Investisseurs souverains: résilience et diversification

Les investisseurs souverains repensent leurs portefeuilles face aux risques géopolitiques

Les investisseurs souverains, qui gèrent environ 29 000 milliards de dollars d’actifs, mènent une réévaluation approfondie de la construction de leurs portefeuilles, selon la 14e édition annuelle de l’Invesco Global Sovereign Asset Management Study (IGSAMS). Les résultats mettent en évidence une évolution fondamentale dans la manière dont les banques centrales et les fonds souverains arbitrent entre résilience, rendement et diversification dans un environnement d’investissement plus complexe.

L’étude, menée auprès de 144 institutions, dont 90 fonds souverains et 54 banques centrales, souligne l’évolution de l’état d’esprit des investisseurs souverains dans un contexte géopolitique qui redéfinit les stratégies d’investissement souverain à un rythme sans précédent. Des tensions entre les États-Unis et l’Europe autour du Groenland au conflit en Ukraine, en passant par la recrudescence des troubles au Moyen-Orient, les investisseurs souverains font face à un faisceau complexe de risques qui affectent directement la sécurité énergétique, les routes commerciales et les chaînes d’approvisionnement.

La résilience devient un objectif à part entière

La résilience n’est plus seulement un résultat indirect de la diversification. Elle devient un objectif à part entière de la construction de portefeuille. 71 % des banques centrales et 54 % des fonds souverains estiment que les considérations de résilience deviennent aussi importantes que le rendement dans la conception des portefeuilles. Face aux chocs géopolitiques et à l’évolution des corrélations, les investisseurs souverains repensent leurs allocations afin de renforcer leur capacité de résistance à un éventail plus large de scénarios.

Cette priorité se reflète de plus en plus dans le suivi des portefeuilles. L’analyse de concentration et les tests de scénarios occupent désormais une place centrale dans les cadres d’évaluation. 82 % des banques centrales suivent la concentration des risques et 76 % recourent à l’analyse de scénarios. Les fonds souverains sont respectivement 65 % et 62 % à faire de même.

Les capitaux sont de plus en plus orientés vers des actifs qui associent solidité et potentiel de rendement. La sécurité énergétique et les infrastructures liées à la transition énergétique sont considérées comme le thème le plus crédible par 80 % des investisseurs souverains. Cette conviction est renforcée par le déploiement de l’IA, qui entraîne un changement d’échelle de la demande en électricité et en infrastructures de données.

Benjamin Jones, Global Head of Research chez Invesco, commente : « Le grand changement que nous observons chez les investisseurs souverains est que la résilience devient une exigence forte, et non plus un simple atout. Dans un monde marqué par les chocs inflationnistes, la fragmentation géopolitique et des marchés plus concentrés, les investisseurs remettent en question d’anciennes hypothèses sur la diversification et repensent leurs portefeuilles afin de résister à un éventail plus large de résultats possibles. »

ETF et intelligence artificielle : nouveaux arbitrages

Les actifs mondiaux investis en ETF ont atteint environ 19 500 milliards de dollars à fin 2025, avec une croissance annuelle d’environ 15 % sur vingt ans. Le marché s’est largement développé au-delà des actions passives pour inclure les obligations, les stratégies actives et les stratégies thématiques.

L’adoption des ETF atteint désormais un seuil significatif, 39 % des investisseurs souverains les utilisant. L’adoption varie fortement selon le type d’institution. 58 % des fonds souverains d’investissement et 53 % des fonds souverains adossés à des engagements utilisent des ETF, contre 31 % des banques centrales. Pour les banques centrales, l’enveloppe ETF offre une voie d’accès à des expositions qui nécessiteraient autrement davantage de ressources internes. 67 % des banques centrales utilisent principalement les ETF pour obtenir une exposition stratégique, tandis que les fonds souverains privilégient l’allocation d’actifs tactique, à 64 %, et la gestion de la liquidité, à 52 %.

L’intelligence artificielle se situe au cœur d’une tension croissante pour les investisseurs souverains. 77 % la considèrent comme une technologie transformative ayant des implications de croissance significatives sur plusieurs décennies. Pourtant, traduire cette conviction en exposition de portefeuille claire s’avère plus complexe. 52 % des fonds souverains citent la concentration du marché comme le principal risque de portefeuille lié aux investissements associés à l’IA, ce qui reflète la difficulté d’obtenir une exposition sans devenir fortement dépendant d’un groupe restreint de grandes valeurs technologiques.

Les infrastructures et l’amélioration de la productivité sont les voies d’investissement privilégiées, toutes deux citées par 69 % des fonds souverains comme les thèmes de long terme les plus convaincants. En interne, 69 % des investisseurs souverains utilisent l’IA dans leur processus d’investissement, contre 33 % en 2024. L’usage le plus courant concerne la recherche et la synthèse d’information.

Les banques centrales connaissent une évolution structurelle dans la gestion de leurs réserves, sous l’effet de l’inflation, de la fragmentation géopolitique et de l’évolution des conditions de marché. Les actions, la dette d’entreprise et les titres indexés sur l’inflation suscitent toutes des intentions d’allocation positives. 61 % des banques centrales estiment que les niveaux d’endettement des États-Unis nuisent à la position de long terme du dollar comme actif de réserve, contre 20 % en 2024. L’or fait partie des bénéficiaires de cette évolution et reste une pierre angulaire des stratégies de réserve des banques centrales. Plus d’un tiers des banques centrales prévoient d’augmenter leurs allocations au cours des trois prochaines années.

À propos

Invesco est une importante firme mondiale de gestion de placements. Invesco offre une large gamme de produits et services aux investisseurs du monde entier. Ses activités couvrent les fonds communs de placement, les comptes gérés séparément, les fonds négociés en bourse, les fonds fermés, les fonds monétaires, les services de trésorerie et les services de conseil en investissement.

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