Opinion | Nicola Hamilton, GoCardless “Facturation électronique et automatisation des paiements : un duo gagnant pour la trésorerie des entreprises”

 

Alors que les entreprises françaises affrontent un contexte économique tendu, la maîtrise de la trésorerie demeure un enjeu vital. Le premier trimestre 2025 a vu 17845 entreprises tomber en défaillance¹, confirmant une situation encore instable malgré quelques signaux d’amélioration. Dans ce climat incertain, la réforme de la facturation électronique, couplée à l’automatisation des paiements, offre aux entreprises un levier concret pour renforcer leur résilience financière. En simplifiant les flux administratifs et en améliorant la prévisibilité des encaissements, tous deux peuvent contribuer à réduire les retards de paiement, optimiser le cash flow et prévenir les tensions de trésorerie – des facteurs souvent à l’origine des défaillances. Les entreprises peuvent ainsi non seulement se conformer aux nouvelles obligations, mais également améliorer leur efficacité et leur prévisibilité financière.

 

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Nicola Hamilton, VP Corporate Communications, GoCardless

 

Facturation électronique obligatoire : un tournant structurel pour toutes les entreprises

La généralisation de la facturation électronique s’inscrit dans le cadre de l’ordonnance n° 2021-1190 du 15 septembre 2021, avec une entrée en vigueur progressive à partir de 2026, selon la taille des entreprises. Cette réforme vise à rendre obligatoire l’émission et la réception de factures électroniques pour toutes les opérations interentreprises (B2B) assujetties à la TVA. Parmi ses objectifs : lutter contre la fraude à la TVA – rappelons que le manque à gagner de TVA dû à la sous-déclaration des entreprises serait compris dans une fourchette de 6 à 10 Md€ par an² -, améliorer la compétitivité des organisations et moderniser les processus administratifs.

Avec cette réforme, toutes les entreprises devront désormais émettre, transmettre et recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée (publique ou privée). Elles devront par ailleurs respecter un format structurant standardisé (UBL, CII, Factur-X) pour assurer l’interopérabilité entre les différents systèmes. Enfin, elles seront tenues de déclarer certaines données de transaction à l’administration fiscale (e-reporting), notamment pour les transactions B2C et internationales. Cette évolution est loin d’être anodine. Selon une étude de juin 2024³, près d’une facture sur deux est aujourd’hui encore difficile à traiter, et 41 % des dirigeants y consacrent du temps chaque semaine.

Quand la facture et le paiement s’alignent : gains de temps, d’efficacité et de trésorerie

La combinaison de la facturation électronique et de l’automatisation des paiements constitue un accélérateur de performance opérationnelle. On estime que les TPE/PME européennes pourraient économiser jusqu’à 13500 € par an en digitalisant leurs processus de facturation³, économie à laquelle s’ajoutent celles possibles au titre de l’automatisation de leurs paiements.

Cette combinaison permet tout d’abord une numérisation des flux financiers : l’automatisation des factures associe directement chaque paiement à une facture émise, ce qui réduit le besoin de rapprochements comptables manuels, limite les erreurs de saisie et améliore la visibilité sur les encaissements. Autre bénéfice, la réduction des délais de paiement : les entreprises éviteront les retards de paiement grâce à des processus de validation et d’encaissement plus rapides, car les factures seront transmises et traitées en temps réel. Rappelons qu’en France, le délai de paiement moyen s’est allongé en 2024 passant à 51 jours contre 48,2 jours en 2023⁴. Aussi, les organisations peuvent attendre de ce combo une meilleure gestion de leur cash flow : en synchronisant automatiquement les paiements avec la facturation électronique, elles disposent d’une meilleure visibilité sur les flux futurs et peuvent anticiper leurs besoins de liquidité. Les paiements bancaires automatisés, et notamment les prélèvements, constituent à ce titre une solution particulièrement efficace. En autorisant un encaissement direct à la date prévue, ils permettent aux entreprises de reprendre le contrôle sur le moment et la manière dont elles sont payées et garantissent une meilleure régularité des flux de trésorerie. Autre avantage, la réduction des risques d’erreurs et d’impayés : les paiements automatisés limitent les erreurs humaines et certains acteurs de la filière proposent également des solutions de relances systématiques en cas de retard de paiement ainsi que de gestion des échecs de paiement qui limitent les pertes financières. Une « bonne nouvelle » alors qu’en France, en 2024, près de 25 % des défaillances d’entreprise sont encore dues à des retards ou défauts de paiement⁵. Enfin, les entreprises ont tout à gagner de l’interopérabilité avec les solutions de paiement : de nombreux outils de facturation électronique s’intègrent désormais avec des systèmes de paiement pour automatiser le cycle de facturation et de recouvrement, garantissant un encaissement fluide et conforme aux nouvelles obligations réglementaires. Selon certaines entreprises, aujourd’hui ces opérations de facturation et de rapprochement se font quasiment toutes seules, et elles ne consacrent plus qu’une journée par mois à la

