Eramet : l’État deviendra premier actionnaire à la faveur d’une augmentation de capital de 500 millions

Le conseil d’administration d’Eramet a validé lundi le schéma de son augmentation de capital de 500 millions d’euros. L’opération, annoncée en février, sera lancée au quatrième trimestre avec maintien du droit préférentiel de souscription. À son issue, l’État, par l’intermédiaire de l’Agence des participations de l’État (APE), deviendra le premier actionnaire du groupe minier, devant la famille Duval et sa holding Sorame-CEIR.

Des engagements bancaires rompus en 2025

Le groupe sort d’un exercice 2025 lourdement déficitaire. Son levier d’endettement ajusté atteignait 5,5 fois et son taux d’endettement net 125 % des capitaux propres, au-delà des seuils fixés par ses banques. Eramet prévient qu’un échec de l’opération d’ici à la mi-2027 compromettrait le respect de ses engagements financiers et le refinancement de sa dette à court terme.

L’augmentation de capital constitue l’un des trois volets du redressement, avec un plan d’amélioration des performances, baptisé ReSolution, et des cessions d’actifs. Le dividende ne sera pas rétabli tant que le levier ne sera pas repassé sous une fois.

Un montage calibré pour rester sous 50 %

L’APE, qui détient 27,1 % du capital via le Fonds stratégique d’investissement Equation, souscrira à hauteur de sa quote-part. Elle rachètera aussi tout ou partie des droits préférentiels de Sorame-CEIR, avec une décote de 5 % sur leur valeur théorique. L’objectif est de maintenir ses droits de vote effectifs à 49 % au plus.

Si l’État ne reprend pas l’ensemble de ces droits, Sorame-CEIR souscrira le solde. Des options d’achat et de vente porteront ensuite sur les actions nouvelles qu’elle aura souscrites, à un prix proche du cours théorique ex-droit, afin que la participation publique reste inférieure à la moitié du capital. Actionnaire depuis 1999, Sorame-CEIR s’engage à plafonner ses droits de vote effectifs à 30 %. Un nouveau pacte d’actionnaires sera signé entre les deux parties.

Le montant total investi par l’État n’est pas précisé, pas plus que le prix d’émission ou la parité de souscription. Les représentants des actionnaires de référence se sont abstenus lors du vote du conseil, qui a approuvé le schéma à l’unanimité des autres administrateurs.

Une dérogation de l’AMF en préalable

L’État demandera à l’Autorité des marchés financiers de le dispenser du dépôt d’une offre publique obligatoire. Cette décision, qui devra être purgée de tout recours, conditionne les engagements de souscription. L’exercice des options requerra par ailleurs des autorisations réglementaires.

Le calendrier reste serré. L’émission interviendra après la publication du chiffre d’affaires du troisième trimestre, le 29 octobre, et avant la fin de l’année, sous réserve des conditions de marché. Les autres actionnaires, flottant compris, pourront exercer leurs droits ou les céder en Bourse.

En savoir plus sur Finyear

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture