Baromètre Bpifrance-Rexecode T2 2026 : 62 % des TPE-PME subissent l’impact du conflit au Moyen-Orient, 58 % utilisent déjà l’IA
19/05/2026
Bpifrance Le Lab et Rexecode publient la 32e édition de leur baromètre trimestriel « Trésorerie, Investissement et Croissance des TPE-PME », réalisé du 13 au 26 avril 2026 auprès de 1 135 répondants. L’édition intègre deux focus thématiques : l’impact du conflit au Moyen-Orient et le recours à l’intelligence artificielle.

Conflit au Moyen-Orient : hausses de coûts et difficultés d’approvisionnement en forte hausse
62 % des TPE-PME déclarent déjà observer des conséquences négatives du conflit au Moyen-Orient sur leur trésorerie ou leurs résultats, dont 25 % font état d’un impact fort. 15 % des TPE-PME exposées estiment ne pas disposer de suffisamment de trésorerie pour absorber le choc.
Les répercussions consistent principalement en une hausse des coûts : matières premières énergétiques pour 66 % des TPE-PME affectées, intrants non énergétiques pour 32 % d’entre elles. La proportion d’entreprises confrontées à des difficultés d’approvisionnement atteint 57 %, en hausse de 22 points sur le trimestre, restant toutefois inférieure au pic de 78 % atteint à l’été 2022. La part des entreprises citant les coûts et prix trop élevés comme frein à la croissance progresse de 10 points à 32 %, soit encore 10 points sous le niveau de la crise énergétique de 2022. Les contraintes de demande demeurent le principal frein, cité par 61 % des répondants.
Trésorerie : tension sans choc brutal, perspectives qui se redressent légèrement
L’indicateur d’évolution récente de la trésorerie atteint -28, un plus bas depuis le lancement du baromètre en 2018, en baisse de 3 points sur le trimestre et de 2 points sur un an, mais reste proche du niveau de début 2025 (-27). La part de TPE-PME en situation de trésorerie difficile (34 %) est stable depuis un an. Les perspectives s’améliorent légèrement : l’indicateur d’évolution anticipée progresse de 2 points à -17, proche de sa moyenne 2018-2025 (-15). Une majorité des TPE-PME subissant des hausses de coûts prévoient de les répercuter, au moins partiellement, dans leurs prix de vente.
Investissement : les intentions tiennent bon
46 % des dirigeants ont investi ou comptent investir en 2026, en hausse de 1 point sur le trimestre et sur un an, mais en deçà de la moyenne 2018-2025 (53 %). Le solde d’opinion sur les montants investis se replie légèrement (-5 points à -21) sans effacer le rebond du trimestre précédent, et reste bien au-dessus du niveau de fin 2025 (-29).
IA : 58 % des TPE-PME utilisatrices, impact positif sur la productivité mais usages peu structurés
58 % des TPE-PME ont recours à l’IA, dont près de la moitié quotidiennement. Le marketing et les ventes constituent de loin le premier domaine d’application, cité par près de la moitié des utilisatrices. Les usages sont majoritairement initiés par des collaborateurs sans cadre formalisé au sein de l’entreprise.
L’impact sur le chiffre d’affaires reste légèrement positif au global, tandis que l’effet sur les effectifs est jugé légèrement baissier. En revanche, 43 % des dirigeants déclarent une amélioration de la productivité des salariés liée à l’IA (contre seulement 1 % une baisse). Près de 20 % observent déjà un effet positif sur la rentabilité et la compétitivité.
À horizon 2030, les effets positifs attendus sont nettement amplifiés sur le chiffre d’affaires, la rentabilité et la productivité, mais 18 % des TPE-PME anticipent un impact négatif sur les effectifs (contre 6 % une hausse). Le principal frein à l’adoption reste la difficulté à identifier des cas d’usage pertinents, cité par 54 % des répondants, devant le manque de temps et de compétences internes.
Méthodologie
Baromètre réalisé du 13 au 26 avril 2026 auprès de 4 073 TPE-PME des secteurs marchands non agricoles (1 à 249 salariés, CA inférieur à 50 M€), avec 1 135 réponses traitées dans l’analyse récurrente et 1 128 dans les interrogations thématiques, redressées par taille d’effectif et secteur d’activité.
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