Baromètre SPAK 2026 : Les français veulent mieux comprendre l’argent, mais se sentent de moins en moins accompagnés
12/03/2026
La plateforme d’éducation financière SPAK publie la troisième édition de son baromètre annuel, réalisé avec OpinionWay auprès de 1 001 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus (recueil du 2 au 6 février 2026). Pour cette édition, l’UMR, assureur du Groupe VYV spécialisé dans l’épargne retraite individuelle, s’est associé à l’étude pour approfondir les usages et attentes des Français sur la préparation de la retraite.

Une contradiction centrale : envie de comprendre, sentiment de ne pas y arriver
Le résultat le plus saillant de cette édition tient en un paradoxe : 95 % des Français déclarent vouloir mieux comprendre les questions économiques et financières, mais seulement 34 % estiment savoir précisément quoi faire en matière d’épargne et d’investissement, contre 41 % en 2025, soit un recul de 7 points en un an.
Les motivations à vouloir s’informer révèlent avant tout une anxiété financière : éviter de prendre de mauvaises décisions (50 %), ne pas se faire arnaquer (43 %), gagner en autonomie (40 %). Les moins de 35 ans se distinguent sur ce point : 45 % des 18-24 ans et 50 % des 25-34 ans citent l’envie de gagner de l’argent comme première motivation, une posture plus assumée que chez leurs aînés.
Dans le même temps, la perception du rôle des conseillers bancaires se dégrade : 38 % des Français estiment que leur conseiller ne les accompagne sur rien en matière d’épargne et d’investissement, contre 30 % en 2025. Et 66 % déclarent avoir besoin des informations de leur conseiller pour prendre les bonnes décisions, contre 59 % l’année précédente.
Anne-Claire Bennevault, Présidente de SPAK et co-fondatrice de l’Observatoire
« Les agences ferment, les conseillers ne semblent plus pouvoir jouer leur rôle et personne ne prend le relais. Pour aider les Français à mieux appréhender les questions d’argent, l’éducation financière doit être intégrée à tous les points de contact avec le client qu’ils soient digitaux ou en agence. »
Réforme des retraites : un sujet jugé crucial mais largement incompris
82 % des Français considèrent que l’éducation financière en matière de préparation à la retraite est un enjeu de société. Pourtant, 57 % déclarent ne pas avoir bien compris, ou n’avoir pas du tout compris (17 %), la réforme des retraites. 7 % ignoraient même qu’une réforme était en cours.
L’écart entre hommes et femmes est ici particulièrement marqué : 66 % des femmes n’ont pas bien compris la réforme, contre 47 % des hommes. 64 % des femmes estiment par ailleurs ne pas disposer de suffisamment d’informations pour préparer leur retraite, contre 48 % des hommes.
Contrairement aux idées reçues, la retraite n’est pas un sujet réservé aux générations proches de l’âge de cessation d’activité : 54 % des 18-24 ans et 55 % des 25-34 ans se déclarent déjà préoccupés par leur retraite. Face à ce constat, 65 % des actifs aimeraient que la préparation de la retraite soit facilitée par une épargne individuelle obligatoire.
Éric Chancy, Directeur Général de l’UMR, Groupe VYV
« La retraite n’est pas un sujet réservé aux seniors : plus d’un jeune sur deux s’y intéresse déjà. Pourtant, face à l’essor du digital, l’accompagnement humain reste central — près d’un Français sur deux privilégie un rendez-vous avec son conseiller, contre seulement 5 % qui se tourneraient vers une IA. Ces résultats soulignent l’importance d’associer pédagogie et conseil personnalisé pour accompagner les Français, quel que soit leur âge. »
Des écarts de genre structurels, au-delà des biais comportementaux
Le baromètre documente des écarts persistants entre hommes et femmes qui dépassent la seule question de la confiance en soi. Les femmes affichent un niveau de stress financier significativement plus élevé (21 % contre 13 % pour les hommes) et sont plus nombreuses à citer la peur de mal comprendre comme frein à leur montée en compétences financières (32 % contre 24 %).
En cas de séparation ou de décès du conjoint, seulement 49 % des femmes se déclarent tout à fait capables de gérer seules les finances du foyer, contre 65 % des hommes, un écart qui illustre une vulnérabilité financière spécifique aux moments de rupture de vie.
Anne-Claire Bennevault
« Ces chiffres révèlent un biais d’humilité féminin bien documenté : les femmes tendent à douter de leur compréhension là où les hommes ont tendance à surestimer la leur. Mais réduire ces écarts à de simples biais comportementaux serait une erreur : ce n’est pas un manque de capacité, c’est un manque d’exposition et de confiance construite dès l’école. C’est précisément ce que l’éducation financière doit corriger. »
L’IA fait son entrée dans les canaux d’information financière
Le conseiller bancaire reste la première source d’information financière des Français (38 %), devant les proches (26 %). Mais ce classement varie fortement selon les générations : seulement 27 % des 18-24 ans consultent leur conseiller en priorité, contre 35 % qui s’informent via les réseaux sociaux.
L’intelligence artificielle fait son entrée dans le baromètre : 10 % des Français déclarent utiliser des outils comme ChatGPT, Le Chat ou Perplexity pour s’informer sur les questions financières. Ce chiffre monte à 26 % chez les moins de 25 ans et 18 % chez les 25-34 ans, un signal d’usage encore minoritaire mais en progression rapide.
Sur la question des arnaques financières, 36 % des 18-24 ans et 39 % des 25-34 ans déclarent en avoir été victimes, contre une moyenne d’un Français sur quatre. Le chiffre se stabilise par rapport à 2025, probablement freiné par les dispositifs d’alerte mis en place par les médias et les professionnels.
L’école, grande absente
La responsabilité de l’éducation financière divise selon l’âge. Les plus de 35 ans estiment qu’il revient à chacun de s’informer. Les moins de 35 ans, eux, attendent de l’école qu’elle leur enseigne les bases : 59 % des 25-34 ans et 55 % des 18-24 ans partagent cette position. À défaut, 65 % des actifs aimeraient que leur employeur comble ce manque, un chiffre qui atteint 79 % chez les 25-34 ans.
Méthodologie
Étude réalisée par OpinionWay pour SPAK auprès d’un échantillon de 1 001 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas : sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, agglomération, région). Recueil en ligne du 2 au 6 février 2026.
À propos de SPAK
Lancée en 2021, la plateforme d’éducation financière SPAK a conçu une offre destinée aux acteurs du secteur désireux de contribuer à l’éducation financière de leurs clients et de leurs collaborateurs : outils adaptés à l’apprentissage de l’économie et de la finance, contenus pour les non initiés comme les personnes en quête de perfectionnement, formats en phase avec les nouveaux usages. Via son observatoire de l’éducation financière, SPAK analyse les comportements et les attentes des Français en matière d’éducation financière. SPAK offre aussi gratuitement des contenus décryptant l’actualité économique et financière sur un ton décalé et accessible pour tous via son site et ses réseaux sociaux et a publié le Petit Manuel de l’éducation financière en septembre 2024.
