TBSO, l’écosystème IA et fintech d’Eric Larchevêque : « Je voulais vivre l’aventure boursière »

Le cofondateur de Ledger et Coinhouse lance sa première offre au public de 8 millions d’euros sur Euronext Paris pour accélérer le développement de son nouvel écosystème dédié aux entrepreneurs et investisseurs. 

Trente ans d’entrepreneuriat, une dizaine d’entreprises, dont Ledger et Coinhouse, valorisé respectivement à plus d’un milliard et 100 millions. Eric Larchevêque aurait pu se contenter de ce palmarès mais le serial entrepreneur a choisi de remettre le couvert avec un projet d’une nature inédite pour lui : une aventure boursière. 

Depuis le 27 mai 2026, TBSO a ouvert sa première offre au public sur Euronext Paris, avec l’ambition de lever jusqu’à 8 millions d’euros à un prix fixe de 2,70 euros par action. La période de souscription court jusqu’au 10 juin 2026. 

 

Eric Larchevêque

 

Qu’est-ce que TBSO ? 

TBSO combine intelligence artificielle et fintech, articulé autour de deux marques produits : SKL, destinée aux entrepreneurs, et NVST, destinée aux investisseurs particuliers, marque encore détenue par les fondateurs mais qui a vocation à rejoindre le Groupe TBSO. 

SKL fonctionne sur abonnement et donne accès à une communauté de chefs d’entreprise, des lives quotidiens animés par plus de 40 experts, des événements physiques et un copilote IA destiné à devenir une plateforme d’orchestration d’agents baptisée OPENSKL. NVST de son côté, accompagne les investisseurs particuliers sur des classes d’actifs alternatives comme le private equity, l’immobilier, les cryptomonnaies ou encore les actifs réels avec une plateforme multi-actifs en cours de développement, dont le lancement est prévu pour le premier semestre 2027. 

Lancé en décembre 2025 seulement, SKL revendiquait déjà 719 membres actifs à fin 2025, avec 2,4 millions d’euros facturés. NVST affichait pour sa part 3,6 millions d’euros de revenus facturés sur la même période. Au total, 4 millions d’euros de revenus sont d’ores et déjà sécurisés et seront reconnus en chiffre d’affaires en 2026. Donc 80% de l’objectif annuel fixé pour 2026, qui est de 5 millions d’euros, est déjà atteint.  

« L’aventure boursière, c’est le pinacle de l’aventure entrepreneuriale » 

Pour Eric Larchevêque, le choix de la cotation en bourse n’est pas anodin. « Je crois beaucoup au marché. Le fait d’être côté, on voit la réaction du marché immédiatement », explique-t-il. C’est une manière de rassembler dans un même endroit l’ensemble de ses activités d’accompagnement jusque-là dispersées. « L’idée, c’est de remettre sous l’enseigne TBSO l’ensemble des activités que j’ai pu avoir, pour pouvoir me focaliser sur cette entité et créer un maximum de valeur. » 

L’opération est sécurisée à hauteur de 75% par l’engagement de souscription irrévocable de la holding d’Eric Larchevêque, Quatre Vingt Dix, qui investira au minimum 3,8 millions d’euros, pouvant aller jusqu’à 6 millions. L’objectif affiché reste toutefois d’attirer 4,2 millions d’euros de souscripteurs externes pour porter le flottant jusqu’à 14%, contre 2,3% aujourd’hui. 

Une philosophie tournée vers la souveraineté individuelle 

Le positionnement de TBSO repose sur une conviction forte : dans un contexte d’instabilité géopolitique, d’essor de l’IA et d’incertitudes économiques croissantes, les gens ont besoin de reprendre en main leurs revenus, de protéger leur patrimoine. « C’est un message qui s’adresse à tous les individus, pas forcément des personnes averties », insiste Eric Larchevêque. En France, le marché cible représente plus de 5 millions de personnes dont 3,6 millions d’entrepreneurs et 2,5 millions d’épargnants, avant une expansion européenne visée à terme. 

Les deux populations, entrepreneurs et investisseurs, partagent selon lui des valeurs communes : « la responsabilité individuelle, la souveraineté, l’indépendance, reprendre un peu le contrôle. » Une cohérence qui selon lui, justifie de réunir SKL et NVST sous un même toit. 

Le pivot du Bitcoin Treasury : pragmatisme assumé 

Initialement, TBSO avait été pensé comme une Bitcoin Treasury Company, un modèle consistant à lever des fonds de manière perpétuelle pour investir en Bitcoin, sur le modèle de Strategy (ex-MicroStrategy) aux États-Unis. Ce projet a été abandonné. « Lorsqu’on a essayé de mettre en place cette stratégie début 2026, on s’est aperçu que le marché, en tout cas en Europe, n’était pas favorable », reconnaît Eric Larchevêque. 

Plutôt que d’attendre 12 à 18 mois un contexte plus favorable, l’entrepreneur a choisi d’accélérer sur les activités opérationnelles. « Il y a un momentum, une opportunité sur les technologies IA qu’on a développées. » Ses convictions sur le Bitcoin restent intactes, précise-t-il, et TBSO n’exclut pas d’y placer à terme ses excédents de trésorerie mais l’activité cœur restera désormais clairement opérationnelle. 

Des capitaux propres négatifs : comment l’expliquer ? 

Un chiffre interpelle dans le dossier : les capitaux propres de TBSO étaient négatifs à fin 2025. Un signal qui mérite d’être contextualisé. « C’est une année de césure technique », rassure Eric Larchevêque. TBSO n’a été opérationnel que sur le seul mois de décembre 2025, après la reprise d’une société déjà cotée sur Euronext, avec des coûts de structuration importants. Dès 2026, l’augmentation de capital et la reconnaissance des revenus déjà sécurisés doivent permettre de reconstituer les capitaux propres. 

 

 

Emma Dufétel

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