Contrôle de gestion 2026 : les soft skills dépassent les compétences techniques, l’IA reste peu déployée malgré un fort enthousiasme
07/04/2026
Grant Thornton France et l’Université Paris-Dauphine, PSL publient l’édition 2026 de leur étude sur l’évolution du contrôle de gestion, menée entre octobre et décembre 2025 auprès de 1 207 professionnels, directeurs financiers, contrôleurs de gestion, étudiants et clients internes de la fonction. Il s’agit de la plus vaste étude réalisée sur ce sujet.

Un basculement stratégique documenté
90 % des répondants considèrent désormais que le contrôle de gestion exerce un rôle de conseil et d’analyse stratégique, un chiffre qui traduit un glissement structurel du périmètre de la fonction, historiquement centré sur la production d’indicateurs financiers. 67 % estiment que leurs indicateurs sont corrélés aux objectifs stratégiques de leur organisation.
Des écarts de maturité significatifs subsistent selon la taille : 33 % des grands groupes se considèrent performants en matière de culture de gestion, contre seulement 14 % des PME. Si 55 % jugent la perception du contrôle de gestion pleinement positive au sein de leur organisation, 27 % restent neutres.
Les soft skills en tête des priorités pour la première fois
L’édition 2026 enregistre un renversement inédit dans la hiérarchie des compétences attendues : pour la première fois, les compétences comportementales arrivent en tête, citées par 50 % des répondants, tandis que les compétences techniques et métiers ne représentent plus que 25 % chacune. Leadership, capacité d’influence, pédagogie et animation transverse s’imposent dans un contexte où les outils technologiques se multiplient, paradoxe apparent : plus les organisations automatisent, plus l’interprétation et l’accompagnement stratégique deviennent différenciants.
La RSE intégrée mais encore partielle
52 % des organisations disposent d’un reporting RSE, avec un écart marqué entre grands groupes (71 %) et PME (34 %). Seuls 38 % des répondants estiment que leurs tableaux de bord intègrent de manière équilibrée des indicateurs financiers et non financiers. L’intégration complète des enjeux extra-financiers dans les dispositifs de pilotage reste un chantier stratégique ouvert.
Des outils encore hétérogènes
35 % des répondants citent Excel comme principal outil de pilotage, 21 % utilisent une suite EPM intégrée et 17 % disposent d’une suite ERP intégrée. La priorité affichée n’est pas l’innovation à tout prix : 48 % des répondants identifient la fiabilité des données comme l’enjeu principal, avant toute automatisation ou exploitation d’outils avancés.
L’IA : enthousiasme élevé, déploiement limité
84 % des professionnels anticipent un impact positif de l’IA sur le métier, principalement via la réduction des tâches répétitives (51 %) et l’automatisation des activités à faible valeur ajoutée (33 %). Mais le décalage entre attentes et réalité est frappant : 51 % des entreprises n’ont identifié aucun projet IA, et seulement 4 % disposent d’une solution en production. Les freins sont principalement organisationnels : manque de compétences, enjeux de sécurité et de confidentialité, et crainte de dépendance technologique, citée par 72 % des répondants.
Olivier Rihouet, Associé Advisory en charge de l’offre Digital Performance Management chez Grant Thornton
« Les résultats 2026 confirment la transformation structurelle du contrôle de gestion. Elle va désormais au-delà de la production d’indicateurs et s’impose comme un partenaire stratégique du pilotage de la performance globale de l’entreprise. Portée par la data et l’intelligence artificielle, et soutenue par une gouvernance qui donne l’impulsion, elle évolue d’ici 2030 vers un rôle d’analyste augmenté, au cœur de la création de valeur. »
Méthodologie
Étude menée entre octobre et décembre 2025 auprès de 1 207 répondants : 800 professionnels (directeurs financiers, directeurs contrôle de gestion, contrôleurs financiers), 308 étudiants en contrôle de gestion et 99 clients internes de la fonction (direction générale, RSE, achats, ventes, production, RH). Répartition : 75 % ETI et PME, 25 % grandes entreprises et grands groupes.
À propos de Grant Thornton
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