La création monétaire et les taux d’intérêt, les facteurs dominants des marchés actions
04/11/2010

L’immobilier résidentiel américain, l’immobilier commercial américain, le taux d’activité de la population des pays occidentaux (à nouveau en recul après une reprise non significative au premier semestre 2010)…autant d’arguments conjugués pour attaquer les fondations de la phase haussière qui a démarré sur les actions entre l’automne 2008 et mars 2009.
Mais est-ce vraiment sérieux ? Peut-on défendre le scénario de sommets imminents en se basant sur l’ignorance de l’emploi par les marchés actions ?
A long terme, il s’agit en effet d’une nouveauté. La tendance de l’emploi est historiquement corrélée à celle des indices actions, eux-mêmes liés avant tout à la profitabilité des entreprises. Les résultats des entreprises sont attendus bons sur l’ensemble de l’année 2010, les actions sont donc haussières. Entre 2003 et 2007, la rentabilité des entreprises augmentait, l’emploi était à la hausse et les indices tendaient vers leurs sommets de 2000. Une triple corrélation désormais remise en question par une politique monétaire accommodante qui s’appuie sur l’injection de « fausse monnaie ».
La création monétaire saine correspond au besoin réel de l’économie en nouveaux crédits. La monnaie injectée pour garnir les bilans des banques centrales en actifs « toxiques » détenus par les institutions financières commerciales est tout simplement de la « fausse monnaie ». Ces mêmes institutions sont poussées à octroyer des crédits commerciaux pendant que les banques centrales achètent des Bons du Trésor. Au final, les taux sont maintenus à des niveaux très faibles. Un cycle des taux d’intérêt durablement faibles sur tous les horizons de temps a une conclusion unique : un grand marché actions haussier.

Peut-on défendre le scénario de sommets imminents en se basant sur l’ignorance par les marchés actions de l’emploi ?
La réponse est NON. NON tant que la création monétaire excessive occupera le devant de la scène.
Vincent Ganne, CFTe
IG Markets
