Opinion | Lale Akoner, eToro « Accalmie sous tension »

Les marchés ont soufflé un peu la semaine dernière. Les informations selon lesquelles le détroit d’Ormuz allait être rouvert ont fait nettement reculer le pétrole, le Brent revenant vers, voire légèrement sous, les 90 dollars (même si les dernières nouvelles laissent penser que la situation dans la région reste volatile).

 

Lale Akoner, analyste de marchés chez eToro

 

Le vrai sujet, ce sont les stocks

Même si les flux reprennent, nous ne partons pas d’une situation confortable.

Les perturbations récentes ont déjà entamé les stocks.
Les cargaisons expédiées avant le conflit ont, dans l’ensemble, déjà été écoulées.
L’offre de remplacement n’est pas encore pleinement arrivée.
Les marchés financiers s’ajustent vite. Malheureusement, l’approvisionnement physique, lui, ne suit pas le même rythme.

Même dans un scénario de réouverture sans accroc :

  • il faut plusieurs semaines pour que la production remonte ;
  • il en faut davantage pour que le trafic des tankers se normalise ;
  • et encore plus pour reconstituer les stocks.

Autrement dit, les prix peuvent baisser rapidement, mais les tensions sur l’offre peuvent perdurer.

Au pic de la perturbation, le marché mondial faisait face à un déficit effectif d’environ 15 à 16 millions de barils par jour, ce qui représente un manque colossal.

Si les perturbations persistent :

  • les stocks pourraient se rapprocher de leurs niveaux opérationnels minimums ;
  • les prix repartiraient probablement fortement à la hausse ;
  • la destruction de la demande deviendrait alors le principal mécanisme d’ajustement.

Les États-Unis sont relativement mieux protégés, mais l’Europe et l’Asie sont davantage exposées.

Conclusion d’investissement : les risques de court terme se sont atténués, avec un recul du pétrole et des données de croissance qui tiennent bon, ce qui soutient un environnement plutôt favorable aux actifs risqués. Pour que l’expansion actuelle reste sur les rails, il faudra surtout une stabilisation des prix de l’énergie, plus qu’une nouvelle baisse. L’attention des marchés se porte désormais sur un point clé : l’amélioration du sentiment sera-t-elle confirmée par les données, en particulier du côté de la consommation et de la dynamique des services ?

Synthèse des conférences de résultats T1 2026 des banques : l’essentiel à retenir

Nous avons passé en revue les conférences de résultats du T1 2026 de Goldman SachsJPMorganCitiBank of AmericaMorgan StanleyWells FargoPNCM&T et BlackRock.

En prenant du recul par rapport au bruit ambiant, le message est assez clair : le système résiste mieux que ne le laisse penser le sentiment de marché. L’activité reste solide, la qualité du crédit demeure bonne, et plusieurs moteurs clés des résultats se sont discrètement améliorés. C’est précisément dans cet écart entre des données résilientes et des anticipations prudentes que se situe l’opportunité.

L’économie paraît plus faible dans les enquêtes que dans la réalité
Chez JPMorganBank of AmericaGoldman Sachs et Wells Fargo, le constat est cohérent : les clients restent actifs.

Les dépenses, l’emprunt et les pipelines de transactions ne se comportent pas comme si une récession était imminente. Bank of America l’a particulièrement bien résumé : il existe un décalage croissant entre des indicateurs de confiance faibles et une activité transactionnelle qui reste résiliente.

Conclusion d’investissement : c’est important, car les marchés tradent avant tout des récits. Les banques, elles, opèrent sur des flux réels. À court terme, le risque baissier sur les résultats lié à un choc macroéconomique semble donc encore limité.

Crédit privé : contenu, mais pas anodin

Le marché a tendance à présenter le crédit privé soit comme un non-sujet, soit comme un risque systémique. La réalité se situe entre les deux.

Les banques se montrent globalement sereines sur leur exposition, qui est le plus souvent senior, structurée et fondée sur la relation client. En revanche, elles sont plus prudentes sur l’écosystème dans son ensemble, où les standards de souscription sont moins homogènes.

Le risque tient moins à des pertes directes pour les banques qu’à des effets de second tour : liquidité, sentiment de marché et dynamique de refinancement.

La réglementation passe d’un frein à un soutien

L’un des développements les plus sous-estimés est l’évolution du cadre réglementaire.

Les ajustements potentiels de Bâle III et des cadres de capital vont plutôt dans un sens favorable, avec des implications possibles en matière de :

  • baisse des exigences en capital ;
  • hausse des rachats d’actions ;
  • amélioration du rendement des fonds propres.

Conclusion d’investissement : un allègement des contraintes de capital pourrait devenir un levier significatif de progression des résultats à moyen terme, en particulier pour les modèles de bilan les moins risqués.

