Les rouages de la « crise alimentaire »

Une nouvelle expression pathétique a fait son apparition dans les médias, sur fond d'images de ventres vides et de porte-monnaie dépourvus : la « crise alimentaire » frappe la planète. Deux mots qui traduisent le déchirement de la mondialisation. Ses arrangements, ses contradictions, ses séquelles.

Quid des raisons de cette « crise » ?

Sur un plan purement réel – dans le sens de l’ « économie réelle » -, il s’agit d’un « simple » mais malheureux problème de rareté d’une ressource. Et qui dit rareté dit souvent élévation des prix. Et le paradoxe est là : l’offre chute alors que la demande explose.

Les superficies agricoles destinées à l’alimentation humaine diminuent involontairement – urbanisation, désertification, phénomènes climatiques qui impactent les récoltes… – et volontairement – disparition de la population agricole dans les pays industrialisés, remplacement des cultures vivrières par des cultures destinées à l’alimentation du bétail et à la filière biocarburants, très à la mode, hausse des coûts de l’énergie et des engrais qui handicapent les producteurs… Et la modernisation de l’agriculture – OGM et autres engrais censés offrir un meilleur rendement – ne suffisent parfois pas à reconstituer les stocks.

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L’équipe ACDEFI