Blackstone Q2 2026 : l’IA propulse les résultats et la valorisation
24/07/2026
Blackstone publie des résultats Q2 2026 en hausse de 26% et révèle que 9 de ses 10 meilleures positions sont liées à l’IA. Carrefour affiche un résultat opérationnel courant de 757 millions d’euros au S1, en hausse de 4%, en se recentrant sur trois pays. Ces deux publications, parues le même jour, dessinent le même mouvement : la valeur se concentre là où l’intelligence artificielle est présente.
Blackstone Q2 2026 : quand les neuf dixièmes de la performance viennent de l’IA
Blackstone, le plus grand gestionnaire d’actifs alternatifs au monde, a publié jeudi 23 juillet ses résultats pour le deuxième trimestre 2026. Le bénéfice distribuable a progressé de 26% par action par rapport au Q2 2025, pour s’établir à 1,52 dollar — dépassant les attentes des analystes qui tablaient sur 1,35 dollar selon Reuters. Le chiffre d’affaires total a bondi de 36% à 5,04 milliards de dollars, et les frais de gestion ont progressé de 22% à 1,78 milliard. Les actifs sous gestion ont atteint un niveau record de 1,35 billion de dollars, en hausse de 11% sur un an. (Sources : Quartz/Yahoo Finance, Reuters, Wall Street Journal, 23 juillet 2026.)
Ce qui rend cette publication particulièrement significative pour l’analyse des marchés, c’est la précision du diagnostic fourni par Blackstone lui-même : 9 de ses 10 positions ayant connu la meilleure appréciation sont liées à l’intelligence artificielle. Ces positions incluent des participations dans Anthropic et OpenAI côté private equity, ainsi que des actifs d’infrastructure de centres de données — dont une participation partielle dans trois centres vendus à Digital Realty lors du trimestre, contribuant à porter le total des cessions à 31,8 milliards de dollars. L’unité d’investissement en infrastructures a produit un rendement brut de 7,2%. (Source : BigGo Finance / Blackstone Q2 2026 Earnings Call.)
La formule de Steve Schwarzman, président de Blackstone, résume le moment : « Nous sommes dans les premiers jours de ce qui sera la transformation la plus conséquente des marchés et de l’industrie depuis une génération. » Ce n’est pas du marketing — c’est le diagnostic d’un allocateur qui gère 1,35 trillion de dollars. (Source : Blackstone Q2 2026 Earnings Call.)
Carrefour S1 2026 : la valeur par le recentrage géographique
Le même jour, Carrefour publiait ses résultats du premier semestre 2026. Le résultat opérationnel courant a atteint 757 millions d’euros, en hausse de 4% sur un an en comparable — légèrement en deçà du consensus des analystes qui anticipait 779 millions selon Boursorama/AFP. La marge opérationnelle ressort à 1,9%, en progression de 4 points de base. L’EBITDA progresse de 2,5% à 1 865 millions d’euros. Le résultat net ajusté, part du groupe, s’élève à 345 millions d’euros contre 272 millions au S1 2025, soit une progression de 26,8%. (Sources : Boursorama/AFP, ABC Bourse, Olivier Dauvers, 23 juillet 2026.)
La performance de Carrefour s’explique en grande partie par l’achèvement de son recentrage stratégique sur ses trois pays cœur — France, Espagne, Brésil — par la cession des filiales italiennes et roumaines. En France, le ROC atteint 300 millions d’euros, en hausse de 13,8% sur un an. Les économies de coûts réalisées au premier semestre s’élèvent à 490 millions d’euros, en ligne avec l’objectif annuel de 1 milliard. Le groupe confirme ses objectifs pour l’ensemble de 2026. (Source : communiqué Carrefour du 23 juillet 2026.)
La dissonance entre la légère déception sur le ROC absolu et la confirmation des objectifs illustre un phénomène structurel du marché : les investisseurs évaluent désormais les distributions, non la sur-performance à court terme. Carrefour, comme Blackstone, joue une partition de long terme — simplification du portefeuille, discipline des coûts, visibilité des objectifs. La qualité narrative est devenue aussi importante que les chiffres eux-mêmes.
La convergence que les marchés lisent
La publication simultanée de ces deux résultats le 23 juillet illustre une bifurcation croissante entre deux classes d’actifs. D’un côté, les entreprises et fonds dont les positions sont liées à l’intelligence artificielle — infrastructure, modèles de fondation, logiciels verticaux — affichent des rendements et des valorisations qui s’élèvent structurellement au-dessus du reste du marché. De l’autre, les entreprises qui n’ont pas encore articulé leur propre récit IA, même quand leurs fondamentaux sont solides, voient leur prime de valorisation se comprimer.
Pour les directeurs financiers et les investisseurs institutionnels, cette semaine de résultats délivre un signal clair : il ne s’agit plus seulement de savoir si une entreprise utilise l’IA dans ses opérations. Il s’agit de savoir si elle peut expliquer concrètement, avec des données mesurables, comment l’IA améliore ses rendements. Blackstone peut le faire. C’est cela qui mérite l’attention.