Le crédit reste sain, mais les risques s’accumulent sous la surface

À ce stade, les indicateurs de crédit restent, dans l’ensemble, très solides :

  • faibles charges sur créances ;
  •  provisions stables ;
  •  peu de signes de tension.

Mais les équipes dirigeantes convergent de plus en plus sur un risque à moyen terme : le prochain cycle du crédit pourrait être plus brutal que ne l’anticipe le consensus.

Les principaux facteurs sont :

  • des taux durablement élevés ;
  • des pressions de refinancement ;
  • certaines poches de souscription plus laxiste, notamment dans le crédit privé.

Conclusion d’investissement : le crédit n’est pas un sujet de résultats aujourd’hui, mais c’est la variable clé pour 2026-2027.

La qualité des revenus s’améliore, mais de façon inégale

Le revenu net d’intérêt reste un soutien, mais ses moteurs ont évolué. Il dépend désormais davantage de la composition des actifs, du repricing et du redéploiement des bilans que de la seule direction des taux.

Le point essentiel est que toutes les banques ne sont pas positionnées de la même façon. Les établissements aux sources de revenus diversifiées captent davantage de potentiel haussier.

Conclusion d’investissement : nous sommes dans un marché de sélection de titres, pas dans un simple pari sectoriel généralisé.

La croissance des prêts a amorcé un tournant

L’un des changements les plus importants de ce trimestre est que la croissance des prêts n’est plus simplement théorique.

  • expansion généralisée chez Bank of America ;
  •  forte croissance tirée par la clientèle chez Wells Fargo ;
  • plus haut de trois ans sur le crédit organique chez PNC.

Point crucial : les standards de souscription restent disciplinés.

Conclusion d’investissement : si la croissance des prêts se maintient sans compression des marges, le secteur entre dans une phase positive de levier opérationnel, ce qui plaide pour des révisions haussières des résultats.

Principaux enseignements d’investissement

  1. Privilégier les franchises diversifiées : les banques exposées à la fois aux commissions, aux marchés et à la gestion de fortune, en plus du crédit, sont mieux armées pour naviguer dans un environnement mêlant résilience et volatilité.
  2. Surveiller la croissance des prêts comme signal clé : une progression durable et généralisée du crédit confirmerait un cycle haussier solide des résultats.
  3. Considérer le crédit comme un risque retardé, pas comme un problème immédiat : les marchés intègrent peut-être trop tôt un ralentissement qui n’apparaît pas encore dans les données.
  4. Se concentrer sur la qualité du financement, pas seulement sur la croissance : la composition des dépôts et la profondeur de la relation client feront de plus en plus la différence entre les gagnants et les retardataires.
  5. Ne pas négliger l’optionnalité sur le capital : un assouplissement réglementaire pourrait libérer un surcroît de rendement via les rachats d’actions et une gestion plus efficace du bilan.

 

Troisième semaine consécutive de hausse : l’ETF bancaire se rapproche de son record

Le SPDR S&P Bank ETF (KBE) a prolongé son rebond la semaine dernière, signant une troisième semaine consécutive de progression. Il a encore gagné 2,8 % pour atteindre 65,50 dollars. L’écart avec son record de février, à 67,60 dollars, est ainsi retombé à moins de 5 %. Le retournement observé ces dernières semaines suggère, dans une perspective plus large, le début d’une nouvelle impulsion haussière après une correction plus marquée.

D’un point de vue technique, l’attention se porte désormais sur une possible cassure par le haut, qui viendrait confirmer la tendance haussière de long terme. Par le passé, ce type de franchissement a souvent été suivi de mouvements de 10 % ou davantage (voir rectangles bleus), ce qui laisse entrevoir un potentiel vers la zone des 74 dollars. En cas de repli à court terme, la moyenne mobile à 20 semaines, située à 61,10 dollars, ainsi que le point bas de mars à 56,80 dollars, devraient constituer des niveaux de support clés.

KBE, graphique hebdomadaire. Source : eToro

 

Action Tesla en net rebond : un vrai point d’inflexion ?

Le titre Tesla a fortement rebondi la semaine dernière, avec une hausse de 14,8 %, pour clôturer à 400,60 dollars — sa plus forte progression hebdomadaire depuis près d’un an. D’un point de vue technique, le signal est notable. L’ancienne zone de résistance située entre 340 et 350 dollars (formée entre mai et septembre 2025) a cette fois joué son rôle de support et servi de point d’appui à la reprise. Par ailleurs, le sommet d’il y a deux semaines à 367,80 dollars, ainsi que la moyenne mobile à 20 semaines à 397,50 dollars, ont été franchis à la hausse.

