Europe : les directeurs juridiques plébiscitent le continent comme destination d’investissement en 2026

Une étude ADVANT menée auprès de plus de 800 General Counsel en France, Allemagne, Italie et aux États-Unis révèle une confiance solide des entreprises internationales envers l’Europe, malgré un contexte géopolitique et économique incertain. Les chiffres contredisent les discours pessimistes et dessinent un continent qui reste une priorité stratégique pour les investisseurs.

 

 

82 % des directeurs juridiques voient l’Europe comme un terrain attractif pour l’investissement

À l’heure où les incertitudes macroéconomiques et les tensions géopolitiques redessinent les cartes de l’allocation d’actifs mondiale, l’Europe tire son épingle du jeu. C’est en tout cas ce que révèle la grande étude Europe’s Opportunity Outlook publiée ce 9 mars 2026 par les cabinets membres de l’alliance ADVANT, dont ADVANT Altana à Paris, ADVANT Beiten en Allemagne et ADVANT Nctm en Italie.

Menée auprès de plus de 800 directeurs juridiques (General Counsel, GCs), l’étude sonde les acteurs qui, au sein des grandes entreprises, préparent et pilotent concrètement les décisions d’expansion internationale. Résultat : 82 % d’entre eux estiment que l’Europe continentale constitue un territoire attractif pour l’investissement et la croissance commerciale. Un signal fort pour les investisseurs et les acteurs des marchés financiers.

Plus significatif encore : 66 % des répondants indiquent que leur organisation a renforcé la priorité accordée à l’Europe en réponse aux risques géopolitiques et réglementaires récents. Loin de fuir le continent face aux turbulences, les entreprises semblent au contraire s’y ancrer davantage.

Un horizon d’expansion à trois à cinq ans : les chiffres qui rassurent les marchés

Sur le plan des perspectives de croissance, indicateur clé pour tout analyste financier, les données sont particulièrement encourageantes. 83 % des directeurs juridiques interrogés anticipent une expansion ou de nouveaux investissements sur les marchés européens existants d’ici trois à cinq ans. Dans le même temps, 82 % envisagent une entrée sur de nouveaux marchés au sein de la région.

Ces intentions d’investissement témoignent d’une vision à moyen terme résolument positive sur le potentiel de croissance du continent, en dépit des pressions inflationnistes, du resserrement monétaire et des tensions commerciales qui ont marqué les dernières années.

Gilles Gaillard, avocat associé chez ADVANT Altana à Paris

« L’Union européenne occupe une position enviable : l’une des plus grandes économies mondiales, un producteur et exportateur majeur de biens et de services, et un cadre juridique et réglementaire reconnu pour sa stabilité et sa fiabilité. »

Les Américains, plus bullish sur l’Europe que les Européens eux-mêmes

L’un des enseignements les plus frappants de l’étude concerne le différentiel de perception entre GCs américains et européens. Alors que 71 % des directeurs juridiques français et 76 % des allemands anticipent une expansion des activités internationales en Europe dans les prochaines années, ce chiffre grimpe à 87 % chez les GCs américains.

Un paradoxe révélateur : les investisseurs et décideurs basés Outre-Atlantique semblent davantage convaincus du potentiel européen que les acteurs locaux eux-mêmes. Pour les observateurs des marchés, ce décalage peut s’expliquer par une lecture différente des risques : là où les entreprises européennes vivent les contraintes réglementaires au quotidien, les Américains voient avant tout la stabilité institutionnelle et l’accès à un marché de 450 millions de consommateurs.

Gilles Gaillard, avocat associé chez ADVANT Altana à Paris

« Les récentes turbulences géopolitiques et économiques ont renforcé l’attractivité de l’Europe comme territoire d’investissement résilient. Cette perception se reflète clairement dans la vision des Directeurs Juridiques, acteurs centraux dans la préparation et l’adaptation stratégique des entreprises : l’Europe demeure un pôle d’attractivité majeur pour les investisseurs internationaux, et la France y occupe une place stratégique de premier plan. »

Simplification réglementaire : le principal frein à lever pour la compétitivité européenne

L’étude ne dresse pas qu’un tableau idyllique. Elle identifie aussi les leviers que l’Europe doit actionner pour consolider son attractivité financière et économique. Interrogés sur leurs cinq priorités pour renforcer la compétitivité de l’UE, les GCs placent en tête, à hauteur de 20 %, la simplification et l’harmonisation des règles commerciales. Viennent ensuite l’augmentation des incitations fiscales (16 %) et le soutien à l’innovation (15 %).

Ces résultats font écho aux débats actuels sur la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine, notamment dans le sillage du rapport Draghi publié à l’automne 2024. Si le cadre juridique européen est salué pour sa stabilité, seulement 24 % des répondants se disent « très confiants » dans la capacité des régulateurs à comprendre les réalités opérationnelles des entreprises — un chiffre qui tombe à 14 % en France.

Dr Christian von Wistinghausen, avocat associé chez ADVANT Beiten

« L’UE a fixé des objectifs clairs pour renforcer sa compétitivité en simplifiant la réglementation et en alignant davantage les politiques européennes et nationales. Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes et mises en œuvre assez rapidement. Le volume et la complexité croissante des réglementations pourraient placer les entreprises européennes en situation de désavantage face à des juridictions plus flexibles. »

IA et cybersécurité : les nouveaux enjeux stratégiques qui redéfinissent l’agenda juridique et financier

Sur un horizon de trois à cinq ans, l’intelligence artificielle (41 %) et la cybersécurité (38 %) s’imposent comme les deux premières priorités réglementaires, devant la fiscalité (34 %). Ces sujets ne sont plus cantonnés aux départements IT : 42 % des GCs les considèrent comme des enjeux stratégiques majeurs pour leurs équipes juridiques, un chiffre qui atteint 54 % chez les répondants français.

La France se distingue également sur la question de l’urgence réglementaire autour de l’IA : près de la moitié (45 %) des directeurs juridiques français estiment que l’IA nécessite une attention ou une réforme juridique urgente au niveau européen, contre environ un tiers de leurs homologues italiens (36 %) et allemands (34 %).

Pour les acteurs financiers, ces données sont directement exploitables : elles confirment que les risques liés à l’IA et à la cybersécurité montent en puissance dans les comités de direction et alimentent des besoins croissants en matière de conformité, d’assurance et de conseil spécialisé.

La technologie, nouveau critère de sélection des conseils juridiques

L’étude soulève enfin un point structurant pour l’écosystème du droit des affaires : 36 % des GCs déclarent que l’usage des technologies, dont l’IA, est désormais déterminant dans le choix d’un conseil juridique externe. Une proportion identique (36 %) souhaite une exploitation accrue de l’analyse de données sur les honoraires, les performances et la gestion des dossiers.

Les cabinets dont le siège est en Europe continentale bénéficient d’un avantage perçu : 89 % des GCs les jugent mieux positionnés que leurs concurrents américains ou britanniques pour répondre aux besoins des entreprises opérant en Europe, un chiffre qui monte à 95 % chez les répondants américains.

Gilles Gaillard, avocat associé chez ADVANT Altana à Paris

« Cette étude confirme le rôle croissant des GCs dans la chaîne de valeur en tant que conseil au plus haut niveau de l’entreprise sur des questions stratégiques et opérationnelles majeures, particulièrement leur capacité à aider leurs organisations et leurs propres équipes à réduire les risques, garantir la conformité et exploiter le potentiel des nouvelles technologies. »

Source : Étude ADVANT « Europe’s Opportunity Outlook », mars 2026 — plus de 800 directeurs juridiques interrogés en France, Allemagne, Italie et aux États-Unis.

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