Etude | Les fintechs françaises ont levé 919M€ en 2023, un niveau en baisse de 70 % par rapport à 2022 mais équivalent à 2020
17/12/2023
Une contraction qui reflète un attentisme général des investisseurs en Europe (-68 %) et dans le monde (-61%). Cependant, la France demeure le premier marché de l'Union Européenne avec 18 % des fonds levés, devant l'Allemagne (707M€, 14%) et le deuxième marché en Europe derrière (loin ?) le Royaume-uni qui affiche un montant équivalent à 2Mds€ soit 42 %.
Ce serait en particulier, les grands investisseurs - intervenants dans les séries C - qui auraient manqué à l'appel. L'amorçage, lui, reste performant soutenant ainsi les innovations. (45 % des montants levés).
Pour 2024, les équipes de France Fintech prédisent un début d'année dans le prolongement de cette fin d'année, marquée par la croissance de l'activité centrée sur la rentabilité sous une contrainte demeurant forte, côté ressources financières.
Cette étude annuelle de France Fintech représente un écosystème qui compte aujourd'hui 1000 entreprises (moins d'une centaine en 2015) couvrant l'ensemble des services de la finance innovante : services bancaires, d'assurances, services aux entreprises, réglementations... Le secteur emploie 50 000 personnes en France.
Anne-Laure ALLAIN
La plus grande association sectorielle de startups en France et en Europe vient de publier son étude annuelle. Et, à priori, le bilan n’est pas tout rose pour le secteur qui nous préoccupe. Selon les chiffres, nos fintechs auraient levé pour un montant en baisse de 70 % par rapport à l’an dernier. Soit, 919M€.
Une année plutôt "GLOUPS" …Donc. Sauf que : 2022 pourrait être qualifiée d’année "exceptionnelle" voire, osons, le "déraisonnable" côté levées de fonds.
Dans le détail, les fondamentaux demeurent bons : les chiffres d’affaires des entreprises étudiées poursuivent leur croissance et la monétisation s’accélère. Près d’un tiers des fintechs (31 %) ont atteint voire dépasser leur point mort à fin 2023, contre 27 % en 2022, et les recrutement repartent à la hausse. Fin 2023, les fintechs françaises emploient 50 000 personnes.
En 2024, ces tendances ne devraient pas s’inverser et ce, avant plusieurs trimestres au moins. L’incertitude demeurant en particulier sur le retour des grands investisseurs internationaux.
Cependant, certains secteurs pourraient accélérer comme : l’ESG, l’Offre aux entreprises, la Tokénisation, la gestion d’actifs…
Le secteur devrait poursuivre sa consolidation : accélération du recrutement, internationalisation (30 % des Fintechs), recherche de rentabilité et… mouvements de croissance externe autour des leaders de chaque secteur.
Les grands mouvements réglementaires devraient avoir un impact particulier sur le secteur (DSP3, Mica, AI Act… ).
Donc, pour les mois à venir, les fintechs françaises vont devoir continuer à avoir le pied marin et poursuivre la navigation à vue.
Anne-Laure Allain
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