France : Attention, le froid arrive…
30/11/2010

Le détail de l’enquête de l’INSEE montre d’ailleurs que le ralentissement a déjà commencé. Ainsi, après avoir atteint des niveaux appréciables au printemps dernier, l’indicateur de la production passée ne cesse de baisser depuis l’été et s’est effondré de six points en novembre. Avec un niveau de 7, il effectue un plongeon de 16 points par rapport à son niveau de mai dernier et atteint un plus bas depuis mars 2010.
Pis, cette décélération ne fait que commencer. Et pour cause : l’indice des perspectives personnelles de production (qui constitue l’un des meilleurs indicateurs avancés de l’activité industrielle et de la croissance globale par la même occasion) chute de cinq points en novembre. Parallèlement, si les carnets de commandes étrangers gagnent trois petits points, les carnets globaux en perdent quatre. En d’autres termes, la demande intérieure est en train de s’étioler.
Ce regain de pessimisme s’explique par trois raisons principales : les craintes sociales nées des dérapages autour de la réforme des retraites, l’appréciation excessive de l’euro et la faiblesse de la consommation, elle-même liée à la fragilité de l’emploi et à la fin de la prime à la casse.
Certes, l’indice de production passée dans l’automobile a fortement augmenté en novembre, mais ceci n’est dû qu’à un mouvement de correction de l’effondrement d’octobre. Avec un niveau actuel de 23, il affiche d’ailleurs une baisse de 22 points par rapport à son niveau de septembre. Mais surtout, les carnets de commandes globaux ont poursuivi leurs descentes aux enfers, avec un niveau de – 52, contre une moyenne de long terme de – 17. Autrement dit, après le pain béni de la prime à la casse, le secteur automobile doit désormais se préparer au pain rassis.
Cette évolution reflète d’ailleurs assez bien la situation de l’économie française dans son ensemble : après avoir péniblement atteint 1,6 % cette année, la croissance hexagonale devrait atteindre un niveau équivalent en 2011. Il s’agira donc, pour la quatrième année consécutive, d’un niveau insuffisant pour augmenter significativement les créations d’emplois ou encore pour rembourser le simple paiement des intérêts de la dette publique.
Autrement dit, après la Grèce hier, l’Irlande aujourd’hui, le Portugal demain et l’Espagne après-demain, la France ne tardera pas à entrer, elle aussi, dans la crise de la dette publique.
Marc Touati
Economiste.
Directeur Général de Global Equities.
Président du cabinet ACDEFI (premier cabinet de conseil économique et financier indépendant).
www.acdefi.com

