Améliorer la gestion du BFR permettrait aux entreprises de générer une trésorerie additionnelle représentant 11% de leur chiffre d’affaires.
Dans son étude « Working Capital Survey 2013 », PwC montre que la performance BFR (Besoin en Fonds de Roulement, soit la trésorerie mobilisée par l’activité) des entreprises mondiales s’est dégradée de 2 % par rapport à l’année dernière. Seule exception, les sociétés européennes ont amélioré leur situation, démontrant une corrélation entre PIB et niveaux de BFR.
Selon l’étude, une gestion améliorée du BFR représenterait un gain de trésorerie potentiel de 11 % du chiffre d’affaires en moyenne par entreprise.
En France, même si les entreprises améliorent leur gestion du BFR, il reste de nombreuses marges de progrès. Les performances sont encore nettement inférieures à celles de leurs homologues américaines ou britanniques.
En France, les performances BFR des entreprises s’améliorent légèrement (2%). Le ratio BFR / chiffre d’affaires se situe en moyenne à 20 %, un niveau comparable à celui de la zone Allemagne-Suisse-Autriche, mais très supérieur à celui qu’on rencontre en Espagne, au Benelux, au Royaume-Uni ou aux Etats Unis.
Si l’on étudie le poste clients (DSO – délais de règlement clients), l’Espagne et le Portugal ont vu en 2012 leur performance s’améliorer significativement, ce qui les place maintenant à un niveau inférieur à celui des entreprises françaises. Concernant le critère des stocks (DIO – jours d’encours de stocks mobilisés par l’activité), la France se trouve plutôt dans la moyenne européenne, alors que sur la partie fournisseurs (DPO – délais de paiement fournisseurs), les entreprises françaises se sont stabilisées à une moyenne supérieure à 50 jours, bien loin encore des pratiques allemandes ou anglaises – légèrement supérieures à 30 jours.
Selon François Guilbaud, directeur PwC spécialiste du BFR, « Avec un financement par la dette toujours limité et des banques sous pression, il est probable que le financement externe restera difficile à obtenir dans un futur proche. Croissance molle et volatilité persisteront probablement dans les prochaines années, au moins en Europe. Ceci ne fait que renforcer le besoin de maintenir à un niveau élevé dans les priorités du management le focus sur le BFR, qui reste la source de trésorerie la plus économique. » Il ajoute : « Les sociétés qui ont mis en oeuvre des mesures épisodiques de type « fin de période » pour améliorer leur bilan doivent maintenant explorer de nouvelles pistes pour mettre en place des approches pérennes qui les rendront plus performantes et capables d’affronter l’incertitude permanente. »
Des différences sectorielles visibles
L’étude montre également que les niveaux de BFR les plus élevés se rencontrent dans les secteurs de la pharmacie et de l’industrie, en raison d’un haut niveau de stocks et de comptes clients, alors que de l’autre côté, commerce de détail (de manière non surprenante), télécoms et secteur pétrolier ont besoin de moins de financements en raison d’un niveau de BFR moins important. Si certains voient leurs performances s’améliorer encore (pétrole, télécoms), d’autres, a contrario, font moins bien sur la période (pharma, industrie, commerce de détail, …).
Méthodologie L’étude « Working Capital Survey 2013» analyse les comptes de 15 763 sociétés cotées dans le monde. Les secteurs des services financiers, de l’assurance et de l’immobilier sont exclus. Les ratios DS0, DPO et DIO sont rapportés aux ventes.
L’étude est disponible ci-dessous (PDF de 55 pages en anglais)
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