Trésorerie, performance, efficience : les trois priorités des DAF en 2026 qui enterrent Excel

La 14e édition de l’étude PwC/DFCG vient de confirmer ce que les praticiens observaient déjà sur le terrain : le pilotage de la performance redevient la priorité absolue des directions financières françaises en 2026, devant la gestion du cash et, pour la première fois dans le top 3, l’efficience des processus. Derrière ce palmarès, un constat opérationnel incontournable : Excel n’est plus à la hauteur.

Un changement de cap qui ne surprend personne sur le terrain

Depuis plusieurs années, les études sur les priorités des directions financières célébraient la transformation digitale comme la grande priorité des DAF français. Elle est désormais reléguée au quatrième rang. Ce n’est pas un désaveu de la technologie — c’est la conséquence logique d’un cycle d’investissement qui arrive à maturité. Les outils ont été déployés. La question n’est plus d’acheter des logiciels, elle est d’en tirer de la valeur mesurable sur la performance opérationnelle.

C’est dans ce contexte que le pilotage de la performance reprend sa place au sommet des préoccupations. La volatilité économique des trois dernières années — inflation, hausse des taux, tensions géopolitiques, vague de défaillances — a rappelé aux directions financières que la maîtrise des fondamentaux prime sur l’innovation. Un directeur financier qui ne sait pas où en est sa trésorerie à sept jours n’a pas besoin d’un nouvel outil d’analyse prédictive : il a besoin de données fiables et d’un processus de prévision qui fonctionne.

Le retour du pilotage au sommet des priorités n’est pas une régression. C’est la maturité d’un cycle : on investit dans les outils, puis on revient à l’essentiel pour en mesurer l’impact sur la performance réelle.

Pourquoi 2026 est l’année de rupture pour les outils de trésorerie

La 14e édition de l’étude PwC/DFCG identifie trois raisons structurelles pour lesquelles les pratiques de pilotage de trésorerie atteignent un point de rupture en 2026. La première est la fréquence des révisions : la volatilité économique impose de rafraîchir les prévisions à la semaine, voire au jour, ce qu’un fichier Excel partagé entre la DAF et la comptabilité ne peut matériellement pas faire en temps réel. La deuxième est la complexité du périmètre : la multiplication des entités, des banques et des devises sature la capacité de consolidation manuelle, surtout pour les ETI qui ont internalisé des acquisitions ces dernières années sans toujours homogénéiser leurs systèmes. La troisième est réglementaire : la facturation électronique, le reporting ESG, les exigences de traçabilité DORA pour les établissements financiers imposent une granularité de données que les tableurs ne peuvent plus garantir.

Ce constat ouvre un marché considérable pour les éditeurs de solutions de gestion de trésorerie — les TMS, Treasury Management Systems — qui s’étaient développés principalement à destination des grands groupes et cherchent depuis plusieurs années à descendre vers les ETI. En 2026, le contexte leur est favorable : les DAF d’entreprises de taille intermédiaire sont convaincus de la nécessité de se doter d’outils dédiés, mais ils cherchent des solutions de déploiement rapide, sans projet de plusieurs mois, avec un coût d’entrée proportionné à leur taille.

Ce que le classement dit aussi de la pression sur les marges

L’entrée de l’efficience des processus dans le top 3 pour la première fois n’est pas un signe de modernisation — c’est un signal de pression. Quand une direction financière place l’efficience au même niveau que la performance et la trésorerie, c’est qu’elle cherche à faire plus avec les mêmes ressources, ou les mêmes choses avec moins. La compression des coûts de la fonction finance est une tendance de fond que les cabinets de conseil observent dans tous les secteurs.

L’automatisation des tâches répétitives — réconciliation bancaire, lettrage comptable, relances clients — est le premier levier activé. L’intelligence artificielle s’y invite progressivement : plusieurs éditeurs de logiciels de gestion financière ont intégré des fonctionnalités d’IA générative pour la rédaction des commentaires d’analyse, la détection d’anomalies ou la suggestion de lettrage automatique. Ces fonctionnalités ne transforment pas encore radicalement les métiers, mais elles réduisent le temps consacré aux tâches à faible valeur ajoutée — ce qui, dans un contexte d’efficience contrainte, est précisément ce que les DAF recherchent.

Dans une période où la trésorerie est redevenue l’un des indicateurs centraux du pilotage d’entreprise, ceux qui auront structuré leur dispositif en 2026 entreront en 2027 avec une longueur d’avance.

Le signal que les banques et les partenaires commerciaux doivent lire

Ce changement de priorités a une implication directe pour les partenaires des directions financières. Les banques qui travaillent avec des ETI doivent anticiper une augmentation des demandes de reporting transactionnel et de prévision de liquidité en temps réel — ce qui suppose d’investir dans des API bancaires de qualité et des services de cash pooling plus réactifs. Les éditeurs de logiciels ERP qui n’ont pas encore intégré de module de trésorerie natif vont voir leurs clients DAF se tourner vers des solutions spécialisées. Et les cabinets de conseil en transformation financière ont là une fenêtre d’opportunité concrète : la demande d’accompagnement à la structuration des processus de pilotage est réelle, documentée et budgétée.

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