Opinion | Fidel Martin, Exoe « Quand la Bourse devient un hochet politique »

Il fut un temps où la Bourse sanctionnait les faits.
Aujourd’hui, elle réagit aux humeurs.

En mars 2026, il a suffi d’un message posté à l’aube par Donald Trump pour faire basculer les marchés mondiaux. En quelques minutes, les indices sont passés du rouge au vert, le pétrole a décroché brutalement, les investisseurs ont changé de cap, non pas sur la base d’une donnée économique, mais d’un simple revirement politique.

Ce n’est plus de la volatilité. C’est de la manipulation.

 

Fidel Martin, Président d’Exoé

 

Le marché sous influence

Ce que nous observons aujourd’hui n’est pas une crise classique. C’est une dérive structurelle.

Les marchés financiers, censés refléter la réalité économique, deviennent le théâtre d’une dramaturgie politique permanente. Une déclaration martiale fait flamber le baril. Une volte-face le fait chuter. Entre les deux, des milliards s’évaporent… ou s’accumulent.

Lors de la récente escalade autour du détroit d’Ormuz, où transite près de 25 %1 du pétrole mondial, la moindre tension a suffi à déclencher des hausses de prix à deux chiffres et une instabilité globale.

Puis, en quelques heures, un simple report d’opération militaire a suffi à faire replonger brutalement les cours.

Depuis quand les fondamentaux économiques tiennent-ils en 280 caractères ?

Le retour des initiés… version XXL

Soyons lucides : cette imprévisibilité n’est pas neutre.

Dans un monde où l’information circule à la milliseconde, chaque prise de parole politique devient un signal de marché. Et dans cet environnement, certains acteurs, mieux informés, mieux équipés, tirent parti de ces secousses.
On appelle cela de la volatilité.
Mais à ce niveau, cela ressemble davantage à un terrain de jeu pour initiés.

Lorsque les décisions publiques deviennent erratiques, lorsqu’elles oscillent entre menace et recul stratégique, elles créent un terrain propice à toutes les spéculations. Et la frontière entre influence politique et manipulation de marché devient dangereusement floue.

Une économie sous adrénaline permanente

Le problème n’est pas seulement financier. Il est systémique.

Car derrière ces montagnes russes boursières, ce sont des économies entières qui vacillent :

  • Inflation alimentée par les chocs énergétiques,
  • Entreprises incapables d’anticiper leurs coûts,
  • Investisseurs tétanisés par l’imprévisibilité,
  • États contraints de réagir dans l’urgence.

Même Wall Street commence à douter. Les indices américains ont récemment enchaîné plusieurs semaines de baisse, signe d’une perte de confiance face à une instabilité devenue chronique.

Quand la confiance disparaît, le marché ne corrige plus : il décroche.

Reprendre le contrôle

Il est temps de poser une question simple : qui gouverne encore les marchés ?

Une économie mondiale ne peut pas être pilotée à coups de déclarations impulsives, de menaces géopolitiques et de retournements spectaculaires.
La finance a besoin de lisibilité. Les entreprises ont besoin de stabilité. Les citoyens ont besoin de prévisibilité.

Ce que nous vivons aujourd’hui est l’exact inverse.

La responsabilité politique

Les dirigeants ne peuvent plus ignorer l’impact direct de leurs paroles sur les marchés. Communiquer, ce n’est pas jouer. Décider, ce n’est pas improviser.

À force de transformer la géopolitique en spectacle et la stratégie économique en coups de poker, certains responsables politiques fragilisent bien plus que les marchés : ils sapent la confiance même qui fonde nos économies.

La Bourse n’est pas un jouet

La finance mondiale n’est pas un casino.
Elle est le reflet, ou devrait l’être, de la valeur créée, du travail, de l’innovation.
La transformer en terrain d’expérimentation politique, c’est prendre le risque de déclencher une crise dont personne ne maîtrisera l’issue.
Et cette fois, il ne suffira pas d’un tweet pour la réparer.

 

À propos d’Exoé

Fondée en 2006, agrée par l’ACPR (CIB 17873) et régulé par l’AMF, Exoé propose une table de négociation experte pour les professionnels de la gestion d’actifs. Forte d’une équipe de 15 personnes, la société offre un service d’externalisation technologique, réglementaire et humain pour l’exécution des ordres des sociétés de gestion.

 

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