Basketball : 12,5 milliards de dollars pour les Lakers
20/08/2026
Le 12 août, Bob Iger et Josh Kushner annonçaient le rachat des Los Angeles Lakers pour 12,5 milliards de dollars — record absolu pour une franchise sportive américaine. Le vendeur, Mark Walter, avait payé 10 milliards moins d’un an plus tôt. Et Walter est, depuis juillet, sous enquête de la SEC et du DOJ pour des irrégularités potentielles dans ses compagnies d’assurance. Ce n’est pas seulement un deal sportif. C’est un cas d’étude en finance d’actifs alternatifs, en capitalisation sportive, et en cession sous pression.
La transaction a surpris tout le monde, y compris ceux qui regardaient le dossier de près. Josh Kushner et Bob Iger s’étaient positionnés depuis des mois sur l’expansion de la NBA à Las Vegas — ils figuraient parmi les deux favoris pour remporter la franchise d’expansion à 8-10 milliards. Puis, dans les 72 heures précédant l’annonce du 12 août, ils ont pivoté et approché Mark Walter directement avec une offre sur les Lakers. Walter a accepté le dimanche, et le deal était annoncé le mercredi. Une opération rondement menée, dans un délai remarquablement court pour une transaction de cette taille. (Sources : ESPN, Forbes, CNBC, 12 août 2026.)
«En tant que fans de NBA depuis toujours, nous sommes profondément honorés d’avoir l’opportunité de devenir les gardiens des Los Angeles Lakers, l’une des franchises sportives les plus iconiques au monde. Notre engagement à long terme est de construire sur cette fondation, de compétir au plus haut niveau et de servir cette équipe extraordinaire, ses fans et la ville de Los Angeles.» — Bob Iger et Josh Kushner, déclaration commune, 12 août 2026. (Source : Variety, ESPN, 12 août 2026.)
Walter : 2,5 milliards de profit en 14 mois — avec une enquête fédérale en toile de fond
Mark Walter a acheté une participation de contrôle dans les Lakers à la famille Buss en octobre 2025 pour 10 milliards de dollars. Il les revend 14 mois plus tard pour 12,5 milliards. Le profit brut est de 2,5 milliards de dollars, soit un retour de 25% sur 14 mois pour un actif non coté, illiquide par nature, et traditionnellement considéré comme un investissement de prestige plutôt que de rendement. C’est un rendement que peu de fonds de private equity auraient affiché sur la période. (Sources : ESPN, Yahoo Sports, 12 août 2026.)
Ce contexte de performance spectaculaire s’accompagne cependant d’un élément que la plupart des comptes-rendus sportifs ont mentionné en bas d’article. En juillet 2026, Bloomberg rapportait que la SEC et des procureurs fédéraux américains menaient une enquête sur des irrégularités potentielles dans deux compagnies d’assurance appartenant à Walter et chez Guggenheim Partners, la firme d’investissement qu’il a cofondée. Les sociétés de Walter ont démenti tout acte répréhensible. L’enquête n’a pas été citée comme raison de la vente. Mais Walter vend dans la précipitation, dans un délai de 72 heures entre l’approche et l’accord, une franchise dont la valeur continuait à progresser. Tirer ces conclusions appartient aux enquêteurs — noter la concomitance appartient au journalisme financier. (Sources : CNBC, Sportico, 12 août 2026.)
Kushner et Iger : comment deux personnes pesant 6 milliards achètent un actif à 12,5 milliards
Sportico a été le premier à poser la question arithmétique : Kushner et Iger ont une fortune combinée estimée à environ 6 milliards de dollars. Comment achètent-ils une franchise à 12,5 milliards ? La réponse est celle de tout leveraged buyout structuré intelligemment : dette senior, equity minoritaire, et véhicule de co-investissement. Thrive Capital — le fonds de venture capital de Kushner qui a levé 10 milliards pour ses nouveaux fonds en 2026 et dont le portfolio inclut Instagram (early), Spotify, OpenAI, Stripe, Robinhood et A24 — dispose de la capacité de co-investissement et de l’accès au marché de la dette pour structurer un tel montage. Le deal reste soumis à l’approbation de la NBA, qui doit valider tout changement de contrôle. (Sources : Sportico, Forbes, ESPN, 12 août 2026.)
La valorisation de 12,5 milliards établit un nouveau plafond pour les franchises sportives américaines, dépassant l’achat des Seahawks de Seattle par Vinod Khosla à 9,6 milliards et les 10 milliards payés par Walter l’an dernier. Pour les investisseurs institutionnels — fonds de pension, family offices, endowments universitaires — qui regardent les actifs sportifs comme classe d’actifs alternatives depuis que les règles d’actionnariat se sont assouplies dans les grandes ligues américaines, ces jalons de valorisation changent le cadre de référence. Les multiples s’envolent, la liquidité reste faible (une revente prend des mois), et les acheteurs potentiels diminuent à mesure que les prix montent. Le marché des franchises sportives se comporte de plus en plus comme le private equity en phase de bulle — beaucoup d’argent qui chasse peu d’actifs, avec des vendeurs opportunistes et des acheteurs convaincus de l’inélasticité de la demande à long terme. (Source : Sportico, 12 août 2026.)
