KPMG CEO Outlook 2026 : la cybersécurité dépasse l’IA comme priorité d’investissement
15/10/2026
La 12e édition du Global CEO Outlook de KPMG, réalisée auprès de 1 400 dirigeants d’entreprise entre août et septembre 2026, montre que les risques cyber ont dépassé l’incertitude économique comme préoccupation principale. En France, 99 % des dirigeants se disent préoccupés par l’usurpation d’identité et la confidentialité des données.
Le Global CEO Outlook de KPMG est conduit depuis 2014 auprès de dirigeants d’entreprises réalisant plus de 500 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel — un tiers d’entre elles dépassent 10 milliards. L’édition 2026 couvre 12 marchés et 13 secteurs d’activité, dont 75 répondants en France.
La cybersécurité, première menace mondiale
31 % des dirigeants placent les risques cyber et la sécurité des données au premier rang des menaces pesant sur leur croissance dans les trois prochaines années, devant l’incertitude économique mondiale (28 %) et l’instabilité géopolitique et réglementaire (26 %). En réponse, 45 % déclarent avoir accru leurs investissements dans la cybersécurité et la résilience numérique.
En France, la cybersécurité arrive en deuxième position (28 %), juste derrière l’incertitude économique mondiale (29 %), et devant la résilience des chaînes d’approvisionnement (25 %). Le niveau de vigilance est marqué : 99 % des dirigeants français se disent préoccupés par l’usurpation d’identité et la confidentialité des données, 93 % par leur vulnérabilité aux cyberattaques, 92 % par la fraude. 35 % ont déjà renforcé les moyens consacrés à la protection numérique.
Des ambitions de croissance maintenues, avec plus de sélectivité
Les dirigeants français abordent les trois prochaines années avec plus de prudence que leurs homologues internationaux : 72 % se déclarent confiants dans les perspectives de leur propre entreprise, contre 84 % à l’échelle mondiale. Leur confiance dans l’économie mondiale s’établit à 65 %, en recul de 8 points sur un an.
Cela ne se traduit pas par un repli des ambitions. 69 % anticipent une croissance annuelle de leurs résultats d’au moins 2,5 % sur trois ans. La progression moyenne attendue est de 3,4 % en France (après 3,2 % en 2025), proche des 3,6 % mondiaux.
Les arbitrages M&A deviennent plus ciblés : 36 % envisagent des opérations de croissance externe significatives dans les trois prochaines années, soit 8 points de moins qu’en 2025. Plus de la moitié privilégient des acquisitions plus petites et mieux ciblées, contre 41 % l’an dernier. À l’échelle mondiale, 47 % des dirigeants citent l’agilité et la prise de décision sous pression parmi les compétences de leadership indispensables. La planification de scénarios est citée par 44 %, soit deux fois plus qu’en 2025 (22 %).
L’IA : 74 % des dirigeants français y consacreront plus de 10 % de leur budget
L’IA reste une priorité d’investissement pour 79 % des dirigeants mondiaux (+8 points sur un an). En France, 72 % la citent comme priorité, après 60 % en 2025. 74 % des dirigeants français prévoient d’y consacrer plus de 10 % de leur budget d’investissement dans les douze prochains mois, légèrement au-dessus de la moyenne mondiale de 72 %. 67 % anticipent un retour sur investissement dans un délai d’un à trois ans.
Les freins au déploiement à grande échelle sont identifiés. 69 % des dirigeants français jugent les enjeux éthiques liés à l’IA — biais dans les données, protection de la vie privée, responsabilité, transparence — difficiles à gérer (contre 57 % dans le monde). 64 % accordent une attention accrue à la gouvernance des données dans un contexte de souveraineté numérique, contre 59 % globalement. Sur les compétences, 61 % des dirigeants français citent leur insuffisance comme premier défi RH (56 % dans le monde), et 57 % placent la formation aux outils d’IA parmi leurs principales préoccupations.
Le développement durable soumis au test du ROI
63 % des dirigeants mondiaux déclarent avoir renforcé l’intégration du développement durable dans leur stratégie. En France, cette proportion est de 47 %, mais aucun dirigeant interrogé ne déclare avoir réduit ses efforts ou dépriorisé le sujet. 79 % des dirigeants français considèrent le développement durable comme pleinement intégré à leur entreprise, après 71 % en 2025.
La mesure des résultats s’impose : 74 % des dirigeants français prennent en compte le coût et le retour sur investissement potentiel de leurs initiatives dans leurs arbitrages. 64 % se disent confiants dans leur capacité à atteindre leurs objectifs de neutralité carbone d’ici 2030 — exactement la même proportion qu’à l’échelle mondiale. Sur l’IA et l’environnement, 95 % des dirigeants français se préoccupent de son impact énergétique, mais 81 % considèrent qu’elle peut aussi contribuer à réduire les émissions.
« Les dirigeants français maintiennent leurs ambitions de croissance malgré l’incertitude, mais font preuve d’une plus grande sélectivité dans leurs décisions. Ils privilégient des investissements mieux ciblés, des opérations de croissance externe plus mesurées et attendent des résultats concrets de leurs transformations », déclare Mathieu Wallich-Petit, associé et Head of Client & Markets de KPMG en France.
Source : KPMG — Global CEO Outlook 2026, 15 octobre 2026
