Crédit des PME et ETI : ce que révèle l’étude Inbonis sur les probabilités de défaut

Dans un contexte de remontée des défaillances d’entreprises en Europe, Inbonis, agence de notation agréée et supervisée par l’ESMA, publie une étude de fond sur la probabilité de défaut des PME et ETI. Objectif : mieux qualifier le risque de crédit dans un marché où le financement non bancaire et la dette privée prennent une place croissante.

 

 

Une hausse marquée des faillites depuis 2021

Premier constat : les défaillances d’entreprises ont bondi de près de 60 % en Europe depuis 2021, selon les données Eurostat analysées par Inbonis. Le niveau est désormais supérieur à celui d’avant la crise sanitaire. Cette dynamique concerne l’ensemble de l’UE, avec de fortes disparités sectorielles et géographiques.

Les secteurs de l’hébergement-restauration, du commerce, du transport, de la construction et de certaines activités de services affichent les tensions les plus marquées. Côté pays, la France, les Pays-Bas et la Belgique figurent parmi les zones où l’indice de faillites progresse le plus rapidement.

Notation de crédit : un outil clé pour discriminer le risque

Contrairement aux simples scores financiers automatisés, la notation de crédit délivrée par Inbonis repose sur une analyse fondamentale complète. Elle intègre :

  • les risques business (modèle économique, positionnement concurrentiel, croissance)
  • les risques financiers (solvabilité, rentabilité, endettement, liquidité)
  • la gouvernance et l’environnement économique
  • ainsi que des facteurs ESG

La méthodologie combine analyse quantitative et jugement d’analystes, avec une pondération forte de l’appréciation qualitative. Résultat : une capacité prédictive jugée supérieure aux modèles de scoring classiques, notamment en phase de retournement du cycle.

Des probabilités de défaut calibrées sur les standards de marché

Chaque cran de notation Inbonis est associé à une probabilité de défaut à un an. L’agence a calibré ses notations pour qu’elles soient comparables à celles de S&P Global. À titre d’exemple :

  • une entreprise notée BBB présente une probabilité de défaut inférieure à 0,5 %
  • une notation BB fait déjà apparaître un risque multiplié
  • le passage de BB à B correspond à un risque environ cinq fois supérieur
  • les notations CCC et en dessous concentrent des probabilités de défaut très élevées

Les données observées entre 2019 et 2024 montrent par ailleurs que les taux de défaut réels des entreprises notées par Inbonis sont restés inférieurs aux probabilités théoriques, traduisant une certaine robustesse du modèle.

PME et ETI : un accès différencié au financement

L’étude met en lumière un point clé pour les investisseurs et les prêteurs : toutes les PME ne présentent pas le même profil de risque. Environ 10 à 15 % des PME notées par Inbonis atteignent un niveau « investment grade », tandis que près de 20 % des ETI se situent dans cette catégorie.

Dans les marchés de dette privée, la frontière entre BB et B apparaît déterminante. Les entreprises notées BB accèdent plus facilement à des financements de type dette directe ou obligations, tandis que les profils plus risqués restent dépendants de financements publics ou bancaires encadrés.

Dette privée : l’importance d’une discipline d’investissement renforcée

Face à la volatilité du risque de crédit, Inbonis insiste sur les bonnes pratiques observées chez les grands acteurs de la dette privée européenne :

  • définition claire de l’appétit pour le risque
  • recours à des notations de crédit indépendantes, y compris confidentielles
  • suivi actif et monitoring régulier des portefeuilles
  • équipes dédiées au risque et au restructuring

Ces pratiques sont aujourd’hui considérées comme un standard de discipline d’investissement, notamment par les grands gestionnaires d’actifs internationaux.

Un enjeu central pour le financement de l’économie réelle

Alors que les PME et ETI représentent l’essentiel du tissu économique européen, la capacité à mesurer finement leur risque de crédit devient stratégique. Dans un environnement marqué par la normalisation des taux et la montée des défauts, la notation de crédit s’impose comme un outil structurant pour sécuriser les flux de financement et orienter le capital vers les entreprises les plus résilientes.

Pour Inbonis, l’enjeu est clair : faire de la notation des PME et ETI une véritable infrastructure de marché, au service des investisseurs, des prêteurs et de la croissance de l’économie réelle.

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