Régulation, développement durable et globalisation
18/06/2009

La seconde mondialisation, celle dans laquelle nous baignons et qui émerge dans la seconde moitié du XXe siècle avec Internet et des marchés financiers instantanés, représente tout à la fois un produit de la première et une rupture totale avec elle. Ce qui la caractérise au plus haut point, c’est une "chute", au sens biblique ou platonicien du terme. Le projet des Lumières "tombe" en effet dans une infrastructure, celle du capitalisme mondialisé, qui implique une compétition totale, parce que désormais ouverte sur le grand large. Chaque année, chaque mois, presque chaque jour, nos téléphones portables et nos ordinateurs évoluent. Les fonctions se multiplient, les écrans s’agrandissent, se colorent, les connexions avec le Net s’améliorent, etc. (…)
L’économie moderne fonctionne comme la sélection naturelle chez Darwin : chaque entreprise doit innover sans cesse pour s’adapter, mais le processus global que cette contrainte absolue produit est définalisé. C’est un "procès sans sujet", dépourvu de toute espèce d’idéal commun : qui serait assez stupide pour s’imaginer être plus libre et plus heureux parce qu’il achèterait le dernier modèle de téléphone ou d’ordinateur ? Personne, et pourtant nous l’achèterons. Tel est le monde que nous habitons désormais.
Ivan Tchotourian
Maître de conférences à l’Université de Nantes
Chercheur associé à la Chaire en droit des affaires et du commerce international (Canada)
droit-des-affaires.blogspot.com/
