Open USD : Stripe, Visa, BlackRock et 140 partenaires lancent le stablecoin qui veut tuer Circle
03/08/2026
Le 30 juin 2026, Open Standard — une entité indépendante dont personne n’avait entendu parler la veille — lançait Open USD avec un tour de table de partenaires qui lisait comme un who’s who de la finance mondiale : Stripe, Visa, Mastercard, American Express, BlackRock, BNY, DBS, Standard Chartered, Coinbase, Aave, Google, Shopify. Cent quarante organisations dans la liste initiale. Le titre Circle a chuté de 17% le jour même. Ce n’était pas un projet crypto. C’était une déclaration de guerre sur les marges
Ce que propose Open USD que les autres ne font pas
Open USD repose sur trois principes explicitement conçus pour contourner le modèle économique de ses concurrents. Premier principe : mint et rachat gratuits, sans limite de volume. Circle facture des frais aux émetteurs et distributeurs d’USDC — Open USD les supprime. Deuxième principe : les revenus des réserves sont redistribués aux partenaires participants après déduction d’un petit frais de gestion. Circle conserve la quasi-totalité des revenus sur les 32 milliards de dollars d’actifs sous-jacents à l’USDC — Open USD partage. Troisième principe : gouvernance collaborative via un conseil indépendant composé des partenaires. Tether et Circle — absents du consortium — sont gouvernés par leurs fondateurs respectifs. Open Standard sera gouverné par le réseau. (Sources : CoinDesk, PaySpace Magazine, FinanceX Magazine, Coindesk, 30 juin-3 juillet 2026.)
La réaction des marchés a été immédiate. L’action Circle — cotée au NYSE sous le ticker CRCL depuis son IPO récent — a perdu entre 13% et 17% selon les sources dans les jours suivant l’annonce, retombant à un plus bas de quatre mois. Ce mouvement dit quelque chose de précis : le marché a compris que la proposition de valeur centrale de Circle — être le distributeur de fait du dollar numérique réglementé contre des frais — venait de rencontrer son premier concurrent systémique. Pas un concurrent crypto marginal, mais un consortium dont les membres représentent une fraction significative de l’infrastructure mondiale de paiement. (Sources : CoinDesk, PaySpace Magazine, 30 juin-3 juillet 2026.)
Zach Abrams, CEO fondateur d’Open Standard et ancien responsable produit chez Coinbase, a formulé le positionnement : «Les stablecoins sont la chose la plus importante qui se passe dans les paiements en ce moment, et nous sommes engagés à donner à nos clients accès aux meilleures options disponibles. Plus nous construisons ensemble de bonne infrastructure dans cette industrie, plus vite nous comblerons l’écart entre ce que sont les paiements aujourd’hui et ce qu’ils devraient être.» (Source : PaySpace Magazine, 30 juin 2026.)
Ce que ce lancement révèle sur la compétition autour des stablecoins en 2026
Le marché des stablecoins dépasse aujourd’hui 300 milliards de dollars en circulation. Tether (USDT) en détient environ 62%, Circle (USDC) environ 25%. Open USD ne cherche pas à capturer des parts de marché dans la crypto — il cherche à devenir l’infrastructure monétaire de l’internet commercial. La liste des partenaires de lancement le dit explicitement : Google, Shopify et DoorDash n’opèrent pas sur des marchés crypto. Ce sont des plateformes grand public qui voient dans un stablecoin distribué à coût zéro, gouverné par un réseau de partenaires, une alternative crédible aux systèmes de paiement par carte qu’elles paient aujourd’hui à Visa et Mastercard au prix fort. Ce que personne n’a relevé dans la couverture française de l’événement : BBVA, Standard Chartered et BNY figurent dans les partenaires bancaires de lancement. Deux des trois sont également présents dans des initiatives réglementaires MiCA en Europe. Si Open USD se déploie en Europe sous licence MiCA, la compétition avec les stablecoins euro existants devient immédiatement intéressante. (Sources : CoinDesk, FinanceX Magazine, PaySpace Magazine, 30 juin-juillet 2026.)
La contre-attaque de Circle a pris une forme inattendue : au lieu de répondre directement à Open USD, la société a multiplié ses annonces réglementaires tout au long de juillet — chartes OCC et NYDFS, brevets IBM — pour ancrer son argument non plus sur les economics mais sur la conformité. La thèse implicite : quand les régulateurs auront stabilisé le cadre du GENIUS Act, être le seul émetteur avec une double charte fédérale et d’État sera un avantage concurrentiel que 140 partenaires de réseau ne pourront pas compenser avec des frais nuls.
