Circle publie ses résultats T2 le 5 août
04/08/2026
Talos, fournisseur de technologie institutionnelle pour les actifs numériques, a publié une analyse préalable aux résultats du deuxième trimestre 2026 de Circle Internet Group, attendus mercredi 5 août. Les estimations dressent un tableau précis : USDC continue de dominer le settlement on-chain malgré un marché des stablecoins en stagnation, mais les pressions distributives s’intensifient — entre l’accord de partage de revenus avec Coinbase, la montée d’Hyperliquid et l’irruption d’Open USD avec ses 140 partenaires.
710 millions estimés pour le T2 — légèrement sous le consensus
Selon les données de Talos, Circle devrait annoncer un chiffre d’affaires total et des revenus de réserves d’environ 710 millions de dollars pour le deuxième trimestre 2026. C’est en hausse par rapport aux 694 millions du T1, mais en dessous de la fourchette de consensus de Wall Street, établie entre 713 et 744 millions. La progression s’explique principalement par la hausse de la capitalisation boursière moyenne de l’USDC, passée d’environ 75,2 milliards de dollars au T1 à quelque 76,6 milliards au T2, sur fond de taux d’intérêt qui continuent de soutenir les revenus de réserves. Les autres revenus — essentiellement transactionnels — devraient progresser à environ 40 millions de dollars, dans la fourchette de guidance annuelle donnée par Circle pour 2026. (Source : Talos, analyse pré-résultats T2 2026, août 2026.)
Ces chiffres placent Circle dans une position caractéristique : une société dont les revenus dépendent encore massivement du niveau des taux d’intérêt — les revenus de réserves faisant, selon Talos, «l’essentiel du travail». Le contexte macroéconomique «higher for longer», avec une Fed américaine qui n’a pas encore signalé de pivot, reste donc un facteur de soutien à court terme. Mais c’est précisément ce qui rend Circle sensible à un éventuel pivot de politique monétaire — une exposition que le marché n’a pas encore pleinement intégrée dans les multiples de valorisation post-IPO.
USDC domine le settlement on-chain malgré la stagnation de l’offre
Le marché des stablecoins dans son ensemble est resté globalement stable au T2, reflétant le recul de l’offre d’USDC vers la fin du trimestre. Mais les données de volume racontent une autre histoire. Selon l’analyse de Talos, USDC a capté environ 72% des 15 600 milliards de dollars de volume de transfert on-chain ajusté au T2 2026 — et génère environ huit fois plus de volume de transfert par dollar d’offre que l’USDT de Tether. Autrement dit, la stagnation de la croissance de l’offre ne se traduit pas par une perte de vitesse opérationnelle : l’USDC est utilisé beaucoup plus intensément, par transaction, que son principal concurrent. (Source : Talos, août 2026.)
Ce ratio d’efficacité — volume par dollar d’offre — est l’une des métriques les plus pertinentes pour évaluer l’ancrage d’un stablecoin dans les flux réels de l’économie on-chain. Il reflète l’usage d’USDC comme monnaie de settlement institutionnel, dans les protocoles DeFi, les systèmes de paiement et les échanges inter-plateformes — des usages qui ne disparaissent pas avec les fluctuations de prix. C’est l’argument que Circle mettra en avant face aux analystes le 5 août : l’offre peut stagner, le réseau d’utilisation, lui, reste dominant.
La marge réelle : 40% après Coinbase
Talos estime que le Revenue Less Distribution Costs (RLDC) de Circle restera largement stable au T2 à environ 287 millions de dollars, soit une marge RLDC d’environ 40%. (Source : Talos, août 2026.)
