Revolut obtient l’approbation conditionnelle de l’OCC pour sa charte bancaire américaine

Le 3 septembre 2026, Revolut annonçait avoir reçu l’approbation conditionnelle de l’Office of the Comptroller of the Currency pour créer Revolut Bank US, National Association. C’est une étape majeure pour la fintech britannique qui a attendu des années un accès direct aux rails bancaires américains. Mais la décision #1390 de l’OCC, signée le 2 septembre, contient des conditions que personne d’autre n’a reçues parmi les approvals de charte accordés cette année : quatre lignes métier explicitement exclues — FX retail, FX forwards, merchant acquiring, correspondent banking — jusqu’à un sign-off superviseur séparé pour chacune. L’OCC a approuvé la banque centrale. La banque complète que veut Revolut devra encore se gagner.

Finyear.com · Fintech · Banque · Régulation US · 7 septembre 2026 · Sources : OCC Corporate Decision #1390 · Fintech Garden · Securities.io · CoinPaprika · TechTimes · Spendnode · CryptoTimes · Sullivan & Cromwell · 2-7 septembre 2026 · Lecture : 6 min

 

L’application de Revolut pour une charte bancaire nationale américaine a été reçue par l’OCC le 4 mars 2026. Cinq mois plus tard, le 2 septembre, le Senior Deputy Comptroller Stephen Lybarger signait la Corporate Decision #1390 : approbation préliminaire conditionnelle pour Revolut Bank US, National Association, banque numérique sans agence physique, domiciliée à Stamford, Connecticut. Revolut a annoncé publiquement la décision le lendemain, le 3 septembre. (Sources : OCC Corporate Decision #1390, fintech.garden, Securities.io, 3-4 septembre 2026.)

La décision est réelle et significative. Elle valide l’essentiel du modèle proposé : dépôts assurés par la FDIC jusqu’à 250 000 dollars par compte, prêts personnels, cartes de crédit, accès aux rails de paiement fédéraux américains. Revolut a engagé 500 millions de dollars de capital pour soutenir l’opération. La société a également indiqué que sa banque US proposera des services stablecoins via un tiers — sans émettre les stablecoins ni gérer leurs réserves elle-même. Les activités numériques sont projetées à moins de 2% des revenus bancaires. (Sources : OCC #1390, CryptoTimes, 4 septembre 2026.)

Les quatre exclusions que personne d’autre n’a reçues

C’est là que la décision de l’OCC devient inhabituellement précise — et révélatrice de la position de l’OCC face à Revolut spécifiquement. Quatre lignes métier sont explicitement écartées de l’approbation initiale et ne pourront être lancées que sur sign-off superviseur séparé : le trading FX retail, les contrats FX forward, le merchant acquiring et le correspondent banking pour des banques étrangères. Ce quatuor d’exclusions n’apparaît dans aucune autre approbation de charte de l’OCC accordée en 2026 — ni à Circle, ni à Ripple, ni à BitGo, ni à Fidelity Digital Assets, ni à Paxos, tous approuvés conditionnellement fin 2025 sans ces carve-outs. (Sources : TechTimes, OCC #1390, 4 septembre 2026.)

Les raisons de ces exclusions sont explicitement documentées dans la décision. Le FX retail et les contrats FX forward impliquent un risque de marché que l’OCC juge nécessaire d’évaluer séparément avant d’autoriser Revolut à le prendre sur un bilan bancaire fédéral. Le merchant acquiring requiert la gestion d’une exposition crédit envers des clients entreprises — une responsabilité différente du seul compte retail. Et le correspondent banking pour des banques étrangères soulève des risques AML : Revolut traiterait des transactions en dollars pour le compte d’institutions qu’elle ne supervise pas elle-même. L’OCC a préféré approuver la banque de base tout en maintenant ces lignes sous revue superviseure séparée plutôt que de bloquer l’ensemble de l’application. (Source : TechTimes, 4 septembre 2026.)

«L’OCC a approuvé la banque centrale. Les quatre lignes exclues sont précisément celles qui correspondent au cœur de l’avantage compétitif de Revolut sur les banques traditionnelles : le change multi-devises en temps réel, les paiements transfrontaliers pour les professionnels, et l’accès aux réseaux de paiement internationaux. La banque approuvée est une banque — mais pas encore la banque que Revolut voulait.» — Analyse Spendnode, 4 septembre 2026.

Ce qu’il reste à faire avant l’ouverture en 2027

L’approbation conditionnelle n’est pas une autorisation d’opérer. Revolut doit encore franchir trois étapes réglementaires avant que Revolut Bank US puisse prendre le premier dépôt. La première : l’application auprès de la FDIC pour l’assurance des dépôts. La deuxième : l’application auprès de la Réserve fédérale, qui doit approuver Revolut Holdings US comme bank holding company. La troisième : l’approbation finale de l’OCC, qui interviendra une fois que les conditions de l’approbation préliminaire auront été satisfaites — capital engagé à hauteur requise, plan de conformité opérationnel, gouvernance du conseil validée. Revolut cible un lancement en 2027 et maintient cette fenêtre dans ses communications publiques. (Sources : Securities.io, CoinPaprika, CryptoTimes, 3-4 septembre 2026.)

Le contexte plus large de la décision mérite d’être situé. L’OCC a accordé des approbations conditionnelles similaires à Circle, Ripple, BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en fin 2025 — et a depuis traité des applications de Nubank et Crypto.com. La doctrine de l’OCC sous l’administration Trump est explicitement favorable aux fintechs et aux acteurs crypto qui cherchent des chartes bancaires nationales, après des années de refus systématique sous l’ère Hsu. Pour Revolut spécifiquement, l’approbation met fin à sept ans de dépendance aux bank partners pour ses produits US — une dépendance qui limitait structurellement sa gamme de produits et sa marge. Pour les institutions financières européennes qui regardent l’expansion américaine de Revolut, le signal est que Revolut sera, d’ici 2027-2028, un concurrent bancaire direct aux États-Unis — avec des dépôts FDIC, des cartes de crédit et des prêts — et non plus seulement une application de gestion de compte.

Ce que l’approbation signifie pour Revolut en France et en Europe

Pour les 8 millions de clients français de Revolut et ses 80 millions de clients mondiaux, la charte bancaire US change le statut de la société dans son marché le plus stratégique. Revolut était présent aux États-Unis via des produits limités en partenariat avec Metropolitan Commercial Bank. Une charte nationale propre signifie des dépôts FDIC, des cartes de crédit sous son propre bilan, des prêts directs — et, à terme, les quatre lignes actuellement exclues dont le FX multi-devises qui est au cœur de la proposition de valeur Revolut. Pour la direction financière des entreprises françaises qui utilisent Revolut Business pour leurs opérations internationales, la question qui suivra le lancement US sera simple : est-ce que Revolut US pourra gérer mes comptes dollar directement, sans les frictions d’un correspondent banking tiers ? Si les exclusions actuelles sont levées, la réponse sera oui. (Sources : fintech.garden, Securities.io, Spendnode, 3-7 septembre 2026.)

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