Désastre à Ilisu (Turquie) : la Société Générale doit se retirer !
20/11/2008
C’est précisément ce qu’ont décrit les experts indépendants qui se sont rendus sur place à plusieurs reprises ces derniers mois afin de vérifier le respect des 150 conditions auxquelles la Turquie s’est engagée pour obtenir la garantie des agences publiques de crédit à l’exportation allemande, autrichienne et suisse. Fidan Unlubayir, du centre culturel kurde, poursuit : « Les rapports d’experts successifs sont accablants pour la Turquie et décrivent en des termes inhabituellement critiques l’absence totale de volonté politique de respecter les conditions imposées. La politique générale menée par la Turquie envers les Kurdes joue un rôle évident à cet égard. On ne peut donc pas s’attendre à ce que ces populations bénéficient d’une indemnisation ou d’une relocalisation adéquates ».
Réagissant à cette situation catastrophique, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse viennent d’activer pour la première fois au monde, une clause du contrat lançant le processus de retrait de leurs garanties et elles ont donné un ultimatum de 60 jours à la Turquie pour rétablir la situation. Yann Louvel, chargé de campagne Finance privée aux Amis de la Terre, conclut : « Il est évident que la Turquie ne pourra pas remplir en 60 jours les conditions qu’elle ignore délibérément depuis deux ans. Le projet est tellement boiteux qu’il ne respectera probablement jamais les normes internationales. Il faut donc en tirer les conséquences : comme l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, la Société Générale doit se retirer immédiatement de ce projet ».
