Opinion | Houssem Assadi, Market Pay « L’ouverture du NFC sur iOS : un tournant stratégique pour les wallets en Europe »

Jusqu’alors, l’écosystème des paiements mobiles en Europe s’est structuré autour de deux acteurs. D’un côté, les banques et les émetteurs (incluant les Fintechs, les émetteurs de titres spéciaux, etc.), détenteurs de la relation client et de l’infrastructure financière. De l’autre, les grandes plateformes technologiques, qui contrôlent l’expérience utilisateur sur les terminaux mobiles. Dans cet environnement, les wallets des émetteurs ont souvent été relégués au second plan, tandis que les solutions intégrées des géants technologiques s’imposaient comme point d’entrée privilégié pour les paiements mobiles.

 

Houssem Assadi, Directeur général institutions financières de Market Pay

 

Cette situation évolue. L’ouverture progressive de l’accès aux fonctionnalités NFC sur iOS, notamment via la technologie Host Card Emulation (HCE) dans l’Union Européenne, marque un tournant important pour l’industrie des paiements. Elle ouvre la voie à une nouvelle génération de wallets émetteurs capables d’intégrer directement le paiement sans contact dans les applications bancaires. Pour les banques, l’enjeu dépasse la simple capacité technique à effectuer un paiement mobile. La stratégie dite du « Top of Wallet » consiste à faire en sorte qu’une carte ou un moyen de paiement soit celui utilisé par défaut par le consommateur. Jusqu’à présent, cette bataille se jouait principalement au sein d’environnements contrôlés par des plateformes tierces contrôlées par des GAFAM, dans lesquels les banques disposaient d’une marge de manœuvre limitée pour différencier leur proposition de valeur.

L’évolution actuelle change profondément la donne. En intégrant les capacités de paiement directement dans leurs propres applications, les émetteurs peuvent reprendre la main sur l’expérience utilisateur. Le paiement devient alors une composante intégrée d’un parcours plus large, combinant services bancaires, programmes de fidélité, offres personnalisées et interactions digitales avec le client. Cette réintégration du paiement dans l’écosystème bancaire ouvre la voie à une relation client plus riche et plus directe.

Elle présente également un intérêt économique. Dans un modèle où l’expérience de paiement est portée par une application bancaire, les émetteurs conservent l’intégralité de la valeur associée aux transactions, notamment les revenus liés aux commissions d’interchange. À l’heure où les marges dans les services financiers sont sous pression, capter davantage de valeur grâce au paiement est un levier bienvenu.

Toutefois, cette évolution ne se limite pas à une question d’interface ou d’expérience client. Elle pose également des défis techniques majeurs. Le passage d’un modèle reposant sur l’élément de sécurité matériel du terminal à une architecture basée sur une technologie logicielle (Host Card Emulation) implique que la sécurité logicielle atteigne un niveau d’exigence équivalent à celui des infrastructures matérielles traditionnelles.

La confiance dans ces nouveaux modèles repose en grande partie sur la capacité des acteurs à s’appuyer sur des standards et des certifications reconnus à l’échelle internationale. Dans l’industrie des paiements, ces référentiels jouent un rôle central pour garantir l’interopérabilité, la sécurité et l’acceptation des solutions sur l’ensemble des réseaux de paiement. La convergence entre standards internationaux et standards domestiques devient ainsi un facteur clé. Elle permet d’assurer que les innovations technologiques puissent être déployées à grande échelle tout en respectant les exigences spécifiques des réseaux nationaux et des régulateurs.

Ainsi, l’émergence de solutions certifiées permettant aux banques de déployer rapidement des wallets émetteurs sur iOS pourrait accélérer la transformation du marché. Pour les institutions financières européennes, l’enjeu est de profiter de cette ouverture technologique pour renforcer leur souveraineté sur l’expérience de paiement. Pour les banques et les émetteurs, comme pour les fournisseurs de technologies de paiement, l’opportunité est considérable : transformer l’application bancaire en véritable plateforme de services et redonner au paiement mobile une dimension stratégique au cœur de la relation client.

Houssem Assadi

Houssem Assadi est directeur général institutions financières de Market Pay. Il était auparavant PDG de dejamobile, une Fintech française créée en 2012 et acquise par Market Pay en 2021. Dejamobile est devenu l’un des principaux fournisseurs de solutions en marque blanche pour les paiements numériques en Europe. Avant de fonder dejamobile, Houssem a travaillé pour Orange et a été directeur du laboratoire Orange « sécurité et transactions de confiance » de 2005 à 2012. Son équipe a livré plusieurs projets portant sur la NFC, les paiements mobiles et la sécurité des réseaux, des plateformes et des terminaux. Houssem est diplômé de l’ENSTA – ParisTech et titulaire d’un doctorat en informatique de l’Université Paris 6. Il a commencé sa carrière à la division R&D d’Electricité de France, sur des projets d’intelligence artificielle. Il a ensuite rejoint le département informatique de la Bibliothèque nationale de France, où il a travaillé sur de grands projets de développement de logiciels, avant de rejoindre la division R&D de France Telecom / Orange pour être en charge de projets portant sur la connaissance des clients et des usages.

 

 

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