Ce chiffre est la clé de lecture des résultats de Circle — et c’est celui que le marché surveille depuis l’IPO. Car derrière les 710 millions de revenus bruts se cache une réalité structurelle : une part significative des economics de réserves est reversée à Coinbase en vertu de l’accord de partage de revenus qui lie les deux entreprises depuis la création de l’USDC. L’accord a été renouvelé cette semaine aux mêmes conditions. Selon les données publiées par Coinbase dans son propre deck de résultats T2, un record de 20 milliards de dollars d’USDC étaient déposés dans ses produits au cours du trimestre. Mécaniquement, une part substantielle des revenus de réserves générés sur cette somme revient à Coinbase — et sort donc du RLDC de Circle. (Source : Talos, Coinbase Q2 2026 Earnings Deck, août 2026.)
Le renouvellement de l’accord aux mêmes conditions est une bonne nouvelle opérationnelle — il évite une renégociation défavorable — mais il ne résout pas la question de fond : Circle paie son principal canal de distribution avec une fraction significative de ses marges. C’est un modèle qui fonctionne tant que l’USDC croît. C’est un modèle qui crée une pression sur les résultats si la croissance s’arrête, parce que les coûts de distribution sont largement fixes par rapport aux revenus.
Hyperliquid, Open USD : la pression s’intensifie sur deux fronts
Deux phénomènes structurels menacent la part que Circle conserve de l’économie USDC au-delà du deal Coinbase. Le premier est Hyperliquid, la plateforme de trading décentralisée qui capte environ 90% du rendement de réserves sur les quelque 5,7 milliards de dollars d’USDC présents sur son venue. C’est une extraction d’economics de réserves qui se fait en dehors de tout accord commercial avec Circle — simplement parce que Hyperliquid détient des quantités considérables d’USDC et en capte les rendements directement. Pour Circle, c’est de la valeur économique créée par son stablecoin mais qui ne lui revient pas. (Source : Talos, août 2026.)
Le second est Open USD. Lancé le 30 juin 2026 par Open Standard avec 140 partenaires dont Stripe, Visa, Mastercard, BlackRock et Coinbase, ce stablecoin concurrent s’est construit sur un modèle explicitement opposé à celui de Circle : mint gratuit, revenus de réserves redistribués aux partenaires participants, gouvernance par réseau. L’analyse de Talos sur la compétitivité d’Open USD par rapport à USDC — disponible sur le site de Talos — pose la question centrale : Circle peut-elle maintenir sa domination sur le settlement on-chain face à un modèle qui cède à ses distributeurs ce que Circle retient pour elle-même ? (Source : Talos Insights, talos.com, 2026.)
La feuille de route : Arc et Circle Payments Network pour réduire la dépendance aux taux
Pour répondre à cette double pression — taux d’intérêt comme principal moteur de revenus, economics érodées par les distributeurs — Circle mise sur deux piliers de diversification. Arc, sa blockchain Layer 1 propriétaire, est conçue pour générer des revenus de frais de transaction qui ne dépendent ni des taux directeurs ni des accords de partage avec des partenaires. Circle Payments Network (CPN), son réseau de paiements institutionnels, vise à créer un flux de revenus transactionnels récurrents à mesure que les institutions adoptent l’USDC comme monnaie de règlement dans leurs opérations quotidiennes.
Ces deux initiatives dessinent la trajectoire long terme que Circle cherche à montrer aux investisseurs institutionnels depuis son IPO : passer d’un modèle de revenus à taux variable, où la banque centrale américaine est le principal actionnaire des performances, à un modèle transactionnel où la valeur vient de la fréquence et du volume des échanges sur le réseau. Le 5 août, les analystes écouteront ce que Jeremy Allaire dit sur le calendrier de ce pivot — et sur ce que Circle peut espérer retenir de ses revenus dans un monde où ses propres partenaires de distribution ont décidé de bâtir leur propre stablecoin.
Note : Les estimations financières citées dans cet article sont issues de l’analyse de Talos, fournisseur de technologie institutionnelle pour les actifs numériques. Elles ne constituent pas des résultats officiels de Circle Internet Group. Les résultats réels du T2 2026 doivent être publiés le mercredi 5 août 2026
