Bertrand Fournier de Sarasin AM nous parle de la crise financière
26/09/2008
CFO-news : Bertrand Fournier bonjour, vous êtes Président du Directoire de Sarasin Asset Management (France). Quelles sont les conséquences de la crise financière sur le marché ?

Quelle est la vision à court et moyen terme de Sarasin ?
Mais l’avoir anticipée ne donne pas pour autant une vision tout à fait claire des développements possibles d’une crise qui dépasse, par son ampleur, tout ce que l’histoire a connu jusqu’ici. Nous sommes très largement en « territoire inconnu » et restons donc, pour l’instant, sur une posture extrêmement prudente quant à l’exposition aux marchés. L’euphorie dont ils ont fait preuve à l’annonce du plan de sauvetage de la FED nous paraît tout aussi excessive que le refus, longtemps affiché, de toute possibilité de crise.
En tant que spécialistes de l’Investissement Socialement Responsable, nous sommes plus que jamais convaincus de la valeur ajoutée de cette approche qui permet, mieux que d’autres, de construire des portefeuilles solides, sur des thématiques d’avenir qui conservent leur validité à long terme, à distance des remous provoqués par les comportements irresponsables de certains acteurs de la sphère financière.
Les autorités américaines et européennes agissent-elles dans le bon sens ?
Dans la gestion de la crise bancaire elle-même, les deux banques centrales ont en revanche fait leur devoir, de façon coordonnée, en additionnant (avec d’autres) leurs capacités à donner de la liquidité au marché.
Dans l’annonce du sauvetage du système bancaire américain par la création d’un défaisance destinée à reprendre aux banques leurs actifs « pourris », la FED reste seule et les autorités européennes n’ont pour l’instant rien annoncé de tel, même si les autorités américaines aimeraient bien les y encourager.
La FED et le Gouvernement américain n’avaient vraiment plus d’autre choix que d’annoncer qu’ils prenaient la charge de la garantie du système bancaire. Il était bel et bien au bord de l’écroulement. La mise en place d’une structure de défaisance est une excellente réponse technique, saluée comme telle par les marchés. Sa mise en œuvre reste extraordinairement complexe, tout autant que les limites exactes du problème à couvrir (il est bien possible, qu’à l’arrivée, les montants actuellement évoqués soient largement dépassés !).
La question subsidiaire est donc celle de la capacité de l’Etat Fédéral à faire face à de tels engagements. Le risque d’une dégradation globale de la dette américaine n’est pas nul, ni celui d’une dépréciation forte du Dollar. Dans les deux cas (ou, pire encore, si les deux risques se concrétisent à la fois), il est extrêmement difficile d’en anticiper toutes les conséquences.
Comment l’investisseur doit-il se comporter dans ces marchés chaotiques ?
Il reste qu’il faut être très attentif à la nature des investissements qui ont été réalisés (portefeuilles des fonds) et privilégier absolument des gestions plus fondamentales, qui ne se contentent pas d’opérations spéculatives à court terme ou de reproduire un indice de marché mais, au contraire, investissent sur des thèmes et des tendances lourdes de l’évolution future du monde et de la planète.
Voir loin et laisser le temps aux investissements d’aujourd’hui, réalisés à des prix qui peuvent être très raisonnables, d’être les succès de demain. C’est une posture d’investisseur institutionnel, accessible aux particuliers pour la part de leur épargne dont ils peuvent être sûrs de ne pas avoir besoin de la mobiliser à court terme.
Bertrand Fournier
Président du Directoire
Sarasin Asset Management (France)
33, rue de Lisbonne
75008 Paris
Tel : 33 (0)1 53 53 59 59
www.sarasin.com
Bertrand Fournier, je vous remercie et vous donne rendez-vous très prochainement dans un nouveau numéro de CFO-news.
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