Royaltiz s’envisage comme le Nasdaq des talents ?

Le Groupe Manse, connu en France pour sa plateforme Royaltiz, vient d'annoncer que sa toute jeune filiale américaine, Manse USA LLC, venait de recevoir l'accord de la SEC (l'autorité des marchés américains), pour son Roy. Le Roy devient donc un produit financier, voué à être coté sur des bourses et donc distribuer via des sociétés financières "classiques".
Prévu depuis l'origine de la création de la société - Manse signifiant Mankind Stock Exchange- le modèle de la plateforme a donc quelque peu évolué au cours des derniers mois.
Le groupe Manse, est en parallèle au tout début de l'organisation de sa levée de fonds pour asseoir des ambitions.
Anne-Laure Allain

Nous avions quitté Royaltiz au moment de l’arrivée du chef étoilé Akrame Benallal, dans son univers de talents.
A ce moment de l’histoire (octobre 2023), la plateforme Royaltiz émettait des tokens dont la valeur était adossée à la performance de personnalités, calculée via un algorithme maison.

A l’époque, la plateforme accueillait 190 talents issus du monde du sport (Antoine Dupont), du showbiz (Cyril Hanouna) et donc de l’art culinaire. A partir de 2€, il était possible d’acheter un jeton dont le prix fluctuait en fonction de l’offre et de la demande sur la plateforme.
Et si le système existe toujours, il est, à l’aune de cet agrément de la SEC, sur le point de connaître, un véritable tournant, voire un demi tour afin d’atterrir sur, justement, le projet d’origine.
Celui imaginé en 2021 par ses co-fondateurs, Christophe Vattier (CEO) et Kevin Crouvizier (COO) qui ont d’ailleurs souhaité appelé leur entreprise Manse pour Mankind Stock Exchange.

"Nous avons toujours voulu faire une bourse permettant d’investir sur les talents humains comme on le fait pour d’autres actifs financiers. Or, les être humains ne peuvent pas être soumis à un droit de propriété. Et il est légalement interdit d’investir sur un actif qui n’est pas soumis à un droit de propriété. Entre 2021 et 2024, nous avions cet algorithme sur la performance. Depuis, nous avons mis en place un contrat de revenu sur 10 ans. Nous achetons donc un pourcentage des revenus d’un talent en misant sur ses performances dans 10 ans. Le Roy est adossé au % de ces revenus et de ses futures performances. Lorsque vous, vous achetez un Roy, vous achetez donc une séquence de flux sur des revenus calculés tous les ans. Vous prévoyez de ce fait que le talent sur lequel vous misez, performe dans les années à venir." relate Christophe Vattier, le CEO et co-fondateur du groupe Manse.

Depuis l’agrément de la SEC, le Roy via la qualification Reg A+, en particulier celui porté par les revenus du joueur de tennis australien, Nick Kyrgios, est donc devenu un produit financier aux Etats-Unis.
La prochaine étape consistera à introduire ce Roy sur une marché, à le coter, puis à la distribuer via des circuits dits classiques du monde de la finance, les banques, les CGP, les family offices, et les plateformes type Robinhood.
D’ici à la fin de cette année, la filiale américaine de Manse, souhaite obtenir les accords. de 10 à 30 talents, issus du sport mais aussi d’autres univers.

Alors quel intérêt aurait ces talents à faire partie de "l’écurie" ROY ou Manse en signant le contrat de revenu ?
"Vous avez deux profils. Il y a d’un côté, les personnalités très connues, déjà installées, pour qui le contrat de revenu est en quelque sorte une assurance. Imaginez un sportif de haut niveau. Il vend aujourd’hui un pourcentage de ce qu’il va gagner dans les 10 prochaines années. Si par un malheureux accident, sa carrière s’arrête, Il a touché de l’argent à la signature mais il ne devra un pourcentage que sur des revenus qui n’existent plus, donc il ne va rien redistribuer. Pour les jeunes talents, il s’agit d’une façon de lever des fonds pour financer leur progression et donc leur future carrière. Lorsque vous faites des saisons en F4 ou en F2 en rêvant à la F1 (sport automobile), cela peut vous coûter entre 300 000 et 3 millions par an. Céder un pourcentage de vos futurs revenus est une manière de financer votre progression."

Le Roy est devenu un utility adossé aux revenus des sportifs et des personnalités. Des personnalités que les équipes basées aux Etats-Unis sont aujourd’hui en charge de trouver.
"Notre déploiement de 2021 à 2024, nous a permis d’éprouver le modèle afin de le soumettre au régulateur. Avec cet agrément de la SEC, nous sommes arrivés à la fin de notre premier cycle. Une fois le Roy introduit en bourse aux Etats-unis et distribué sur les plateformes et via les acteurs classiques de la finance, nous ne serons plus sur les mêmes volumes."

Les équipes du groupe Manse travaillent avec le régulateur en France pour opérer le même schéma. Le reproduire en Europe. Et songent aussi à Dubaï où une filiale, pour l’instant plutôt inopérante, est déjà installée.
"Aujourd’hui comme nous ne sommes pas encore sous le même statut en France, les Roy ne sont disponibles que sur notre plateforme Royaltiz."
En parallèle, les idées ne manquent pas pour conquérir de nouveaux talents.
" Nous avons la course automobile en tête mais aussi le golf, le padel. Nous croyons beaucoup dans la gastronomie, les wine makers. Et aussi pourquoi ne pas regarder du côté de la télé réalité avec les gagnants des concours Top Chef ou bien The Voice."

La plateforme (Royaltiz) compte un peu plus de 220 talents (Vinicius Jr, Aurélien Tchouameni, Ollie Bearman, Antoine Dupont, Ciryl Gane et Daniil Medvedev, le chef étoilé Akrame Benallal ou encore l’animateur et producteur de télévision Cyril Hanouna).

Manse revendique 200 000 utilisateurs depuis les débuts de la plateforme Royaltiz pour 125 millions d’euros tradés depuis 2021.
Quant au chiffre d’affaires de l’entreprise, il est de 7,8 millions d’euros pour l’exercice 2023. Et si l’entreprise a été rapidement à l’équilibre, elle ne l’est plus en raison des investissements occasionnés par les efforts réglementaires. "Nous devrions revenir à l’équilibre sur l’exercice 2026" prédit de co-fondateur.

En attendant, après les présentations avec la SEC et les autorités des marchés en Europe, le groupe Manse entame un autre mini marathon, en entamant l’orchestration d’une levée de fonds. D’ici quelques mois, l’entreprise devrait accueillir des ou un fonds d’investissement qui devraient lui apporter quelques dizaines de millions. "80 % de cette levée devrait principalement servir à notre déploiement aux Etats-Unis."
Anne-Laure Allain

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A PROPOS DU GROUPE MANSE

La société MANSE INTERNATIONAL et sa plateforme royaltiz.com ont été créées en 2021 par Christophe Vattier (CEO) et Kevin Crouvizier (COO). Royaltiz est une solution vertueuse pour associer directement des femmes et hommes de talent à leurs communautés. Le ROY incarne une vision moderne et disruptive de l’engagement lié à la performance : « Buy is the new like » ! En offrant aux utilisateurs la possibilité d’investir dans la carrière d’un talent, Royaltiz place l’humain au centre de son modèle de succès : soutenir la carrière d’un talent, c’est croire en son potentiel.
Royaltiz

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