facturation des clients, au lieu de trois auparavant. Elles peuvent ainsi augmenter leurs revenus, réduire leurs coûts administratifs et améliorer leurs marges⁶.

 

L’open banking comme vecteur d’innovation

L’essor de nouveaux moyens de paiement comme ceux basés sur l’open banking, qui proposent de transférer de l’argent directement d’un compte bancaire à l’autre (Pay-by-Bank), constituent également une voie à explorer dans ce combo facturation électronique/paiements automatisés tant ils font levier sur la sécurisation des transactions tout en réduisant leur complexité et les efforts manuels. En facilitant l’accès sécurisé aux données bancaires des clients, l’open banking renforce en effet la fiabilité des paiements et permet une réconciliation comptable automatique. En parallèle, les paiements instantanés qui permettent de transférer des fonds en euros en moins de 10 secondes au bénéficiaire du paiement, via un service disponible 24/24 et 7/7 représentent eux aussi un vecteur d’innovation prometteur pour raccourcir les délais d’encaissement.

La facturation électronique, associée à l’automatisation des paiements et aux innovations issues de l’open banking, constitue bien plus qu’une obligation réglementaire : c’est un véritable moteur de transformation. En misant sur ces outils, les entreprises peuvent gagner en visibilité, sécuriser leur trésorerie et renforcer leur résilience face aux aléas économiques.

 

¹,Selon l’étude Altares Défaillances et sauvegardes d’entreprises du 1er trimestre 2025
²,Selon une analyse de la DGFiP de septembre 2024
³, Selon une étude Sage, juin 202
⁴ Selon une étude de la COFACE
⁵ Selon une étude de la Banque de France
⁶ Cas client GoCardless

 

 

Nicola Hamilton, VP Corporate Communications chez GoCardless

Nicola dirige la communication corporate de GoCardless, la société de paiement bancaire, en renforçant la marque et la réputation de l’entreprise dans le domaine en pleine croissance des paiements et de l’Open Banking. Experte chevronnée du marketing technologique B2B, elle a occupé des postes de direction chez Finastra, Sophis, Financial Objects et Tibco Software, et a également travaillé en agence sur des comptes tels que Microsoft et Hewlett-Packard.

A propos de gocardless

GoCardless est une société mondiale de paiement bancaire. Près de 100 000 entreprises, des start-ups aux grands comptes, utilisent GoCardless pour collecter et envoyer des paiements par le biais du prélèvement automatique, des paiements en temps réel et de l’open banking.GoCardless traite plus de 130 milliards de dollars de paiements par an dans plus de 30 pays, aidant les clients à collecter et à envoyer des paiements récurrents et ponctuels, sans tracas, stress ou frais coûteux. Nous utilisons des données et des informations pour améliorer le taux de succès des paiements, réduire la fraude et, avec une connectivité bancaire ouverte à plus de 2 500 banques, pour aider nos clients à prendre des décisions plus rapides et plus éclairées.

Notre siège social se trouve au Royaume-Uni et nous avons des bureaux en Australie, en France, en Irlande, en Lettonie et aux États-Unis.

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