Opinion | Andy Turner, Finastra “ISO 20022 et après ?”

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Andy Turner, Global Head of Financial Messaging Product Management chez Finastra

Le passage à la norme ISO 20022 pour CBPR+ marque une transformation majeure de la messagerie financière, alors que l’industrie évolue vers l’adoption d’un standard ouvert. Ce changement vise à remplacer les anciens messages MT par une infrastructure de messagerie de nouvelle génération, plus efficace, plus transparente et interopérable à l’échelle mondiale.

La migration vers ISO 20022 représente un défi d’envergure pour de nombreuses institutions financières. La fin de la période de coexistence, fixée au 22 novembre 2025, souligne l’urgence d’agir. Selon Swift, plus de 70 pays ont déjà adopté la norme dans leurs infrastructures de marché, remplaçant les formats nationaux ou historiques. Malgré cela, fin mars 2025, seulement 36,8 % des 175 plus grandes institutions financières avaient adopté la norme.

Si ce chiffre va sans doute augmenter à l’approche de l’échéance, il est évident que tout le monde n’avance pas au même rythme. Cela peut s’expliquer par une pression réglementaire accrue, des mises à jour fréquentes et la nécessité d’évoluer vers des architectures plus modernes. Au-delà de la question de l’adoption d’ISO 20022; il s’agit aussi d’évoluer vers une approche API-first, favorisant une connectivité fluide, un onboarding rapide et des fonctionnalités en libre-service.

Cependant, en cas de non-conformité, les sanctions imposées par Swift pourraient avoir un impact significatif. Il est donc essentiel d’avoir une feuille de route bien planifiée, des évaluations internes rigoureuses et des partenaires fiables pour tenir les délais. Surtout au-delà de la conformité, ISO 20022 représente une véritable opportunité stratégique, et ne pas en tirer parti pourrait se traduire par une perte de compétitivité.

 

Une nouvelle ère des données enrichies

ISO 20022 repose avant tout sur l’enrichissement et la qualité des données, avec une meilleure harmonisation permettant de réduire les risques de mauvaise interprétation et d’améliorer la fluidité des transactions de bout-en-bout. Le 22 novembre 2025 constitue aussi le début d’un nouveau chapitre où les institutions doivent se demander Que faire de toutes ces données enrichies ?”, et surtout “Comment en tirer parti pour créer des systèmes sur-mesure, adaptés aux besoins des clients ?”

Cette transition doit être vue comme un levier d’innovation. Des technologies comme le machine learning et l’IA peuvent décupler l’efficacité opérationnelle, à condition de disposer de données fiables. Combinées à ISO 20022, ces technologies peuvent par exemple contribuer à mieux lutter contre la fraude, l’un des défis majeurs du secteur.

D’autres cas d’usages incluent une meilleure compréhension des tendances, des comportements et des besoins des clients, pour offrir des services financiers personnalisés. En outre, la réduction du risque systémique pour les entreprises grâce aux paiements 24h/24 et 7j/7, et l’amélioration de l’expérience client grâce à des transactions plus rapides. En ce qui concerne la gestion de trésorerie, les institutions bénéficieront d’une meilleure visibilité sur leurs liquidités et pourront utiliser les données pour optimiser leurs stratégies.

 

Une approche innovante tournée vers le marché

ISO 20022 ouvre aussi la voie pour répondre aux défis structurels de l’industrie. Par exemple, la dernière étape du processus de paiement – lorsque le message atteint l’organisme de crédit pour vérifier et valider le paiement – doit être beaucoup plus efficace, notamment pour les systèmes RTGS (règlement brut en temps réel) ou les paiements instantanés. Peu de systèmes de paiements instantanés sont aujourd’hui ouverts, ce qui oblige à établir des accords bilatéraux ou multilatéraux dans des circuits fermés pour les paiements transfrontaliers. ISO 20022 peut aider à rendre cette dernière étape plus rapide, efficace et l’interopérable .

Un autre défi des paiements transfrontaliers est la disparité entre les systèmes de paiement des différents marchés. Par exemple, certaines informations de confirmation du bénéficiaire (“Confirmation of Payee”) peuvent dépendre des juridictions (certaines régions utilisent un code postal, d’autres non). Les données doivent être partagées de manière cohérente afin de réduire les interventions manuelles et les faux positifs, qui sont coûteux et chronophages pour les équipes chargée de la conformité. Pour y remédier, la prochaine échéance est l’obligation d’utiliser des formats d’adresses structurés ou hybrides dans les messages Swift d’ici novembre 2026.

La capacité d’ISO 20022 à fournir un langage commun, une standardisation, une interopérabilité et des formats de données structurés, peut également soutenir la mise en œuvre de technologies comme la blockchain (DLT), les monnaies numériques de banque centrale (MNBC), ou encore la tokenisation.

 

L’avenir de la messagerie financière

ISO 20022 joue un rôle central dans l’interopérabilité mondiale, malgré un contexte en constante mutation. Swift estime qu’en 2025, la norme soutiendra plus de 80 % de la valeur des transactions de paiements de gros montants dans le monde. Il est donc crucial pour les institutions de mettre en œuvre une solution de messagerie financière compatible ISO 20022, conforme, pérenne, et capable de tirer parti des opportunités de ce nouveau standard.

Pour certaines institutions cependant, le délai de mise en conformité est trop court. Dans ce cas, un service de traduction des messages (via une couche API qui convertit les messages sortants) peut constituer une solution temporaire.

ISO 20022 redéfinit les standards de la messagerie financière, et l’échéance de novembre 2025 n’est qu’un début. Les institutions doivent impérativement adopter une stratégie pour capitaliser sur cette transformation et les opportunités qui en découlent, sous peine de se faire distancer.

 

Andy Turner

Andy Turner est Director of Product Management au sein de l’activité Financial Messaging de Finastra. Fort de plus de 12 ans d’expérience dans les technologies financières et les paiements, il a occupé des postes de direction chez Bottomline et Mastercard/Vocalink. Spécialiste reconnu de la transformation produit, il accompagne aujourd’hui la stratégie d’innovation de Finastra pour répondre aux nouveaux défis du secteur financier.

À propos de Finastra

Finastra est un fournisseur mondial d’applications logicielles pour les services financiers dans les domaines du Lending, Payments, Treasury and Capital Markets, et Universal Banking (retail and digital). Engagée à libérer le potentiel des personnes, des entreprises et des communautés partout dans le monde, sa vision est d’accélérer l’avenir de la finance grâce à la technologie et à la collaboration. Son approche précurseure lui permet notamment d’avoir la confiance de près de 8 100 institutions financières, dont 45 des 50 premières banques mondiales.Finastra

 

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