Opinion | Aude Vicaire, Market Pay Tech “Industrie des paiements : ce que 2026 laisse entrevoir…”

L’industrie du paiement s’apprête à vivre une année 2026 encore une fois très dynamique, sous l’effet combiné de la régulation européenne, de l’innovation technologique et d’une transformation profonde des usages. Voici cinq tendances majeures à surveiller.
Par Aude Vicaire, DG de Market Pay Tech.

 

Aude Vicaire, Directrice Général de Market Pay Tech

 

Wero, pierre angulaire du futur espace de paiement européen ?

Le projet Wero porte l’ambition d’offrir une alternative européenne crédible face aux wallets dominants. En facilitant les paiements instantanés, en réduisant la dépendance aux acteurs non européens et en créant un parcours intégré pour les consommateurs, Wero pourrait devenir un standard d’usage dans l’e-commerce comme dans le paiement de proximité. Avec 45 millions de clients ayant déjà utilisé l’application et 50 millions d’opérations pour un volume total de 3 milliards d’euros sur 12 mois, les débuts de Wero sont prometteurs. Sa réussite complète dépendra toutefois de la qualité de l’expérience afin d’étendre encore son adoption par les utilisateurs et de sa capacité à cohabiter avec les solutions existantes sans ajouter de friction.

 

L’euro numérique : objectif 2027

À cette dynamique de souveraineté s’ajoute un chantier plus vaste encore : celui de l’euro numérique, dont les contours se précisent mais dont les modèles d’intermédiation restent largement débattus. Si le secteur bancaire émet des doutes sur son utilité et relève son coût, cette future monnaie digitale pourrait, à terme, s’utiliser dans le commerce du quotidien. Pour les prestataires de paiement, l’enjeu sera d’anticiper les impacts sur la distribution, la sécurité, la gestion des identités et la stabilité opérationnelle. Parallèlement, la montée des stablecoins, désormais encadrés par le réglement MiCA, ajoute une couche de complexité et de concurrence. Leur usage commercial reste limité aujourd’hui, mais leur potentiel dans le paiement transfrontalier, la réduction des coûts et l’automatisation des flux est réel.

 

L’ubérisation du paiement

En parallèle, une autre révolution se prépare : l’avènement du commerce agentique. L’achat n’est plus uniquement initié par un consommateur, mais sera de plus en plus délégué à des agents intelligents capables de comparer, optimiser, anticiper et décider. Cette transformation, déjà perceptible dans l’e-commerce et le retail, déplace le paiement de « l’acte » vers le processus. Il devient invisible, intégré, automatique.

Le “buy for me” fait émerger de nouveaux enjeux : comment authentifier un achat réalisé par une IA ? Comment garantir que la décision reflète réellement le consentement de l’utilisateur ? Qui est responsable en cas de litige entre l’émetteur, l’acheteur et l’acquéreur ? Les marchands, les banques et les prestataires de paiement devront repenser leur approche de la responsabilité, de la transparence, et du contrôle utilisateur. Le paiement agentique n’est pas un horizon lointain : il sera l’un des grands sujets de normalisation et d’expérimentation en 2026.

 

La résilience comme impératif stratégique

La montée des risques cyber, les tensions géopolitiques, l’interdépendance des infrastructures et l’exigence croissante des consommateurs imposent de faire du “paiement sans incident” une promesse centrale. L’entrée en vigueur de DORA n’est que la traduction réglementaire d’un enjeu beaucoup plus profond : l’économie ne peut plus tolérer l’interruption des paiements, même brève, sans conséquences majeures sur le chiffre d’affaires, l’image de marque et la confiance des utilisateurs. La résilience n’est plus une capacité technique, elle devient un avantage compétitif. En 2026, les entreprises chercheront des partenaires capables d’assurer une continuité totale (redondance, mode offline intelligent, bascule automatique entre acquéreurs, supervision en temps réel) et une communication transparente.

 

L’ascension du SoftPOS

Le terminal de paiement traditionnel, longtemps considéré comme un équipement incontournable, cède progressivement la place à des solutions de paiement entièrement logicielles, installées directement sur smartphones ou tablettes. Cette mutation répond à plusieurs besoins : simplifier l’équipement des points de vente, fluidifier les parcours de paiement en mobilité, réduire les coûts matériels, et s’adapter aux nouveaux usages, notamment dans le retail, la restauration, la livraison et tous les métiers nomades. En 2026, le SoftPOS devrait poursuivre sa standardisation, porté par des infrastructures plus sûres, par la certification PCI adaptée et par une demande croissante des enseignes cherchant à unifier leurs parcours. Pour les marchands, c’est un levier de flexibilité, pour les PSP, un défi d’intégration et de performance et pour l’industrie, une étape vers un paiement totalement dématérialisé.

Ces tendances nous rappellent que le paiement n’est pas une technologie figée : c’est une industrie vivante, en constante réinvention, tirée par l’innovation autant que par les attentes des consommateurs.

 

Aude Vicaire

En tant que DG de Market Pay Tech et membre du comité exécutif de Market Pay, je supervise la conception des produits et le développement de notre plateforme de paiement européenne unifiée.

Avant de rejoindre Market Pay en 2020, j’étais directeur chez PwC, spécialisé dans la transformation numérique et les services informatiques. Ma carrière de consultant a débuté en 2006 chez Kurt Salmon.

Je suis titulaire d’un master en ingénierie de Telecom SudParis.

 

 

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