Fintech européenne : le marché renoue avec la croissance en 2025, porté par les sorties et le retour des valorisations

L’écosystème fintech européen a franchi en 2025 un cap significatif, après deux années de contraction. Les données compilées par Avolta Partners dressent un tableau en nette amélioration : la collecte de capitaux repart à la hausse, les valorisations se redressent, et l’activité d’exits atteint des niveaux record. Tour d’horizon des chiffres qui dessinent le nouvel état du secteur.

 

 

Une levée de fonds en hausse, mais une structure de marché qui se concentre

En 2025, les fintechs européennes ont levé environ 8,7 milliards d’euros, soit une progression de 36 % par rapport à 2024, répartis sur quelque 600 tours de table. Un résultat encourageant, qui marque une troisième année consécutive de recul en volume de transactions (603 opérations contre 579 en 2024, loin des 1 309 de 2021), mais un rebond clair en valeur.

La structure du marché reste cependant profondément asymétrique. Le nombre de deals demeure stable, mais le capital se concentre sur un petit nombre de méga-opérations. Deux transactions dominent l’année : Revolut (2,6 milliards d’euros en growth equity, en novembre) et FNZ (561 millions d’euros). Ces deux deals à eux seuls représentent une part considérable du volume annuel total.

Le ticket médian de levée affiche pour sa part une légère baisse en H2-2025 (2,7 millions d’euros), après un pic à 4,6 millions au premier semestre, signe d’une normalisation après un début d’année soutenu par des opérations de grande taille.

Les verticales Banking et Payments tirent la reprise

La reprise est loin d’être homogène selon les segments. Le Banking enregistre la progression la plus marquée : +174 % en montants levés entre 2024 et 2025 (2,877 milliards contre 1,051 milliard). Le segment Fraud & Compliance affiche lui aussi une croissance spectaculaire (+226 %, à 386 millions), tandis que Payment, Remittance & Open Banking progresse de 51 % à 1,680 milliard.

À l’inverse, Insurance recule de 39 % et Financing de 34 %, illustrant une sélectivité accrue des investisseurs dans un contexte où le capital reste sous pression.

Du côté des modèles économiques, les modèles à commission continuent de dominer aussi bien en valeur qu’en nombre de transactions, une tendance stable depuis 2021.

Le capital nord-américain prend une place croissante

L’une des évolutions structurelles les plus notables de 2025 concerne la géographie des investisseurs. Les fonds nord-américains représentent désormais 44,5 % de la valeur totale des deals en Europe, contre 37,8 % en 2024 et 36,5 % en 2021. Cette progression s’accompagne d’une légère hausse du nombre d’investisseurs non-européens actifs (476 en 2025, après un creux à 395 en 2024).

Le Royaume-Uni conserve sa position de premier marché fintech européen en termes de capitaux levés, loin devant l’Allemagne et la France. En matière d’investisseurs actifs sur les early stages, Y Combinator, Antler et bpifrance figurent parmi les plus prolifiques en nombre de deals en 2025.

Les valorisations retrouvent leurs niveaux d’avant la correction

Après le fort recul observé en 2024 (multiple médian EV/Revenue à 7,9x), les valorisations des fintechs européennes ont sensiblement rebondi en 2025, avec un multiple médian à 15,3x, un niveau comparable à ceux de 2021-2023. Cette remontée est particulièrement marquée dans les segments Fraud & Compliance (19,9x sur cinq ans) et Payment, Remittance & Open Banking (16,4x), tandis que CFO Tools (13,8x) et Wealth & Savings (12,3x) affichent des niveaux plus contenus.

À noter : le rapport précise que les multiples supérieurs à 50x ont été filtrés de l’analyse.

2025, année record pour les exits

C’est peut-être sur le terrain des sorties que l’année 2025 marque la rupture la plus franche avec les exercices précédents. La valeur cumulée des exits atteint 35,9 milliards d’euros, un niveau sans précédent sur la période 2021-2025, porté notamment par un second semestre exceptionnel (33,1 milliards d’euros à lui seul, avec 249 transactions).

Le nombre d’exits s’établit à 399, également un record sur cinq ans. La valeur médiane des transactions a toutefois reculé à 98,8 millions d’euros en H2-2025 après un pic à 189 millions au premier semestre, confirmant que la vague de transactions s’élargit au-delà des seuls grands deals.

Les dix plus importantes sorties de l’année illustrent cette dynamique : l’IPO de Klarna (12,9 milliards d’euros en septembre), l’acquisition de Fortnox par First Kraft AB / EQT (5,6 milliards en juillet), l’IPO d’Accelerant (3,9 milliards), ou encore le LBO de JSTTРА par KKR (2,6 milliards).

M&A stratégique dominant, IPO en retour progressif

La structure des exits reste très largement dominée par les opérations stratégiques de M&A, qui représentent plus de 90 % des transactions en volume. Les acquéreurs nord-américains y occupent une place prépondérante, captant plus de 50 % de la valeur totale des deals en 2025, une proportion en hausse sensible par rapport aux années précédentes.

L’autre signal fort de 2025 est la réouverture progressive du marché des introductions en bourse. Après plusieurs années quasi fermées, les IPOs de Klarna et Accelerant ont démontré qu’une fenêtre de liquidité publique redevenait accessible pour les plateformes fintech de taille significative.

Le segment mid-market reste structurellement actif

L’analyse de la répartition des exits sur les cinq dernières années révèle une structure de marché à plusieurs vitesses. Sur l’ensemble de la période, 48 % des transactions affichent une valeur inférieure à 50 millions d’euros (le rapport les désigne comme « The Peloton »), 24 % se situent entre 50 et 150 millions (« The Breakaways »), et 28 % dépassent 150 millions (« The Happy Few »).

Ce profil souligne l’importance quantitative du segment mid-market dans l’écosystème fintech européen, même si ce dernier ne capte qu’une fraction marginale de la valeur totale transactée.

Par ailleurs, les entreprises bootstrappées représentent environ 80 % des exits en nombre, avec un multiple médian EV/Revenue de 4,2x et une ancienneté médiane de 12 ans au moment de la transaction. Les entreprises VC-backed sortent en revanche plus tôt (8 ans en médiane) à des multiples plus élevés (5,6x).

Le millésime 2025 confirme un cycle de redressement, articulé autour de trois dynamiques convergentes : la reprise sélective du financement en capital, le retour à des niveaux de valorisation cohérents avec le cycle précédent, et une activité de cession à des niveaux historiquement élevés. La dépendance croissante au capital nord-américain et la concentration des levées sur un petit nombre de champions restent les deux points de vigilance structurels que le marché européen devra adresser dans les prochaines années.

Source : Avolta Partners, European FinTech Financing & Exit Trends & Multiples, mars 2026. Périmètre : fintechs européennes (UK inclus), créées après 1995, hors crypto/DeFi et prestataires de services. Données issues de Dealroom, Pitchbook et presse spécialisée.

 

 

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