2012 : pourquoi nous avons encore tout à apprendre de la crise
19/11/2009

Voici en synthèse les valeurs défendues par la nouvelle super-production américaine présentée en Suisse. Non seulement le scénario indigent est un affront à l’intelligence des spectateurs, mais les valeurs du film, sous couvert de sentimentalisme et de bonne conscience pastelles, justifie la cupidité à outrance. 2012 fixe le nouveau barème de la valeur de la vie humaine : si vous n’êtes pas milliardaires (en euros, donc), vous n’êtes rien (sauf à être utile aux besoins imminents des super riches) et juste bons à être de petits personnages numériques suspendus à des vestiges en perdition du monde actuel.
Pire, le patrimoine culturel de l’humanité est dans 2012 sauvé sur un modèle à la Madoff : un financement privé secret (couvert par l’administration présidentielle), totalement illégitime (les promoteurs américains mentent aux Européens « pour leur bien «) et totalement cupide. Le Français découvrant au début du film le pot-au-rose de la « sauvegarde culturelle « est opportunément tué dans une explosion à la bombe sous le pont de l’Alma à Paris. Les oeuvres et les animaux sont sauvés sur un modèle biblique d’arches construites en Chine pour un reliquat d’humanité incapable de les apprécier. Les personnages du film sont plus intéressés par quelques automobiles dernier cri que par leurs contemporains soumis aux aléas géologiques. Ils ne versent aucune larme pour les populations n’appartenant pas au G8 – devenu de fait l’autorité hollywoodienne de remplacement de l’ONU.
2012 est le symbole en creux d’un espoir cinématographique : celui d’un retour aux productions avec des moyens raisonnables, de vraies histoires, des acteurs dignes de ce nom et un enjeu éthique ou moral supportant une réflexion et une action personnelles. Surtout, nous ne pouvons qu’espérer qu’il marque la fin d’une époque: celle de Enron-Worldcom-Madoff.
Dans le film, en rejoignant l’Afrique rescapée, les Américains vont devoir faire peau neuve. La vraie fin de 2012 est donc celle de la disparition des personnes censées survivre – à notre grand soulagement. La question est : le monde a-t-il changé après avoir frôlé l’apocalypse économique de 2007-2009 ?
* 360journal.com
Passionné par la finance et l’innovation technologique, Cyril a développé une philosophie « hands on », comme analyste dans un fonds de capital-risque transatlantique à San Francisco et à Paris, puis grâce à ses expériences opérationnelles et en tant que fondateur de Corporate Development Consulting , un cabinet de conseil en private equity. Il a contribué au développement de plusieurs jeunes pousses (Internet, télécommunications et logiciel). Cyril fut portfolio manager au sein du fonds de fonds d’un groupe d’assurance français, et est actuellement associate dans un fonds de fonds basé à Zürich.
Diplômé de l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon, d’Etudes Approfondies (DEA) en Géopolitique, d’Etudes Supérieures Spécialisées (DESS) en Droit Européen des Affaires, et d’HEC (spécialisation Entrepreneurs). Cyril est l’auteur de Développement durable et finance (Maxima, 2004), le premier livre en français analysant le processus d’investissement selon des critères de développement durable. Il est aussi l’auteur de Introduction au private equity (Banque Editeur, 2006), et de « Profession business angel » (Banque Editeur, 2008).
