La crise est finie… sauf dans la zone euro
04/06/2013

Parallèlement, même s’il a perdu de sa superbe avec la crise de 2009, l’Oncle Sam continue de faire preuve d’une vigueur économique à toute épreuve. Sa croissance ne fera certes pas des miracles, mais avoisinera durablement les 2,5 % (4,1 % en valeur, c’est-à-dire augmentée de l’inflation). En 2013, pour la quatrième année consécutive, les Etats-Unis réussiront donc à réaliser une croissance suffisante pour assurer le paiement des intérêts de la dette publique. Parallèlement, ce niveau d’activité permettra à la « job machine » américaine de créer plus d’emplois qu’elle n’en détruit. De quoi permettre au taux de chômage de poursuivre son repli, passant même sous les 7 % d’ici l’automne prochain.
Dans ce concert mondial plutôt favorable, même le Japon est revenu sur les rails du dynamisme économique. Ainsi, en 2013, pour l’une des très rares fois depuis vingt ans, sa croissance en valeur sera supérieure à la charge annuelle des intérêts de sa dette publique.
En fait, il est désormais possible de dire que la crise est finie partout dans le monde, sauf dans la zone euro.
En effet, en 2013, comme le montre le tableau ci-dessous, la quasi-totalité des pays de la zone euro ne réussira toujours pas à réaliser une croissance suffisante, ne serait-ce que pour assurer le paiement des intérêts de la dette publique. Autrement dit, si la crise de la dette s’estompe outre-Atlantique et, dans une moindre mesure, au Japon, elle s’aggrave dans la zone euro…
Laisser croire que cette dernière se porte bien et que ses pays membres réduiront sans difficulté leur déficit et leur dette tient donc de la gageure. Même l’Allemagne, qui semblait hors d’atteinte, commence à souffrir et parviendra tout juste à dégager une croissance suffisante pour couvrir la charge d’intérêts de sa dette.
En conclusion, en dépit des apparences, l’UEM n’est pas sortie de la crise. Tant que l’euro sera supérieur à 1,20 dollar, que les impôts ne baisseront pas et que la dépense publique ne sera pas mieux utilisée, la crise continuera. Pour le moment, les marchés boursiers refusent d’admettre cette évidence et préfèrent oublier temporairement la crise eurolandaise. Mais lorsqu’ils sortiront de leur « paradis artificiel », le réveil sera douloureux.
Marc Touati
Economiste.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).
www.acdefi.com

