Entretien | Stéphane Boukris, Excelsior – « Ma plus grande force c’est de savoir propulser le business de 0 à 1 »
30/03/2023
Propos recueillis par Anne-Laure Allain
Vous venez de céder Excelsior, à l’écosystème Alan Allman Associates, pouvez-vous nous expliquer le positionnement de l’entreprise ?
Il y a un an et demi, une troisième activité est venue se greffer : celle de la transformation digitale, de l’accompagnement vers le WEB3 au travers de la pédagogie et de la création d’expériences. Excelsior est un enfant de la crise né au début de la pandémie du Covid. Nous formons une équipe combative constituée d’une centaine de personnes dont 20 permanents au siège. Je n’ai pas eu, une seule démission depuis le début de l’aventure.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2022, nous sommes légèrement en dessous de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires pour un EBITDA, d’1,3 million. Au cours du dernier exercice, nous avons multiplié par quatre l’EBITDA et par deux, le chiffre d’affaires.
Comment l’aventure WEB 3 s’est-elle greffée à l’ensemble ?
Souvenez-vous : fin 2021, Mark Zuckerberg annonce la transformation de Facebook en meta. Nous étions déjà à l’écoute, les demandes clients allaient dans le même sens et nous disposions des équipes pour les accompagner. C’est l’un des avantages de ces trois verticales : nous avons acquis la confiance de certains clients via le recrutement ou l’événementiel, nous pouvions déployer l’évangélisation sur le sujet : ce que nous avons fait avec des groupes comme L’Oréal, Bel ou la Matmut. Pour certains, à l’instar d’Axa, Crédit Agricole ou Unibet, nous fournissons un accompagnement complet allant du recrutement jusqu’au déploiement dans le metavers.
L’entreprise est jeune. Elle va bien. Elle est ancrée sur un sujet porteur où il y a encore beaucoup de choses à faire, pourquoi lancer un process de vente auprès d’une banque d’affaires ?
N’y-a-t-il pas un risque de désintégration d’Excelsior à l’intérieur de ce grand groupe ?
Si je les ai choisis parmi la douzaine de dossiers c’est aussi parce qu’ils savent intégrer sans désintégrer : ils cultivent l’identité de chacune de leur participation.
J’ai trop subi des boites qui se font écrabouillées et qui perdent leurs identités. La rencontre avec Jean-Marie Thual, le président d’Alan Allman Associates, a beaucoup compté. Nous avons eu une immédiate compréhension directe et mutuelle. Autre avantage non négligeable : ils ont un « skills center ». Il y a encore plein de points à conquérir pour Excelsior. A l’échelle mondiale, nous sommes au milieu d’une masse de 20 000 entreprises susceptibles d’être considérées comme des concurrentes. Il va nous falloir des expertises mobilisables de suite pour satisfaire les nouveaux clients et ils mettent cela à disposition de leurs filiales : de la DSI à la direction marketing en passant par la direction juridique.
Comment cela va-t-il se passer concrètement ?
Des nouveaux clients à annoncer ?
Nous rencontrons tous les jours, de nouvelles agences dans le WEB3, qu’est-ce qui fait votre différence sur le marché ?
Mais le metavers en est encore aux balbutiements et beaucoup de marques s’en servent pour faire un coup de communication, comment dépasser cela ?
Il y a cependant, des expériences qui fonctionnent vraiment bien : comme les RH et toutes les thématiques autour du recrutement. Vous pouvez faire passer un entretien dans le metavers et éliminer par la même occasion, la discrimination. Accompagner l’on-boarding du candidat ou fédérer les équipes via des escapes games, faire un roadshow à l’international, tout cela est désormais fluide. Nous créons tous les jours des solutions pour des Comex ou des regroupements internationaux qui ont l’avantage de présenter un important impact écologique. D’aucuns pensent que le metavers pollue. Or, c’est tout le contraire : quand vous réunissez 200 personnes dans le virtuel versus 200 personnes qui prennent un billet d’avion, l’empreinte carbone est beaucoup plus faible.
En tant que serial entrepreneur, comment jugez-vous tout ce qui se passe en ce moment sur le marché ? Par exemple, vous avez fondé FaisMesDevoirs.com, boycotté dès sa sortie par des membres du gouvernement, quel regard portez-vous sur ChatGPT ?
Pour ChatGPT, je le vois comme un outil. Pour moi, il y a deux catégories de personnes. Celles qui veulent bannir la calculatrice pour que les enfants apprennent à calculer. Et celles qui veulent autoriser la calculatrice à tout le monde parce ce qui compte c’est le raisonnement. Je fais partie de la seconde catégorie. L’idée c’est de savoir si un élève est capable de réfléchir ou pas. Mais c’est toujours un peu comme cela quand arrive une nouvelle technologie : il y a la peur des révolutions. C’est ce qui avait été dit sur Google ou Wikipedia. Soit, vous êtes en mesure de soutenir vos réflexions soit, vous n’êtes pas en mesure. Pour ma part, c’est une bonne chose, c’est schumpetérien : cela va libérer du temps pour faire autre chose et ne remplacera pas la réflexion. On vit une époque formidable sur le plan technologique et l’IA est, à ce stade, encore plus révolutionnaire que le métavers.
Justement, il y a, un véritable boom technologique et, en même temps, un resserrement des conditions de financements des entreprises, vous êtes Business Angel dans une cinquantaine d’entreprises, c’est un phénomène que vous ressentez ?
Quelle est la prochaine aventure de Stéphane Boukris ?
Et, à plus moyen terme, j’aimerais bien refinancer un projet artistique comme j’ai pu le faire par le passé avec Robin des Bois. (NDLR : entre autres aventures, Stéphane Boukris s’est lancé en 2013 dans la production de la comédie musicale Robin des Bois avec Matt Pokora.)
Comment vivez-vous le fait d’être à l’origine de projets souvent visionnaires et puis, de passer la main ?
Par Anne-Laure Allain
Ancien ESSEC/ESCP, Stéphane Boukris est un entrepreneur à succès dans les secteurs de la tech et de l’entertainment, lauréat de la BFM Académie 2008, reconnu comme un expert du digital marketing et Top 100 Influenceurs Linkedin®. Après avoir cédé Ametix au Groupe La Poste, il a fondé en 2019 Excelsior (entreprise de conseil dans le numérique) qui compte 100 collaborateurs. Stéphane est également investisseur dans 50 startups, que ce soit en direct, via L’Express Ventures (co-fondé avec le groupe Altice) ou via SIDE Capital.
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