La divulgation sélective : le levier d’adoption le plus clair de l’EUDI Wallet

Parmi tous les résultats de l’enquête IDnow, un se distingue comme le moteur le plus direct de l’adoption : 62% des Français déclarent qu’ils seraient davantage enclins à utiliser l’EUDI Wallet si la divulgation sélective était garantie — la capacité de prouver sa majorité sans divulguer sa date de naissance complète, d’ouvrir un compte bancaire sans partager l’intégralité de son dossier civil. Ce taux tient dans toutes les tranches d’âge : 74% chez la Génération Z, 70% chez les Millennials, 63% chez la Génération X, 54% même chez les Baby Boomers. C’est le seul levier d’adoption qui fait consensus.

Finyear.com · Fintech · Identité numérique · 8 septembre 2026 · Source : IDnow, «Enquête Consommateurs sur l’EUDI Wallet», juin 2026 · Série 4/6 · Lecture : 5 min

 

La divulgation sélective est la caractéristique technique qui distingue le plus profondément l’EUDI Wallet d’une simple numérisation d’un document d’identité physique. Plutôt que de transmettre l’intégralité d’un document — nom, prénom, date de naissance, adresse, numéro de document — à chaque vérification, le portefeuille permet de ne partager que l’attribut strictement nécessaire à la transaction concernée. Pour prouver sa majorité à une plateforme de vente d’alcool, seule la confirmation booléenne de l’âge est transmise — pas la date de naissance. Pour ouvrir un compte bancaire, seuls les attributs nécessaires au KYC réglementaire sont partagés — pas l’ensemble de l’état civil. Ce principe de minimisation des données est consacré par le RGPD depuis 2018, mais c’est la première fois qu’un dispositif d’identité à grande échelle le rend techniquement opérationnel par défaut. (Source : IDnow, juin 2026.)

Les résultats de l’enquête IDnow sur ce point sont sans ambiguïté. Lorsqu’on présente la fonctionnalité de divulgation sélective aux répondants — sans forcément nommer le terme technique —, 26% déclarent «beaucoup plus probable» qu’ils utiliseraient un tel portefeuille, 36% «plutôt plus probable», 29% restent neutres et seulement 9% moins probables. 62% d’intentions d’adoption positives, dans un contexte où 54% n’avaient jamais entendu parler du dispositif avant l’enquête, est un résultat remarquable. (Source : IDnow, juin 2026.)

Un argument qui traverse toutes les générations

La force politique de la divulgation sélective comme argument d’adoption tient dans sa capacité à convaincre des tranches d’âge très différentes. Chez la Génération Z (18-29 ans), très sensible à la souveraineté des données et à la vie privée en ligne, 74% se disent davantage enclins à utiliser l’EUDI Wallet avec cette fonctionnalité. Chez les Millennials (30-45 ans), le taux est de 70%. Chez la Génération X (46-61 ans), 63%. Et même chez les Baby Boomers (62-80 ans) — la tranche d’âge la moins familière avec l’identité numérique et la plus attachée aux documents physiques —, 54% seraient davantage enclins à utiliser le portefeuille si la minimisation des données est garantie. (Source : IDnow, juin 2026.)

«La capacité à ne partager que les informations strictement nécessaires constitue la proposition de valeur centrale qui transforme le portefeuille d’une simple copie numérique d’un document d’identité physique en quelque chose de véritablement inédit.» — IDnow, juin 2026.

Ce que cela signifie concrètement pour les services financiers

Pour les banques, les fintechs et les assureurs qui devront intégrer l’EUDI Wallet d’ici décembre 2027, la donnée sur la divulgation sélective est une invitation à repenser l’architecture de leurs parcours d’onboarding — non plus autour de la quantité de données collectées, mais autour de la pertinence et de la minimisation. La capacité de vérifier l’âge, la résidence ou la solvabilité d’un client sans accéder à l’intégralité de ses données d’identité représente un différenciateur concret : moins de friction pour le client, moins de données à sécuriser pour l’institution, et une conformité naturelle avec les exigences de minimisation du RGPD. (Source : IDnow, juin 2026.)

Il y a un autre enjeu commercial direct que l’enquête éclaire indirectement. Si 62% des consommateurs déclarent qu’ils seraient davantage enclins à utiliser l’EUDI Wallet avec la divulgation sélective, cela signifie que les institutions qui déploieront le portefeuille avec cette fonctionnalité visible et expliquée auront un taux de conversion à l’onboarding structurellement plus élevé que celles qui le présenteront comme un simple substitut numérique à la carte d’identité plastique. La divulgation sélective n’est pas une contrainte réglementaire — c’est un argument marketing dont la force est démontrée par les données.

Sources : IDnow, «Enquête Consommateurs sur l’EUDI Wallet», juin 2026 · Sapio Research · IDnow ETSI TR 119 476-1 contribution · idnow.io

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