Feel Mining : quand la crypto devient un business d’infrastructure
18/06/2025
De restaurateurs à mineurs de bitcoin, en quelques années Feel Mining est passé d’un projet expérimental à un véritable acteur français dans le paysage crypto. Avec une offre clé en main et une vision rentable de l’énergie, la scale-up française trace sa route, entre pragmatisme économique et arbitrages climatiques.

Chloé Desenfans et Nicolas Marchesse, fondateurs de Feel Mining
Rien ne prédestinait Chloé Desenfans et Nicolas Marchesse, alors restaurateurs, à devenir des acteurs clés d’un secteur encore largement méconnu.
En 2017, alors que le Bitcoin fait la une de l’actualité, leur curiosité est piquée par cette nouvelle forme d’investissement. Ils décident de s’y intéresser de plus près et expérimentent les premières installations de matériel de minage. Les résultats sont convaincants : très vite, quelques machines prennent place dans un local attenant à leur restaurant. Face à une demande croissante et à l’enthousiasme du marché, ils investissent dans un local industriel adapté.
En 2018, ils tournent la page de la restauration pour se consacrer pleinement au mining et fondent Feel Mining.
Une plateforme, une offre, une destination
Feel Mining propose une offre clé en main : achat de machines, hébergement, monitoring. Ils veulent simplifier l’accès au mining, le rendre accessible aux particuliers comme aux pros, en proposant un tableau de bord complet et une transparence totale.
L’énergie, variable décisive du mining, devient vite un facteur limitant en France : prix trop élevés, régulation peu adaptée. Feel Mining élargit son spectre : d’abord le Canada, puis l’Europe du Nord… avant de s’implanter aux Émirats arabes unis. Si Dubaï apparaît aujourd’hui comme l’épicentre du web3, ce n’est pas la première destination à laquelle on pourrait penser : le désert ne coche aucune case thermique pour refroidir les machines, mais offre ce que tout mineur cherche : un kilowattheure à bas coût (3,5 à 4 centimes d’euros contre 11 en France).
« On vend une histoire, pas juste une machine »
Le storytelling est au cœur de la stratégie. Chaque site, chaque ferme est présentée comme une “expérience”. Certains clients boudent Dubaï pour des raisons de convictions. D’autres misent dessus pour le ROI. Les fondateurs le disent : « 90 % des clients ne minent pas pour des raisons idéologiques mais pour la rentabilité. ». Le mining, ici, est un placement financier, pas un acte militant.
MiCA, PSAN… la bête noire des entrepreneurs web3 ?
Le secteur devenu très lucratif, les lois ont dû suivre. En se développant, Feel Mining a ajouté d’autres services : staking, exchange, trading… Il est désormais impossible de faire l’impasse sur l’enregistrement PSAN dès 2020. L’aventure administrative commence. Longue, parfois pénible. Et avec MiCA, c’est reparti pour un tour.
« Sans une trésorerie solide, nous aurions pu mettre la clef sous la porte à cause des délais de l’AMF. »
Aujourd’hui, Feel Mining prépare son passage à MiCA, mais déplore la lenteur française face à des États membres beaucoup plus agiles pour certains.
Et demain ? Moins de bitcoin, plus de calcul ?
Le minage de Bitcoin reste leur cœur d’activité, mais Chloé et Nicolas suivent de près les tendances HPC (High Performance Computing), notamment avec l’IA. Pour l’instant, ils restent concentrés sur le mining, mais gardent un œil attentif sur ce segment en pleine ébullition.
Soucieux d’apporter un véritable savoir-faire dans cet écosystème, Feel Mining construit son offre autour d’une ambition claire : Proposer des services adaptés aux attentes de leurs clients.
Emma Dufétel
