Panorama de la fraude financière en France

Le nouveau Panorama Oneytrust dédiée à la fraude financière révèle que 46 % des fraudes avérées impliquent une identité comportant des éléments synthétiques.

Les services financiers font face à une mutation profonde des risques, portée par les paiements instantanés, la manipulation et la montée des identités synthétiques.

Derrière des indicateurs de fraude historiquement bas, le système financier français est confronté à une transformation profonde et souvent sous-estimée du risque. Moins visible, moins volumique, la fraude est désormais plus coûteuse, plus immédiate et irréversible. C’est le constat majeur du nouveau Panorama de la fraude en France dédié aux services financiers, dévoilé par Oneytrust, leader européen de la vérification d’identité digitale et de la lutte contre fraude. Ce panorama 2026 est réalisé à partir de données publiques françaises et européennes croisées avec des données Oneytrust et analyses issues d’usages réels.

Des taux de fraude historiquement bas, mais une exposition financière persistante
Selon l’Observatoire de la Sécurité des Moyens de Paiement (OSMP), les pertes totales liées à la fraude aux paiements atteignent 1,24 milliard d’euros en France en 2025, en hausse de 3,8 % sur un an, alors même que le nombre d’opérations frauduleuses recule de 8 %.

Dans le détail, la fraude par carte bancaire continue de reculer pour atteindre un nouveau plancher historique de 0,047 % en valeur, soit 47 euros de fraude pour 100 000 euros de paiements.

Cette amélioration des ratios masque toutefois une réalité plus structurelle : la fraude n’est plus une question de volumes, mais d’impact, chaque incident entraînant des pertes plus importantes et plus difficiles à récupérer.

Paiements instantanés : la compression du « time to intervene »
L’un des principaux moteurs de cette mutation est la diffusion rapide des paiements en temps réel. En France, 17 % des virements sont désormais instantanés et le montant des flux de virement instantané a doublé entre 2024 et 2025 (OSMP 2025), tandis que les portefeuilles mobiles représentent 19 % des paiements de proximité par carte.

À l’échelle européenne, les dernières données publiées conjointement par l’EBA et la BCE (décembre 2025) confirment l’ampleur du phénomène :

La fraude totale atteint 4,2 milliards d’euros en 2024, contre 3,5 milliards en 2023

La fraude sur les virements de compte à compte représente 2,5 milliards d’euros, en hausse de +24 % sur un an

Cette bascule se traduit par un écart spectaculaire dans les pertes unitaires : la perte moyenne s’élève à environ 80 euros pour une fraude carte, contre 2 252 euros pour une fraude par virement bancaire.

La fraude par manipulation devient centrale dans le paysage français
Une autre évolution majeure tient dans la montée en puissance de la fraude par manipulation (ex : escroqueries, usurpation d’identité, ingénierie sociale). Loin de se stabiliser, elle s’accélère : selon l’OSMP, elle atteint 516 millions d’euros en 2025, en hausse de plus d’un tiers sur un an, et représente désormais un peu plus de 40 % de la valeur totale de la fraude en France, contre 32 % en 2024. Sa part a doublé en quatre ans.

Ces fraudes reposent sur un même constat : les victimes s’authentifient volontairement, convaincues d’agir dans un cadre légitime. Les mécanismes de SCA ou de 3D Secure restent efficaces contre le vol d’identifiants, mais se révèlent inopérants face à la manipulation psychologique.

« La fraude moderne ne contourne plus les contrôles techniques : elle exploite la confiance et la psychologie. Authentifier un utilisateur ne revient plus à sécuriser la transaction » commente Laure Littler, PDG France de Oneytrust.

BNPL : une croissance rapide, mais une fraude qui progresse plus vite encore
Le Panorama met également en relief une divergence frappante sur les offres Buy Now Pay Later (BNPL). Sur un panel de grands e-commerçants français analysé par Oneytrust en 2025 :

Le taux d’acceptation des paiements par carte atteint 99,96 %, contre 96,16 % pour le BNPL

Le taux de fraude par carte reste limité à 0,05 %, tandis que le taux de fraude BNPL atteint 1,53 %, soit plus de 30 fois plus élevé

Le BNPL s’impose par ailleurs comme un canal de croissance majeur : sa part dans les transactions passe de 0,8 % à 2,25 % en nombre et de 2,25 % à 3,24 % en valeur entre 2024 et 2025, tout en devenant un foyer de risque croissant : la part du BNPL dans la fraude totale progresse de 3 points en nombre et de 2 points en valeur sur la même période

Identités synthétiques : un facteur présent dans près d’une fraude sur deux
Les identités synthétiques apparaissent comme le fil conducteur de cette nouvelle fraude. Les analyses de Oneytrust montrent que :

16 % des identités analysées présentent au moins un élément synthétique

46 % des fraudes avérées impliquent une identité comportant des éléments synthétiques

Ces profils passent généralement les contrôles initiaux, avant d’évoluer vers des scénarios de fraude différée, de mule bancaire ou de « bust-out ».

Une conclusion sans ambiguïté
Le Panorama de la fraude de Oneytrust démontre que la fraude en France n’est plus un sujet de conformité ponctuelle ni de simple sécurisation des paiements. Elle impose une lecture de bout en bout du parcours client, depuis l’onboarding jusqu’au remboursement, avec une surveillance continue de l’identité, du comportement et du contexte.

« Les institutions qui continuent de piloter la fraude par un indicateur unique s’exposent à des risques très différents sous des taux apparemment similaires. La fraude s’est déplacée vers les angles morts du parcours », conclut Laure Littler.

Méthodologie
Étude réalisée du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2025, sur 8,5 millions de clients et 6787 partenaires. 39,5 millions de transactions analysées. Données issues de la France. Les comparaisons entre 2024 et 2025 sont établies sur une période homogène, du 1er avril au 31 décembre de chaque année, portant sur 11,4 millions de clients, 8 827 partenaires et 55 millions de transactions analysées.

Données publiques utilisées : rapport 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France, septembre 2026) et rapport conjoint EBA-BCE sur la fraude aux paiements (décembre 2025).

À propos de Oneytrust
Oneytrust est un leader européen de la vérification d’identité digitale et de la lutte contre fraude. Sa technologie propriétaire combine intelligence artificielle, analyse comportementale et expertise humaine, permettant aux entreprises de sécuriser leurs parcours clients tout en garantissant fluidité et rapidité dans la validation des identités.

Oneytrust se distingue par son data consortium identitaire européen et sa capacité à détecter les fraudes complexes (identités synthétiques, usurpations, bots ou abus de retours), tout en assurant la conformité réglementaire et la protection des données personnelles. Présent dans le e-commerce, la banque et l’assurance depuis plus de 25 ans, Oneytrust accompagne ses clients dans la croissance de leur activité en toute confiance.

En savoir plus sur Finyear

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture