauds par an d’ici 2050. Ces chiffres traduisent une réalité opérationnelle concrète : les risques climatiques ne pèsent plus seulement sur la réputation, mais sur la continuité d’exploitation et l’accès au financement.

C’est dans ce contexte que l’étude présente le modèle C.A.R.E. (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology), développé dans des travaux académiques menés à AgroParisTech, au CIRED et à l’Université Paris-Dauphine, et dont le déploiement par BDO France a fait l’objet d’un communiqué séparé. Ce modèle vise à intégrer les coûts de préservation des capitaux naturels et humains directement dans la comptabilité et les décisions d’investissement des entreprises.

L’étude se conclut sur la question ouverte posée par le paquet Omnibus européen : la simplification réglementaire allègera-t-elle la contrainte de reporting, ou fragilisera-t-elle les mécanismes de comparabilité qui rendent la durabilité gouvernable ? Les organisations les plus avancées, relève l’étude, ont déjà leur réponse : elles ont intégré ces mécanismes non parce qu’ils leur étaient imposés, mais parce qu’ils servaient leurs décisions.

 

Méthodologie
Étude réalisée fin 2025 combinant une vingtaine d’entretiens semi-directifs avec des dirigeants (directeurs généraux, directeurs RSE, directeurs financiers, DRH) issus de grands groupes et ETI dans quatre secteurs principaux (industrie et BTP, luxe et biens de consommation, santé et pharmacie, finance et investissement), et un questionnaire quantitatif adressé à une quarantaine de cadres dirigeants aux profils similaires. L’échantillon a été constitué à partir du réseau BDO France et de partenaires associés, ce qui introduit un biais de sélection vers des organisations déjà engagées dans une démarche de transformation.

 

À propos de l’Institut Choiseul

Indépendant et non partisan, l’Institut Choiseul allie la force d’un think tank à l’impact d’une communauté de décideurs pour décrypter les grandes tendances de l’économie et mobiliser les parties prenantes autour d’enjeux stratégiques ou émergents.

 

À propos de BDO France

Présent en France depuis 2007, BDO France est un cabinet d’audit et de conseil au service de la transformation durable des entreprises, de la PME aux grands groupes. Membre du 5e réseau mondial d’audit et de conseil, BDO France s’appuie sur une organisation internationale présente dans 169 pays et réunissant plus de 94 900 collaborateurs. Entreprise à mission depuis 2021.

 

 

 

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