Coup de frein pour les TPE des services et du logiciel
02/02/2010

Licencier ? Une solution pour… 4 % des sociétés
Simple état grippal donc ? C’est en tout cas ce que s’efforcent de croire les TPE des services et du logiciel. Elles sont ainsi plus nombreuses à estimer que 2010 sera un crû favorable qu’une nouvelle année de crise (voir graphique ci-contre). "Nos adhérents sont optimistes, car les prospects sont là, et on sent un frémissement de l’activité en ce début d’année", relève le secrétaire général du 3SCI. Preuve de ce volontarisme : pour affronter la crise, les TPE de l’IT misent avant tout sur leur capacité à trouver de nouveaux débouchés ou à augmenter leur activité commerciale. Elles ne sont que 4 % à affirmer se tourner vers des licenciements ou du chômage partiel pour passer ce mauvais cap.

LME, Oseo : des mesures inefficaces ou mal connues
D’autant que, parmi les TPE des logiciels et des services, les mesures prises par le gouvernement montrent leur inefficacité. Ainsi de la Loi de modernisation de l’économie (LME), dont un volet prévoyait de raccourcir les délais de paiement afin de protéger la trésorerie des petites structures notamment. "Cette loi a été inefficace. Quand un de nos adhérents réalise 3 ou 4 % de son CA avec un client, il évite de le braquer en lui demandant un raccourcissement de délais de paiement, observe Olivier Bouderand. La loi a même eu des effets pervers, en incitant des clients qui payaient rapidement à rallonger leurs délais". De facto, lors du sondage effectué à l’automne, 51 % des entreprises interrogées affirmaient observer un allongement des délais de paiement par rapport à 2008. Elles n’étaient que 7 % dans le cas contraire ! Remarquons d’ailleurs que le Syntec Informatique, le syndicat patronal qui représente plutôt les "grandes" SSII et les éditeurs, s’était lui aussi élevé contre les effets pervers de cette loi.
Coup d’épée dans l’eau également pour Oseo, qui dans le cadre du plan de relance gouvernemental a ouvert des lignes de crédit aux entreprises du secteur pour leurs besoins en trésorerie. "Le dispositif reste mal connu. Les entreprises de notre organisation ont tendance à se tourner directement vers leur banquier, qui très souvent demande alors une caution", analyse Olivier Bouderand, qui conseille aux TPE de se rapprocher de leur cellule Oseo locale. Lors du dernier sondage du 3SCI, seuls 5 % des adhérents avaient fait appel à l’organisme public pour leur besoin d’argent frais.
Rédigé le 26 janvier 2010 par Reynald Fléchaux du MagIT
www.lemagit.fr
Retrouvez chaque jeudi l’actualité du BPM sur :
www.bpm-channel.com
