Horizon Stratégie T1 2026 : marchés résilients, Europe en mutation, essor des stablecoins
17/02/2026
Rédigée le 21/01/2026, la lettre trimestrielle Horizon Stratégie – 1er trimestre 2026 de Banque Transatlantique dresse un panorama complet des dynamiques macroéconomiques, des grandes classes d’actifs et des performances de marché.
Dans un environnement marqué par la remontée des risques géopolitiques, la résilience américaine et le réveil stratégique européen, la banque met en avant plusieurs thématiques structurantes : intelligence artificielle, actions des pays émergents et stablecoins.

Risques géopolitiques : des chocs de marché souvent temporaires
L’année 2026 débute sous tension. L’intervention américaine au Venezuela rappelle que la géopolitique reste un facteur d’incertitude majeur. Pourtant, son poids économique limité – 1 % de la production de pétrole et 0,1 % du PIB mondial – a restreint l’impact sur les marchés.
L’étude historique mentionnée dans la lettre montre que l’effet des chocs géopolitiques sur le S&P 500 est généralement de courte durée :
- 1,3 % à 3 mois
- 2,6 % à 6 mois
- 5,5 % à 12 mois
En moyenne, à partir du 6ème mois, l’impact du choc est nul.
La prime de risque augmente temporairement, avant de se normaliser. Cette volatilité peut créer des points d’entrée. La banque cite notamment la surperformance du secteur européen de la défense depuis 2022, illustrée par l’écart entre le MSCI Europe Aerospace & Defense et le MSCI Europe.
États-Unis : ralentissement maîtrisé et pari sur la productivité
Après 43 jours de « shutdown », les statistiques économiques redeviennent lisibles.
Le marché de l’emploi ralentit :
- Créations d’emplois : 7,15 millions en novembre contre 7,45 millions le mois précédent
- Taux d’embauche : 3,5 % contre 3,7 % en octobre
- Taux de chômage : 4,4 % en décembre contre 4,5 % un mois plus tôt
Le taux de licenciement reste historiquement faible.
La productivité constitue le moteur central. Elle progresse de +3,0 % (rythme annualisé) au 3ème trimestre pour les entreprises non-financières. Le coût unitaire du travail ralentit à +1,2 %.
La lettre souligne :
« L’adoption de l’intelligence artificielle pourrait permettre de gagner +1 % par an de croissance de la productivité. »
Autre point de vigilance : l’indépendance de la Fed. Malgré les pressions politiques, la banque estime que la Réserve fédérale restera agnostique dans la définition de sa politique monétaire.
Europe : croissance modérée et bascule stratégique
La zone euro devrait afficher en 2026 une croissance estimée à +1,1 %, dans un contexte d’inflation maîtrisée. La BCE atteindrait le terme de son cycle d’assouplissement avec un taux de dépôt à 2 %.
L’investissement rebondit en 2025 de + 4 %, soutenu par le plan de relance allemand de 500 Mds€.
Mais la véritable rupture est stratégique. Les dépenses européennes de défense atteignent 381 Mds€ en 2025, soit 63 % de plus qu’en 2020.
L’autonomie stratégique s’étend au-delà de la défense : chaînes d’approvisionnement, infrastructures critiques, santé, financement de l’économie.
La banque estime que :
« Les entreprises fortement exposées à cette thématique avec une exposition régionale importante devraient surperformer le reste du marché. Les sociétés de moyennes capitalisations semblent correctement positionnées pour en bénéficier. »
Intelligence artificielle : une révolution structurelle
Depuis 2022 et la démocratisation de ChatGPT, l’IA franchit un cap.
Quentin Lelong souligne :
« L’IA s’est considérablement améliorée depuis 2022 et la sortie de ChatGPT pour le grand public ; à ce jour, le coût de son utilisation a baissé de 99 % et la performance des modèles s’est nettement améliorée. Sur le papier, cette révolution adresse déjà certains problèmes de productivité sur fond de déclin démographique, et il se trouve qu’à long terme les solutions qui résolvent de grands problèmes sont pourvoyeuses de performance ! »
Les huit plus grandes capitalisations américaines (Microsoft, Apple, Nvidia, Broadcom, Alphabet, Tesla, Meta, Amazon) représentent plus de 25 % du MSCI Monde.
La banque met l’accent sur les maillons critiques : énergie et production de puces. Les investissements de TSMC devraient augmenter de plus de 30 % par rapport à 2025 dans les prochaines années.
Actions des pays émergents : retour en grâce
Les pays émergents devraient enregistrer une croissance de +3,6 % contre 1,7 % pour les pays développés.
Le MSCI Emerging Markets affiche une performance de + 33,6 % en USD en 2025.
La structure sectorielle évolue : la technologie représente environ 28 % de l’indice. La faiblesse du dollar soutient également la dynamique.
Malgré la revalorisation des multiples, les actions émergentes restent décotées par rapport aux marchés développés. La gestion active est jugée pertinente compte tenu de l’hétérogénéité de la zone.
Stablecoins : vers un cadre réglementé
Les stablecoins sont des cryptoactifs adossés à une devise, généralement le dollar.
Ils sont principalement émis par Tether et Circle. Ils sont garantis par un pool d’actifs (bons du Trésor américain, or physique, bitcoins) mais ne sont ni assurés, ni rémunérés.
La lettre précise :
« Le GENIUS Act Américain de Juillet 2025 établit un cadre réglementaire pour les stablecoins, impose la règle de 100% de contrepartie en titres du trésor US, bannit les stablecoins algorithmiques (comme le TerraUSD qui avait fait faillite en 2022), et impose des règles anti-blanchiment et de protection des consommateurs. »
Les stablecoins financent désormais la dette souveraine américaine à court terme et sont largement utilisés pour les transferts internationaux.
Performances 2025 : or record, Asie en tête
L’année 2025 est marquée par la surperformance asiatique.
L’once d’or atteint 4326 $ avec une progression de 64,5 %.
Côté actions :
- Hang Seng : 32,5 %
- S&P/TSX Composite : 31,7 %
- FTSE 100 : 25,8 %
- TOPIX : 25,5 %
- S&P 500 : 17,9 %
L’EUR/USD progresse de 13,3 %, ce qui dégrade mécaniquement la performance d’un investisseur européen exposé aux actions américaines.
À propos de la Banque Transatlantique
Fondée en 1881 par Eugène Pereire, la Banque Transatlantique est une Maison de gestion de fortune française, membre de Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Elle est aujourd’hui présente dans huit pays (Belgique, Canada, Etats-Unis, France, Hong Kong, Luxembourg, Royaume-Uni, Singapour). La Banque Transatlantique se distingue grâce à une expertise unique dans plusieurs domaines : gestion de fortune, accompagnement des expatriés et des diplomates, Actionnariat Managers, gestion d’actifs et conseil en philanthropie.
Quelques chiffres : 500 collaborateurs – 8 pays – 67 milliards d’euros d’encours d’épargne au 31 décembre 2024.
