Impayés : 53 % des entreprises françaises ont vu leur pérennité financière menacée, selon le premier Baromètre Payt × Ipsos
21/04/2026
Payt, éditeur de logiciel de recouvrement B2B, publie en partenariat avec Ipsos son premier baromètre sur la gestion des créances clients. Réalisée auprès de 400 dirigeants d’entreprises françaises du secteur privé entre le 24 et le 26 mars 2026, l’étude documente l’impact financier, opérationnel et humain des impayés, ainsi que le retard persistant dans la digitalisation du recouvrement.

Impact financier : une menace structurelle sous-estimée dans les reportings
53 % des entreprises interrogées déclarent que leur pérennité financière a déjà été menacée par des impayés, dont 20 % qualifient cette menace de sérieuse ou très sérieuse. Ces situations se traduisent concrètement par des reports de salaires, des découverts bancaires et des sacrifices d’investissement qui n’apparaissent pas dans les tableaux de bord.
L’effet de cascade est documenté pour la première fois à l’échelle nationale : 49 % des entreprises ont dû retarder le paiement de leurs propres fournisseurs ou salaires à cause d’un client en retard, dont 7 % déclarent que cela arrive régulièrement, plusieurs fois par an.
Sur le risque de contrepartie, 30 % des dirigeants ont été surpris par la faillite ou le redressement judiciaire d’un client au cours des trois dernières années, dont 10 % à plusieurs reprises. Seuls 22 % ont bénéficié d’alertes préalables permettant d’anticiper. La surveillance proactive du risque client, scoring, alertes sur défaillances, reste marginale dans les PME et ETI françaises.
Enfin, 45 % des répondants estiment que recouvrer leurs créances est devenu plus difficile aujourd’hui qu’il y a cinq ans, en lien avec les records historiques de défaillances d’entreprises françaises enregistrés en 2024-2025.
Coût opérationnel : temps de direction, factures abandonnées, stress des équipes
47 % des directions consacrent plus de deux heures par mois à la gestion des retards de paiement, soit plus de trois jours de travail par an dédiés non à piloter l’entreprise, mais à gérer des retards. Pour les 6 % qui y passent plus de dix heures par mois, c’est une journée entière perdue chaque semaine.
Trois indicateurs illustrent le coût humain et les pertes silencieuses du recouvrement manuel : 41 % ont oublié de relancer des factures et s’en sont aperçus après plusieurs mois ; 42 % ont renoncé à relancer une créance car le coût de traitement dépassait le montant dû ; 34 % se déclarent mal à l’aise ou stressés lors des relances clients. Sur ce dernier point, parmi les répondants très mal à l’aise, les femmes sont surreprésentées à hauteur de 65 %, alors qu’elles représentent 40 % de l’échantillon.
Digitalisation : le recouvrement, angle mort de la transformation numérique
71 % des entreprises sont dépourvues de logiciel dédié au recouvrement clients. 23 % tracent leurs créances sur Excel et 23 % n’ont aucun suivi formalisé. Seulement 23 % disposent d’un logiciel dédié, un niveau qui contraste avec le niveau d’équipement en CRM, ERP et logiciels comptables.
Les canaux de relance reflètent cette réalité : l’email manuel (54 %) et le téléphone (52 %) dominent, contre seulement 26 % de relances automatisées.
L’écart par taille de structure est significatif : le taux d’équipement en logiciel dédié passe de 1 % chez les solopreneurs à 10 % dans les TPE, 37 % dans les PME et 54 % dans les ETI, soit 53 points d’écart. 63 % des PME restent non équipées malgré des volumes de facturation significatifs.
IA et facturation électronique : deux échéances simultanées
Sur l’intelligence artificielle, 49 % des dirigeants estiment que l’IA va profondément transformer le métier ou significativement améliorer l’efficacité du recouvrement dans les cinq prochaines années, notamment pour l’automatisation des relances, la priorisation des dossiers et la détection des risques. 29 % restent sceptiques, estimant que la relation humaine ne peut être déléguée.
Sur la facturation électronique obligatoire, 29 % des entreprises se déclarent non prêtes pour l’obligation légale du 1er septembre 2026 — date à partir de laquelle toutes les entreprises françaises devront recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Seules 23 % se déclarent totalement prêtes.
Méthodologie
Étude Payt × Ipsos (réf. S26014962) réalisée par méthode CAWI auprès d’un panel en ligne de 400 dirigeants d’entreprises françaises du secteur privé, hors grandes entreprises de plus de 5 000 salariés. Terrain : 24-26 mars 2026. Données pondérées. Reproduction autorisée avec mention de source obligatoire.
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