Amundi: perspectives d’investissement mi-2026

Perspectives d’investissement mondiales à mi-année 2026 : une économie résiliente mais fragile

Paris, 29 juin 2026 – L’économie mondiale devrait éviter une récession cette année, avec une croissance estimée à environ 3%, mais cette expansion reste inégale et sa durabilité est mise à l’épreuve par un contexte géopolitique et budgétaire complexe.

La résilience économique jusqu’à présent s’est appuyée sur les investissements liés à l’intelligence artificielle et aux besoins d’autonomie stratégique. Cependant, le second semestre testera la capacité des économies, des décideurs politiques et des marchés à absorber les chocs. La croissance restera disparate, l’inflation volatile, tandis que le risque politique s’accroît. Les contraintes budgétaires et la hausse des besoins en dépenses stratégiques préfigurent une plus grande volatilité des taux d’intérêt.

Scénarios macroéconomiques et anticipations monétaires

Le scénario central repose sur une désescalade fragile au détroit d’Ormuz et un cours du pétrole compris entre 80 et 90 dollars le baril d’ici fin d’année. Un réajustement progressif des prix devrait aider à éviter une récession mondiale. Face aux risques géopolitiques et à une inflation supérieure à l’objectif, les banques centrales devraient privilégier l’ancrage des anticipations inflationnistes. La Réserve fédérale et les principales banques centrales des pays émergents maintiendraient leurs taux inchangés, tandis que la Banque Centrale Européenne, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon procèderaient à un relèvement d’ici fin d’année.

Le scénario pessimiste envisage un choc macroéconomique et financier résultant soit d’un échec de l’accord au Moyen-Orient, soit d’une forte correction des marchés de l’IA, renouvelant les pressions inflationnistes et le risque de récession. Le scénario optimiste suppose une réouverture plus claire du détroit, favorisant la désinflation et un regain de confiance des consommateurs et investisseurs, parallèlement à un élargissement du cycle de l’IA.

Monica Defend, directrice de l’Amundi Investment Institute, a déclaré : « Les investisseurs sont confrontés à un monde dans lequel l’indépendance des banques centrales est mise à l’épreuve, l’inflation est plus volatile et les risques de concentration s’accentuent. Les portefeuilles doivent s’adapter à ce nouveau contexte et résister à différents scénarios : ils doivent être diversifiés sur plusieurs devises, investis dans des actifs réels et dans l’or et explorer avec rigueur les thèmes structurels et les secteurs au sein des actions. »

Implications pour l’investissement : sélectivité et diversification

Plutôt qu’un repli défensif, une réallocation sélective des risques s’impose face aux risques géopolitiques, inflationnistes et de concentration. Les portefeuilles doivent s’articuler autour du rendement, de la résilience des bénéfices, du pouvoir de fixation des prix, de la liquidité, de la diversification et de l’exposition aux perspectives de croissance à long terme liées à l’autonomie stratégique, au réalignement géopolitique et au déploiement de l’IA dans le monde physique.

Sur les marchés obligataires, une « réinitialisation des rendements » se dessine. Les obligations offrent des revenus attractifs, mais les risques inflationnistes et budgétaires limitent leur rôle de couverture. Une préférence pour la flexibilité entre régions, l’Europe, les obligations indexées sur l’inflation et les entreprises présentant des bilans solides est recommandée.

Sur les marchés actions, une plus grande sélectivité géographique et sectorielle est nécessaire. L’intelligence artificielle ne se limite plus au secteur technologique ; les opportunités progressent le long de la chaîne de valeur vers le monde physique : énergie, infrastructures, équipements, logiciels, robotique et utilisateurs. À plus long terme, une reprise des dépenses d’investissement en Europe est anticipée, portée par les besoins d’autonomie stratégique dans la défense, l’énergie, les infrastructures et l’IA. Les actions japonaises bénéficient également de facteurs à long terme favorables.

Les marchés émergents offrent des opportunités sélectives. De manière générale, la dette des marchés émergents est appréciée, avec une préférence pour les exportateurs de matières premières et une recherche d’opportunités liées au secteur technologique en Asie. Une position neutre vis-à-vis de la Chine et positive vis-à-vis de l’Inde caractérise les recommandations, les fondamentaux de croissance structurelle indienne restant intacts.

Vincent Mortier, Directeur des Gestions du groupe Amundi, a ajouté : « Les opportunités dans l’IA se déplacent du développement de technologies de pointe vers leur déploiement à grande échelle ; l’investissement doit envisager l’ensemble de la chaîne de valeur et une diversification face aux risques technologiques, géopolitiques et physiques. »

L’adaptation des protections devient cruciale. Les corrélations traditionnelles pourraient ne pas se vérifier, impliquant un rôle accru pour les actifs réels (infrastructures et dette privée), l’or, les matières premières et certaines devises. Le dollar devrait sous-performer la plupart des devises, particulièrement celles liées aux matières premières, et poursuivre sa tendance baissière à long terme.

À propos

Amundi est un gestionnaire d’actifs de dimension mondiale offrant une gamme complète de services de gestion d’actifs et d’investissement à sa clientèle de particuliers et institutionnelle. Le groupe accompagne l’évolution des marchés financiers par ses équipes de recherche et ses capacités d’innovation.

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