11 milliards dans les actifs numériques au S1 2026
26/08/2026
11,1 milliards de dollars investis dans les actifs numériques et crypto au S1 2026. Le chiffre est solide — il dépasse les totaux annuels de 2023 et 2024 — mais inférieur aux 21,9 milliards de 2025. Ce ralentissement apparent cache une transformation structurelle que KPMG documente : l’argent ne va plus vers la spéculation mais vers l’infrastructure. Custody, tokenisation, settlement, stablecoins — c’est là que les capitaux institutionnels et corporates s’installent durablement.
L’investissement mondial dans les actifs numériques et les cryptomonnaies a atteint 11,1 milliards de dollars au S1 2026, réparti sur 467 deals. Ce niveau dépasse les totaux annuels de 2023 (9,9 milliards) et 2024 (9,6 milliards), mais reste inférieur aux 21,9 milliards de 2025 — qui avaient été dopés par l’approbation des ETF Bitcoin spot aux États-Unis et le bull market qui avait suivi. Les États-Unis concentrent plus de la moitié de l’investissement sectoriel (5,9 milliards) malgré moins de la moitié du volume de deals (187 sur 467). (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
Les plus grands deals du semestre illustrent la diversité du secteur. Aux États-Unis : une levée de 1,2 milliard par Kalshi (marché de prédiction, Series F) et 635 millions en seed par Erebor Bank, une nouvelle banque américaine à charte nationale centrée sur les services aux entreprises de defensetech, compute tech et fabrication avancée. En EMEA, la plus grande transaction a été la levée de 175 millions par Morpho, protocole de prêt on-chain basé à Paris. En ASPAC, 150 millions pour Synthetix, plateforme australienne de trading de contrats perpétuels. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
Le pivot vers l’infrastructure : custody, tokenisation, settlement
La tendance la plus significative que KPMG identifie dans le secteur des actifs numériques est le déplacement de l’investissement vers les points de contrôle du marché et l’infrastructure. Les plateformes de stablecoins et de paiements, les plateformes de tokenisation, les réseaux de settlement, et les services de custody et d’accès institutionnel ont capté la plus grande attention des investisseurs au S1 2026. Ce n’est pas le trading de crypto qui attire les capitaux — c’est le plomberie qui le rend possible et le rend institutionnellement accessible. L’approche des institutions financières traditionnelles envers les actifs numériques a évolué d’une posture de surveillance prudente vers une évaluation active des opportunités commerciales. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
«Les plus grands investissements aujourd’hui ciblent l’infrastructure centrale de l’écosystème des actifs numériques — des exchanges et de la custody au settlement et à l’accès institutionnel. Une grande partie de l’activité VC et PE est centrée sur la construction de cette couche fondationnelle, qui est essentielle pour faire évoluer l’adoption et soutenir la croissance à long terme du marché.» — Debarshi Bandyopadhyay, Director Blockchain/Crypto, KPMG Singapore. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
L’usage des stablecoins a connu un changement de nature substantiel. Historiquement concentré sur le trading crypto et la conservation de valeur sur des réseaux blockchain, l’usage des stablecoins s’est déplacé vers les paiements : transactions B2B, paiements transfrontaliers, remises de fonds. KPMG note que l’interopérabilité entre comptes bancaires et wallets numériques sera la prochaine étape de maturité de l’espace des actifs numériques — permettre des transferts fluides entre monnaies fiduciaires et stablecoins. La tokenisation des actifs sur les marchés de capitaux gagne également du terrain, particulièrement en ASPAC, où des banques régionales ont lancé des commodités tokenisées ou des notes structurées tokenisées. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
La France et l’EMEA dans le tableau mondial
L’EMEA représente un acteur notable dans le paysage mondial des actifs numériques du S1 2026, avec Morpho (175 millions, Paris) en tête des deals régionaux. La dynamique réglementaire MiCA a contribué à accélérer les demandes de licences par des acteurs cherchant à opérer légalement en Europe avant la fin de la période transitoire. La Banque d’Angleterre et la FCA ont également publié leur approche de supervision conjointe des émetteurs de stablecoins systémiques. Des préoccupations persistent cependant sur la gestion des différents traitements réglementaires des stablecoins et des actifs numériques selon les juridictions, et sur l’exposition des investisseurs qui en résulte. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
La question du CLARITY Act — le cadre américain de régulation des actifs numériques dont le vote au Sénat est prévu le 15 septembre — est explicitement mentionnée par KPMG comme un facteur dont l’issue pourrait avoir «un impact majeur sur les investissements, l’activité des deals, les exits et la performance post-IPO des sociétés axées sur les actifs numériques». Pour les acteurs fintech français et européens qui opèrent à l’intersection de MiCA et du marché américain, ce vote de septembre est un signal à surveiller au même titre que n’importe quelle décision de politique monétaire. (Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026.)
Source : KPMG Pulse of Fintech H1 2026 (données PitchBook au 30 juin 2026) — kpmg.com/xx/en/what-we-do/industries/financial-services/pulse-of-fintech.html