Cela peut indiquer un possible retournement de tendance à moyen terme. Reste à savoir si ce mouvement s’inscrira dans la durée et si le titre pourra poursuivre sa progression vers son record de décembre à 498 dollars, ou s’il cédera d’abord une partie de ses gains récents. Tout dépendra en grande partie des résultats trimestriels attendus mercredi. Les perspectives seront déterminantes, notamment en ce qui concerne l’impact du conflit avec l’Iran et du maintien de prix du pétrole durablement élevés.

Tesla, graphique hebdomadaire. Source : eToro

Crypto : squeeze sans véritable prolongement

Le marché a amorcé le mouvement, mais ne l’a pas encore mené à son terme. Le rallye de vendredi a davantage répondu à une logique mécanique qu’à un changement de fond : un positionnement vendeur extrême, un catalyseur externe et une cassure technique qui a provoqué des liquidations massives. Près de 600 millions de dollars de positions short ont été effacés, mais le marché n’a pas été pour autant totalement purgé.

Depuis, les prix ont perdu en continuité. Non pas faute de demande, mais parce que l’environnement macro-géopolitique a repris le dessus. La géopolitique a réintroduit une dimension binaire qui relègue au second plan toute narration purement dictée par le marché. Dans ce régime, les actifs n’anticipent plus : ils réagissent.

Cela dit, certains signaux méritent qu’on s’y attarde. Les flux institutionnels ont joué un rôle décisif dans ce type de phase, comme en témoignent les ETF, qui ont enregistré près d’un milliard de dollars d’entrées hebdomadaires. Un tel niveau d’absorption confirme qu’il existe une demande réelle sur les replis et dans les épisodes de stress. En revanche, elle n’est pas encore suffisamment régulière ni assez agressive pour soutenir une véritable cassure haussière.

Parallèlement, des tensions internes commencent à apparaître. Dans la zone des 76 500 à 76 800 dollars, les données on-chain montrent une distribution de la part des détenteurs de long terme. La hausse des dépôts sur les plateformes d’échange suggère qu’une partie du marché profite de la liquidité générée par le squeeze pour déboucler ses positions à l’équilibre. En somme, on est face à un marché en équilibre instable : la demande institutionnelle absorbe, mais l’offre structurelle continue de plafonner le mouvement.

Le positionnement reste l’élément clé. Le déséquilibre qui a déclenché le mouvement n’a pas disparu. Il subsiste encore des positions short susceptibles d’alimenter une deuxième jambe de hausse si le contexte s’y prête. Mais ce “si” ne dépend plus vraiment du marché lui-même.

De son côté, l’Ethereum commence à montrer des signes de force relative. Ce n’est pas encore un changement de régime, mais c’est un premier signal. La thématique — tokenisation, infrastructure de règlement — reste intacte, même si les prix ne la reflètent pas encore. L’opportunité demeure donc un thème de long terme, davantage qu’un trade de court terme.

À propos d’eToro

eToro est un réseau d’investissement social qui permet à ses utilisateurs d’accroître leurs connaissances et leurs ressources en faisant partie d’une communauté mondiale d’investisseurs. eToro a été fondé en 2007 avec la vision d’ouvrir les marchés mondiaux afin que chacun puisse négocier et investir de manière simple et transparente. Aujourd’hui, eToro est une communauté mondiale de plus de 30 millions d’utilisateurs enregistrés qui partagent leurs stratégies d’investissement ; et chacun peut suivre les approches de ceux qui ont le mieux réussi. Grâce à la simplicité de la plateforme, les utilisateurs peuvent facilement acheter, conserver et vendre des actifs, surveiller leur portefeuille en temps réel et effectuer des transactions quand ils le souhaitent.

Lire aussi sur eToro

————————————————————————-
The text above is a press release that was not written by Finyear.com.
Even if it has been selected by the editorial staff, who have judged that its content may constitute total or partial information to be submitted to readers, only the issuer of this press release or Opinion is responsible for its content.
Avertissement : Le texte ci-dessus est un communiqué de presse qui n’a pas été rédigée par Finyear.com.
Même s’il a fait l’objet d’une sélection par la rédaction qui a jugé que son contenu pouvait relever d’une information totale ou partielle à soumettre aux lecteurs, seul l’émetteur de ce communiqué de presse ou Opinion est responsable de son contenu.
————————————————————————-
Les avis financiers et/ou économiques présentés par les contributeurs de Finyear.com (experts, avocats, observateurs, bloggers, etc…) sont les leurs et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de faire une mise à jour des contenus. Les articles présentés ne constituent en rien une invitation à réaliser un quelconque investissement. Tout investissement comporte des risques de pertes partielles ou totales en capital. La rédaction décline toute responsabilité.
The financial and/or economic opinions presented by Finyear.com contributors (experts, lawyers, observers, bloggers, etc.) are their own and may change without the need to update the content. The articles presented do not constitute an invitation to make any investment. All investments entail the risk of partial or total capital loss. The editorial team declines all responsibility.

En savoir plus sur Finyear

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture