Fintech EMEA H1 2026 : 11,3 Mds$ en recul, Alan et Pennylane en tête pour la France
26/08/2026
L’EMEA a vu ses investissements fintech chuter de 37% entre le S2 2025 et le S1 2026. Tensions géopolitiques, guerre au Moyen-Orient, incertitudes politiques et fiscales au Royaume-Uni. Dans ce contexte morose, la France s’illustre avec deux des dix plus grands deals de la région : Alan à 554,5 millions (Series G) et Pennylane à 204,7 millions (Series E). Le rapport KPMG dissèque une région en transition, où MiCA et l’investissement souverain européen pourraient changer la donne au second semestre.
11,3 milliards de dollars d’investissements fintech au S1 2026, répartis sur 626 deals — en recul significatif par rapport aux 18,0 milliards du S2 2025. Ce repli reflète une combinaison de facteurs que KPMG détaille : tensions géopolitiques persistantes, guerre au Moyen-Orient et son impact sur les anticipations d’inflation et de taux, et incertitudes politiques et fiscales au Royaume-Uni — qui reste pourtant le marché le plus actif de la région avec 2,5 milliards investis sur 205 deals. L’Allemagne arrive en deuxième position (1,6 milliard, 36 deals), suivie par le Moyen-Orient (1,4 milliard, 50 deals) et l’Afrique (403 millions, 44 deals). (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
Les trois plus grandes transactions de la région ont été des opérations PE : le rachat de Saxo Bank pour 1,2 milliard par J. Safra Sarasin Group (Danemark, marchés de capitaux), la prise de participation minoritaire dans Kpler Holding pour 1 milliard par Sixth Street (Belgique, intelligence de marché en temps réel), et le tour de croissance PE de 738,7 millions dans Ebury (Royaume-Uni, paiements cross-border) mené par Centerbridge Partners. Au Moyen-Orient : 250 millions de Blackstone dans Advanced Digital Gaming Technology (Abu Dhabi, paiements et data) et 230 millions en seed pour Mal (Abu Dhabi, banque islamique native IA). (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
La France dans le top 10 EMEA avec Alan et Pennylane
La France se distingue dans ce tableau régional difficile avec deux deals dans le top 10 de l’EMEA. Alan, la néo-assureur santé française, a levé 554,5 millions de dollars en Series G — le quatrième plus grand deal de la région au semestre. Pennylane, l’éditeur de logiciel comptable et de facturation électronique, a levé 204,7 millions en Series E — le septième plus grand deal régional. Ces deux levées illustrent deux thèses d’investissement distinctes : Alan sur la santé numérique dans un marché européen fragmenté où les assureurs traditionnels peinent à digitaliser leur offre, Pennylane sur l’obligation de facturation électronique qui crée un marché de mise à niveau forcée pour des centaines de milliers de PME françaises. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
«Il y a beaucoup d’incertitude au Royaume-Uni en ce moment, liée aux changements politiques, aux préoccupations sur les politiques fiscales, et aux pressions économiques plus larges. En conséquence, les investisseurs adoptent une approche plus prudente.» — Hannah Dobson, Head of Fintech, KPMG UK. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
«Il y a un nombre important de fintechs opérant dans des domaines comme les paiements, le banking et les services financiers, beaucoup proposant des solutions similaires. Tous ne réussiront pas, et à mesure que les leaders de marché émergent, nous verrons probablement une consolidation accrue. Nous en voyons déjà les signes à travers l’Europe, avec des corporates acquérant des fintechs en difficulté qu’ils considèrent comme des opportunités stratégiques.» — François Assada, Head of Fintech, KPMG France. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
MiCA et le Scaleup Europe Fund comme catalyseurs potentiels pour le S2
Deux facteurs pourraient changer la dynamique de la région au second semestre. MiCA, pleinement en vigueur depuis le 1er juillet 2026, a contribué à accélérer l’intérêt pour les actifs numériques dans la région en apportant une clarté réglementaire sans équivalent dans d’autres grandes juridictions. La course aux licences MiCA a stimulé l’activité M&A stratégique, avec des acquisitions ciblant des sociétés qui disposent déjà des licences réglementaires nécessaires pour accélérer le déploiement à l’échelle européenne. D’autre part, le Scaleup Europe Fund de 5 milliards d’euros de la Commission européenne, dont EQT a été nommé gestionnaire, est attendu pour contribuer à soutenir des scale-ups européennes dans des domaines comme l’IA et l’informatique quantique — créant un mécanisme de financement public complémentaire aux capitaux privés. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026 (données PitchBook au 30 juin 2026) — kpmg.com/xx/en/what-we-do/industries/financial-services/pulse-of-fintech.html
